12 trucs pour accompagner l’enfant en crise

Bien que très répandues, les crises de colère de nos enfants nous déconcertent et amènent souvent un grand sentiment d’impuissance. Comment les accompagner avec bienveillance sans toutefois encourager l’expression inadéquate des émotions?

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Il est tout d’abord de première importance de clarifier ceci: les crises de colère chez les enfants (en particulier entre 2 et 5 ans) sont tout à fait normales! Il ne faut donc pas s’en alarmer ni y voir la manifestation d’un trouble de comportement majeur. Bien que tous les enfants ne manifestent pas avec autant de vigueur leurs émotions négatives, il faut s’attendre à ce qu’un petit, doté à la base d’un tempérament fort et extraverti, exprime la peur, l’anxiété, la déception la colère et la peine de façon bruyante, que ce soit par des larmes, des cris ou parfois des gestes agressifs.

Les crises de colère débutent généralement vers l’âge de 18 mois à 2 ans, diminuent significativement avant l’entrée scolaire mais peuvent perdurer jusque vers huit ou neuf ans chez certains enfants plus émotifs. Elles atteindront leur « apogée » vers l’âge de 3 ans avec des crises qui peuvent parfois durer plus d’une heure, accompagnées de manifestations variées telles que cris, pleurs, gestes incontrôlés («bacon » par terre…), bris ou lancer d’objets. Certains enfants iront même jusqu’à se faire vomir, se cogner la tête, s’arracher les cheveux ou s’automutiler. Bien qu’impressionnantes, ces crises sont, encore une fois, «normales » et beaucoup d’enfants en feront, au grand dam de leurs parents.

Pourquoi?

Les causes sont multiples, toutefois, chez les tout petits (2 à 4 ans) elles sont le plus souvent un indice que l’enfant n’a pas encore développé suffisamment de maîtrise sur ses émotions ou le vocabulaire nécessaire afin de les exprimer verbalement. Imaginez donc que vous tentez d’exprimer votre colère dans une langue que vous ne maîtrisez pas très bien…

L’apprentissage de la gestion des émotions est un loooooong processus et la majorité des enfants éprouveront, pendant de nombreuses années, des difficultés importantes à survivre aux frustrations sans crier, pleurer de façon excessive ou carrément devenir agressif.

Visionnez la vidéo humoristique: « Les crises sont comme des caca mous! » 

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Que faire?

  1. Ne tentez pas de raisonner l’enfant en crise.  Le cerveau de l’enfant n’est tout simplement pas en mesure d’assimiler de l’information lorsqu’il est submergé par les émotions. Vous pouvez soit offrir un calin la votre coco pour l’aider à se calmer, soit lui laisser le temps de se calmer lui-même:  » Ok, je vois que tu as besoin de pleurer, je te laisse seul et je reviens dans 2 minutes. » Sans ignorer totalement l’enfant alors qu’il est en plein désarroi ,  n’accordez pas trop d’attention à la crise de l’enfant et ne vous démenez pas pour la faire cesser. À trop en faire pour consoler l’enfant, on lui renvoie l’impression qu’on se sent coupable et qu’il n’est pas normal de vivre des frustrations.
  2. Calmez-vous d’abord! Si votre enfant a du mal à maîtriser ses propres émotions, la dernière chose dont il a besoin est que vous déversiez votre propre colère sur lui! Prenez 3-4 grandes respirations et rappelez-vous que l’enfant ne VOUS fait pas une crise, mais qu’il vit un moment difficile et a besoin de votre soutien.
  3. Accueillez ses émotions: Lorsque l’enfant vit une frustration et qu’il a du mal à la maîtriser, lorsqu’il se met à pleurer et crier, tentez d’abord de nommer et d’accueillir l’émotion de l’enfant:  » Ho! Tu es triste de ne pas pouvoir continuer à jouer? Oui, je comprends, c’était le fun hein? » « Hum… je vois que tu es très en colère contre moi. Oui, je comprends, ça arrive d’être fâché parfois. » Souvent, l’empathie de l’adulte aide l’enfant à mieux vivre et exprimer ses émotions.
  4. Ne cédez pas! Si l’enfant argumente, insiste ou tente de discuter, dites simplement, une ou deux fois:  » Prends le temps de te calmer mon amour et on discutera après » Ne discutez pas et ne négociez pas avec un enfant lorsqu’il crie ou à tout autre comportement indésirable. Malgré votre empathie, les crises ne doivent apporter aucun gain à l’enfant sans quoi il risque fort de les répéter. « On ne négocie pas avec les terroristes » disait l’un de mes professeurs.
  5. Attendez que la tempête passe. Encouragez l’enfant à se calmer en lui parlant doucement ou encore laissez-le un peu seul si vous sentez que votre présence alimente la crise. Sans l’ignorer totalement, vous pouvez choisir de ne pas accorder trop d’attention à la crise, surtout si elle vous semble un peu trop théâtrale. Dites simplement: « OK, je vois que tu as besoin de pleurer. Je te laisse un peu seul et je reviens tout à l’heure. »
  6. Amenez-le prendre une pause. Toutefois, si la crise prend trop d’ampleur, si l’enfant vous frappe, lance des objets ou profère de menaces et des injures, demandez-lui calmement et fermement d’aller se calmer dans un endroit prévu pour le retrait:  » Ho, tu es trop en colère, Viens avec moi, on va aller se calmer un peu à ta chambre, ça te fera du bien. Accompagnez-le ou prenez-le dans vos bras au besoin, sans brusquerie. Dites: « Ok, tu peux te reposer un peu ou pleurer. Prends le temps de te calmer. Je serai juste à coté. Je reviens te voir dans trois minutes. » Le coin retrait devrait être un endroit agréable qui aidera l’enfant à se calmer et non un endroit punitif. La chambre à coucher ou un petit coin aménagé au salon avec un doudou et une peluche peuvent généralement faire l’affaire. Dans les cas où l’enfant est de tempérament anxieux ou s’il semble très envahi par les émotions, il peut être pertinent que l’adulte reste avec l’enfant en retrait.
  7. N’en rajoutez pas! Pendant toute la durée de la crise, parlez très peu. Ne réagissez pas à ses tentatives de provocation. Restez ferme, solide et un peu distant ( ni chaleureux, ni agressif). Votre attitude doit démontrer que vous comprenez sa colère, mais que vous ne cèderez pas. Évitez les menaces de conséquences et les cris. Ils ne font que jeter de l’huile sur le feu.
  8. Aidez-le à se calmer. Pendant la crise, allez voir l’enfant toutes les 5 à 10 minutes et demandez-lui posément s’il est plus calme.  » Ça va mieux mon coco? La colère est passée? » S’il semble un peu plus calme, entrez dans sa chambre et offrez-lui un câlin ou des caresses pour l’aider à finir de se calmer. S’il est encore agressif, revenez plus tard. Surtout ne soyez plus pas agressant dans votre façon de l’aborder. Rien ne sert de « rallumer la mèche » Au besoin, allez vous même vous calmer avant de venir le voir.
  9. C’est l’adulte qui décide de la fin du retrait, pas l’enfant. Ne cédez pas devant les supplications ni l’agressivité de l’enfant. Le retrait ne se termine que lorsque le parent sent un retour au calme et qu’il sent une réelle attitude de collaboration chez l’enfant . Tant qu’il reste agressif, arrogant ou fermé, il reste en retrait.
  10. À la fin de la crise, faites un très court retour sur la situation: « Tu étais  fâché parce que… mais tu criais très fort. Tu avais besoin de venir te calmer un peu hein? » Clarififiez vos attentes: « Tu n’as pas le droit de me frapper, même quand tu es fâché. Pour le reste de la soirée je veux que tu… » Annoncez brièvement  la conséquence, s’il y a lieu. Si l’enfant recommence à s’opposer pendant cette discussion, sortez et revenez plus tard. Ne revenez plus sur la situation par la suite.
  11. Attendez quelques heures avant de revenir en profondeur sur la situation. Si vous désirez enseigner quelque chose à l’enfant, faites-le plutôt dans un moment où il va bien. Le cerveau de l’enfant est bien plus disponible aux apprentissages quand il est de bonne humeur que juste après une crise. Aussi, rappelez-vous qu’après une grosse crise, l’enfant restera plus fragile à exploser de nouveau et ce, pendant quelques heures.
  12. Soyez patient! Le cerveau des enfants est en pleine construction. Plus il grandira, meilleur sera sa capacité à gérer et exprimer adéquatement les émotions intenses.

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Ce texte est tiré et adapté du best seller, PARENT GROS BON SENS, disponible dans toutes les librairies.

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À propos de Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »