8 façons pour les bambins d’évacuer le stress et la surcharge émotionnelle

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Les enfants ont une capacité limitée d’emmagasiner et traiter les émotions, autant positives que négatives. En vieillissant, au fur et à la mesure que leur cerveau ( le cortex pré-frontal entre autre) se développera, cette capacité augmentera progressivement et les enfants deviendront de plus en plus en mesure d’exprimer leurs états d’âme verbalement et de prendre soin d’eux-même, c’est à dire, faire des actions afin de se sentir mieux. Par exemple, en tant qu’adulte, lorsque je me sens stressée ou très émotive, je peux prendre un bon bain ou aller marcher en forêt afin de retrouver l’apaisement. Je peux également en parler avec une amie ou simplement réfléchir à ce qui me bouleverse. Évidemment, les tout petits n’ont pas encore cette capacité et la surcharge émotionnelle donne parfois lieu à des comportements perturbateurs.

En effet, quand les capacités adaptatives des enfants sont très sollicitées, mais aussi quand l’enfant vit des stress ou même lorsqu’il vit des émotions agréables comme l’excitation de vivre une activité spéciale, les amygdales, sortes de réservoirs à émotions, se chargent progressivement. Et quand le « réservoir à émotions » de l’enfant est très chargé, il  adopte généralement instinctivement des moyens afin de retrouver l’équilibre. L’enfant peut alors ressentir le besoin intense et pressant de « décharger » et d’évacuer cette surcharge émotive. Ainsi, après une journée où l’enfant aura été exposé à un environnement nouveau, s’il a vécu une situation plus difficile ou simplement plus stimulante qu’à l’habitude, il n’est pas rare que nous ayons droit à une crise ou des comportements provocateurs.

Bien que parfois désagréables, ces comportements sont toutefois totalement normaux. Plus l’enfant grandira, plus ses capacités adaptatives évolueront, plus sa capacité à emmagasiner et gérer des émotions augmentera et plus ses  moyens d’évacuation du stress seront adaptés. D’ici là, on peut s’attendre à le voir adopter l’un des comportements suivant:

shutterstock_1410827921- Faire une crise de colère ou de larmes.

Les larmes sont un formidable exutoire pour les émotions. Ainsi, après une journée chargée en émotions (positives ou négatives), on verra souvent l’enfant pleurer ou faire une crise de colère pour une peccadille. Par exemple, quand ma fille était petite, elle terminait invariablement toutes les journées « spéciales » par une crise de larmes. Je la surnommais « mon geyser ». Je me rappelle lors de son anniversaire de 6 ans, alors qu’elle pleurait une nouvelle fois, elle me dit, à travers 2 sanglots : «  Bon! Je pleure encore! Mais je ne suis même pas triste ou en colère! On dirait qu’il y a trop de larmes en moi qui débordent! »;

2- Adopter des comportement provocateurs ou faire des demandes irrationnelles.

L’enfant décharge alors, petit à petit, son stress sur son environnement et, quand le parents intervient, il a alors un bon prétexte pour se mettre en colère ou pleurer. Comprenons que ces comportements n’ont aucune intention malveillante, mais résultent simplement d’une forte pulsion à décharger le trop plein d’émotions.

Plusieurs adultes ont d’ailleurs le réflexe d’adopter le même type de stratégies lorsqu’ils sont stressés en distribuant critiques et reproche à leur entourage ou en abordant, à des moment inopportuns, des sujets délicats qui risquent fort de dégénérer en querelle.

3- S’endormir, tout simplement.

C’est LA façon la plus efficace de calmer le stress, d’évacuer les émotions et de recharger ses piles. Alors, si votre bambin s’endort dans la voiture au retour de la garderie ou d’une journée au parc d’attraction, ce n’est pas forcément qu’il manque de sommeil, mais peut-être plutôt de la fatigue mentale et émotionnelle;

4- Devenir très agité.

shutterstock_166483964Une autre façon de « vider le réservoir à émotions » est de le décharger à travers le corps. L’enfant peut alors se mettre carrément à courir partout, « faire le pop corn » en sautant sur place
, danser, chanter et s’agiter en tout sens. Une bonne séance de lutte avec papa ou un trampoline peuvent alors s’avérer de formidables outils pour canaliser ces débordements;

5- Rechercher la proximité de l’adulte.

Certain enfants, lorsque qu’il se sentent envahis par les émotions, rechercheront instinctivement à se coller à l’adulte afin de retrouver un sentiment de sécurité et d’apaisement. Bercer doucement l’enfant peut alors l’aider à revenir au calme.

6- Chercher à s’isoler. 

À l’inverse, certains enfants auront plutôt comme réflexe de s’isoler pour dessiner ou jouer à un jeu calme. Certains iront même se cacher dans un endroit rassurant qui leur fournit une impression de cocon. D’autres, encore, iront chercher leur doudou et voudront écouter un dessin animé.

7- Par le jeu. 

Il arrive que certains enfants se servent du jeu ou du dessin comme exutoire aux émotions dérangeantes. Par exemple, un de mes petits clients avait pour habitude de dessiner des volcans en éruption ou des scènes assez violentes lorsqu’il était tourmenté ou en colère. D’autre enfants feront des « accidents » avec leur petites voitures ou encore engueuleront leurs poupées ou mettrons leurs peluches en punition.

8- Demander un câlin.

shutterstock_311343677 copieIl arrive que certains enfants découvrent par eux-même une stratégie toute simple et horriblement efficace pour calmer le stress: le contact physique! En effet, un toucher affectueux ou un câlin bien sentit déclencheront la production d’ocytocine, d’endorphine et de dopamine qui s’avèrent être de formidables antidotes au stress. Pour en savoir plus sur la « câlins-thérapie » cliquez ICI

Bref, rappelons que tout ces comportements sont sains et normaux. Il ne faut donc pas s’en inquiéter. Le parent peut toutefois aider l’enfant à développer progressivement des façons socialement acceptables d’évacuer les émotions par un accueil emphatique et un soutien ferme et bienveillant.

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À propos de Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »