A propos Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »

Quand la pression parentale tue la personnalité des enfants

Éducation et anxiété de conformisme

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Je suis une éducatrice spécialisée et coach familial passionnée de mon métier depuis plus de 25 ans. J’ai lu des tonnes de bouquins sur l’éducation des enfants et suivi tout ce qui existait comme formations sur le développement et l’encadrements des enfants. Lorsque je suis devenue maman, je me sentais bien outillée pour offrir à ma fille un environnement qui lui permettrait de s’épanouir et de devenir une bonne personne. Je m’imaginais alors que, puisque j’avais les bons outils, ce serait facile d’éduquer ma fille. La génétique étant ce qu’elle est, ma fille a hérité d’un fort tempérament et j’ai eu à gérer de très nombreuses et intenses crises de colère quand elle était petite. Un jour que je dû, une fois de plus, sortir d’un resto avec une petite « poche de patates hurlante » sous le bras, l’amie qui m’accompagnait me dit, catastrophée: «  Ho mon dieu Nancy! Mais qu’est-ce que tu vas faire avec elle? Tu devrais pourtant savoir quoi faire pour faire cesser ses crises. Tu es un « cordonnier mal chaussé »! 

Ça m’a fait l’effet d’une douche d’eau froide! Qu’est-ce que je vais faire? L’éduquer sapristit! Elle n’avait que 2 ans à l’époque. J’avais encore bien 16 ans devant moi pour lui enseigner la gestion des émotions. Mais ça m’a surtout mis au visage une croyance répandue: Un bon parent devrait forcément avoir des enfants qui se conduisent toujours bien! Pourtant, on sait tous que les crises sont totalement normales à cet âge. Mais voilà, parce qu’elle était ma fille, elle aurait du sauter cette étape et se montrer calme et docile en tout temps. Bien entendu, nous avons travaillé sur sa capacité à tolérer les frustrations et tout est renté dans l’ordre avant son entrée à la maternelle. Mais ça m’a surtout ouvert les yeux sur la pression incroyable qui pèse sur les parents et, par ricochet, sur les enfants. Quand j’étais petite, si je faisais une crise au centre commercial, tous les regards désapprobateurs se tournaient vers MOI. Je comprenais alors que ma conduite était déplacée. Maintenant, c’est le parent qui est observé en pareille circonstance. Et, peu importe ce qu’il fera, il y aura quelqu’un pour juger que son intervention était inadéquate! 

Quelques années plus tard, alors que ma fille avait environs 9 ans, un nouvel événement m’a encore fait réfléchir. À la remise du bulletin, son enseignante m’a dit: «  Ha! Emmanuelle! Vous pouvez être fière d’elle. J’en prendrai 12 comme elle dans ma classe. Elle est tellement gentille cette enfant, on ne l’entend pas. Je n’ai jamais à intervenir sur elle. Je pourrais presque l’oublier tellement elle est sage. » Ma réponse a laissé l’enseignante pantoise: « Quoi? Vous aimez ma fille parce qu’elle fait la plante verte dans votre classe? Vous la trouvez gentille parce qu’elle se fait oublier? Je devrais être fière parce que ma fille ne dérange personne? Et qui se demande si elle est heureuse? » Furieuse, je suis partie sans attendre et je suis allé retrouver ma fille pour une bonne discussion.

J’étais une nouvelle fois confrontée à cette image populaire du bon-parent-qui-élève-un-bon-enfant-sage-21 NOVEMBRE AMBIANCE - FINALE 2 copie
et-docile. Ce soir là, nous avons eu une bonne discussion, ma fille et moi, sur cette pression qu’elle se mettait d’être toujours parfaite, d’être aimée de tous et de ne commettre aucune erreur.  Et, depuis ce temps, je m’emploie à lui rappeler d’être elle-même, de ne pas avoir peur de décevoir, de se permettre de faire des erreurs, du moment où elle en assume les conséquences. Parce que le conformisme, ça parait bien, mais ça étouffe la personnalité et la créativité. Et, dans bien des cas, ça conduit tout droit à de l’anxiété. Aujourd’hui, elle n’hésite pas à questionner ce qui l’entoure, remettre en question les règles, s’affirmer et elle ose lâcher son fou! Vous auriez dû la voir en pyjama de raton-laveur lorsqu’elle est allée rendre visite à sa grand-mère à l’hôpital. Un des dernier fou rire que ma mère a eu avant de décéder. Et l’avez-vous vu à ma conférence costumée en Super Girl? C’est quand elle est elle-même et qu’elle s’assume que je suis le plus fier de ma grande fille. 

Le moule étroit de l’enfant « normal » 

Mon travail m’amène également à observer que de plus en plus d’enfants se retrouvent avec des diagnostics et des étiquettes d’enfants à problème et ce, de plus en plus tôt dans leur développement. Dès la garderie, quand un enfant fait un peu plus de crises de colère que la moyenne, qu’il semble dans la lune, qu’il socialise peu ou qu’il a du mal à partager les jouets, on tire la sonnette d’alarme. L’intention est bonne bien sûr : on veut intervenir tôt pour optimiser les chances de réussite de l’enfant. Par contre, beaucoup de parents comprennent alors que leur enfant est « défectueux », qu’il a un problème et n’est pas normal. Ils s’acharnent alors à le faire rentrer dans le moule. Mais le moule de l’enfant normal semble rétrécir de plus en plus pendant que le nombre d’enfants avec des diagnostics variés (et parfois plusieurs) explose. Des enseignants me racontent que, dans bien des classes de cinquième et de sixième année du primaire, c’est plus du tiers des élèves qui ont un diagnostic de trouble quelconque. La plupart de ces enfants sont sous médication.

Explosion du perfectionnisme parental

Les enfant deviennent donc, en quelque sorte, notre « bulletin de parents ».  Et quand notre enfant adopte des comportements dérangeants, on se remet vite en question:  « Qu’est-ce que j’ai fait de travers?» « Que dois-je faire pour faire cesser illico ces mauvais comportements? » ,«Comment dois-je m’y prendre pour que mon enfant rentre vite dans le moule de l’enfant-performant-sage-et-docile-qui-ne-dérange-personne? » Nous avons parfois tellement peur que notre marmaille ne soit pas aimée de tous qu’on peut facilement tomber dans le piège  d’exiger d’eux un conformisme exagéré et étouffant.

shutterstock_167447348 copieDevant cette pression, certains enfants se rebellent et s’opposent alors que d’autres développent une peur exagérée de déplaire et carburent à ce que j’appelle de « l’anxiété de conformisme ». Je parle ici des enfants sous tension, ceux qui obéissent sagement et s’obligent à adopter un comportement exemplaire en tout temps dans l’espoir de répondre aux attentes des adultes et d’être aimés de leurs parents exigeants. Ceux qui craignent sans cesse de commette un faux pas et d’être pris en défaut. Puisqu’ils répondent généralement bien aux attentes des adultes, les parents et les enseignants tiendront à encourager et gratifier ces comportements exemplaires et multiplieront les récompenses et valorisations. En vieillissant, l’enfant risque donc de décoder le message suivant : « Mes parents m’aiment PARCE QUE je suis obéissant, que je fais ce qu’on attend de moi. Je suis un « bon enfant » quand j’adopte un comportement exemplaire et, donc, si je commet une erreur, ils seront déçus de moi et je risque le rejet. » 

« Tout le monde est un génie ; mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper aux arbres, il passera sa vie à croire qu’il est stupide » – Albert Einstein

Mais que faire? 

Bien entendu, c’est notre rôle de parent que d’encadrer nos enfants, de leur enseigner les bon comportements et les guider afin d’en faire des personnes respectueuses et gentilles. Toutefois, je crois qu’il nous faudrait doser un peu, leur donner le temps de se développer, d’expérimenter et, surtout, leur donner le droit de faire des erreurs et d’en assumer les conséquences. Ainsi, ils apprendront à réfléchir avant d’agir et développeront leur jugement, leur sens des valeurs et leur personnalité plutôt que de simplement obéir aveuglément aux personnes en autorité. Il faut aussi leur faire confiance et faire confiance en notre éducation. Ce n’est pas parce que Justin pousse et frappe les copains de la garderie qu’il deviendra violent et ce n’est pas parce que Anne-Sophie est dans la lune en première année qu’il a un déficit d’attention. Et, finalement, il faut aussi choisir nos priorités dans l’éducation de nos enfants et ne pas tomber dans le piège de relever chacune de leurs erreurs ou d’intervenir sur tous les comportements indésirables. Plusieurs choses se règleront d’elles-même en vieillissant et on peut aussi repousser  plus tard certains apprentissages. J’aime à répéter qu’on a 18 ans pour élever un enfant, alors pas de panique! 

Nancy Doyon

coach familial

 

Cessez de mentir à vos enfants!

Éloge de l’authenticité parentale  

Tous les parents s’évertuent à enseigner à leur marmaille l’importance d’être honnête, de dire la vérité et de ne pas reporter sur autrui la responsabilité de leurs actes. Mais qu’en est-il du modèle que nous leur offrons?  Bien qu’il vaille parfois mieux omettre certaines vérités (les réelles raisons d’une séparation parentale, par exemple) et que certaines entorses à la vérité puisent être sympathiques (le père Noël et la fée des dent entre autre) le mensonge est généralement une bien mauvaise idée. Malheureusement, de nombreux parents mentent régulièrement à leurs enfants, pour toutes sortes de raisons plus ou moins reluisantes. Voici quelques un des mensonges parentaux les plus fréquents et l’impact possible sur la relation avec l’enfant.

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5 types de mensonges parentaux courants

 

1- Le mensonge éducatif 

Certains parents, dans leur désir d’inculquer leurs valeurs ou d’encourager certains comportements, n’hésiteront pas à inventer des histoire farfelues ou effrayantes.

« Si tu ne brosses pas tes dents, elles vont toutes tomber! »  

« Si tu n’es pas sage, le père Noël ne te donnera pas de cadeau. »

« Mange tes légumes si tu veux devenir fort comme Popeye! »

« Arrête de mentir! Ton nez allonge! »   

« Si tu fais des grimaces, ton visage risque de rester coincé comme ça! »

« Si tu ne dors pas, le marchand de sable viendra te croquer les orteils »

« Si tu racontes des mensonges, les policiers vont venir te chercher et te mettre en prison » (!!)shutterstock_326247749

Malheureusement, l’enfant saura un jour ou l’autre que tout ça n’était que mensonge. Il risque alors de perdre quelque peu confiance en son parent. Il est aussi possible qu’il retienne que le mensonge est justifié pour amener l’autre à se plier à notre volonté. Et c’est sans compter les risques de voir l’enfant développer des phobies et de l’anxiété! 

2- Les menaces qui ne seront jamais appliquées

Il arrive aussi qu’un parent cherche vainement une solution pour que l’enfant obéisse ici et maintenant. À court de ressource, il peut alors menacer l’enfant d’une sanction « épouvantable »  en sachant très bien qu’il ne l’appliquera jamais. Quand j’étais petite, ma mère me répétait: « Si tu n’es pas gentille, tu vas aller habiter chez la madame méchante! » Ho! Ça fonctionnait immédiatement, mais à quel prix!  

« Tu ne veux pas partir? Bye! Bye papa s’en va alors! Je vais te laisser ici tout seul. » 

« Si tu n’es pas gentil, on ne reviendra plus jamais chez mamie. »

« Si tu ne ranges pas tes jouets, je vais tous les jeter aux poubelles. » 

Rappelez-vous que chaque fois que vous menacez l’enfant d’un sanction qui ne vient jamais, vous sabotez votre autorité et votre crédibilité! Alors que j’étais au restaurant avec une copine et son fils de 6 ans, l’enfant est devenu passablement agité après le repas. En réponse à sa mère qui le menaçait de ne plus venir au restaurant avec lui, le jeune a répondu, tout sourire: Moi ça ne me dérange pas car je n’aime pas ça beaucoup aller au restaurant. C’est toi, maman que tu vas punir, car tu aimes ça beaucoup! »

3- Les mensonges flatteurs 

Afin de booster l’estime personnel de leurs enfants, bien des parents les encensent et en mettent un peu trop en matière de compliment.

« WOW! Tu es le champion de … « 

« Tu es LA PLUS jolie des petites filles. »

« Quel beau dessin! C’est un oeuvre d’art. »

« C’est toi la meilleure danseuse du monde entier. »

« Tu as une voix d’ange! Tu es un futur chanteur! »

« Ce sont les meilleurs biscuits que ne n’ai jamais mangé! »

Je dis souvent que les enfants ont une antenne de la NASA sur la tête. Ils le sentent lorsque le parent ou l’adulte fait un compliment qui sonne faux. Cela apporte beaucoup de confusion chez-eux puisque ce qu’ils entendent de correspond pas avec ce qu’ils ressentent. Par ailleurs, il arrive aussi que le parent dise quelque chose à son enfant pour l’encourager, puis dise totalement l’inverse à l’entourage. Par exemple, le parent qui répète soir après soir à son enfant qui vit des difficultés scolaires: « Tu es capable! J’ai confiance en toi! Travaille fort et tu vas réussir! » , mais qui confie à une amie au téléphone: « Thomas a beaucoup de mal à l’école, je suis découragée, je crois qu’il va rater son année scolaire. »  

Savez-vous quand les enfants nous écoutent le plus? Quand ce n’est pas à eux qu’on parle! Et ils accordent beaucoup plus d’importance à ce qu’on dit aux autres adultes qu’à eux. Le problème majeur, c’est qu’ensuite l’enfant ne sait plus s’il doit croire ou non l’adulte, accepter ou non les compliments.  Les parents et les divers adultes devraient s’assurer de faire aux enfants des compliments et valorisations, justes, sincères, méritées et venant du coeur.  

4- Les mensonges pour acheter la paix

Parfois, pour éviter de dire non, de mettre une limite et devoir assumer la colère de l’enfant, les adultes racontent des « mensonges pieux ». Il arrive aussi que les parents tentent simplement d’éviter à l’enfant d’être déçu, inquiet ou triste: 

« Tu voudrais que je t’achète ce jouet? Non, maman n’a plus de sous! »

« Tu veux des chips? Non il n’y en a plus! » (Alors qu’il y en a dans l’armoire)

« Non, non maman ne pleure pas. Je suis juste fatiguée! »

« Mais non! Ça ne fera pas mal quand je mettrai du désinfectant sur ta blessure! » 

« Ton chien est au paradis des chiens »

Encore une fois, mentir de cette façon est une bien mauvaise façon d’attirer le respect de l’enfant. Les parents devraient assumer clairement leurs décisions et leur autorité afin de développer une saine relation avec l’enfant. Par ailleurs, éviter aux enfants les frustrations et émotions négatives ne les prépare pas à affronter la vie. Si l’ont veut enseigner aux enfants la saine gestion des émotions et développer leur tolérance à la frustration, il faut malheureusement les exposer régulièrement à des situations qui font naître des émotions désagréables et se montrer emphatique à ce qu’ils vivent.  

5- Le mensonge défensif

Parfois, dans un réflexe défensif, les parents lanceront des boutades et des reproches aux enfants plutôt que de révéler leurs réelles émotions et pensées. Les accusations fusent, alors qu’en fait, elles visent à camoufler une émotion désagréable.

« Ces jeunes là sont des délinquants, je ne veux pas te voir avec eux! » qui cache en fait: « Je suis inquiet pour toi. » 

« Si j’ai crié c’est que tu m’as poussé à bout! Tu n’obéis jamais! » qui cache en fait: « Je ne suis pas fier d’avoir perdu patience. » 

 » Vous me prenez pour une bonne à tout faire! » alors qu’au fond le parent pensait: « Je suis épuisée, j’aurais besoin d’un coup de main. »

« Hey! Tu te prends pour qui de me parler sur ce ton? Sois poli jeune homme! » alors que ce père aurait pu simplement dire:  » Ouf! Ce que tu viens de dire est vraiment blessant. » 

« Encore en retard! Tu viens encore de nous prouver qu’on ne peut pas te faire confiance! » cache pourtant un: « J’étais inquiet et je suis vraiment déçu que tu n’aies pas respecté l’entente. »

Malheureusement, ces attaques, plutôt que de désamorcer la situation ont généralement pour effet de mettre aussi l’enfant sur un mode défensif et il risque fort de soit se refermé, soit attaquer à son tour.

En conclusion

Vous désirez bâtir une relation vraie, honnête et sincère avec vos enfants? Vous désirez qu’ils aient confiance en vous et vous respectent? Ayez le courage de parler avec votre coeur, d’assumer votre autorité, de risquer de les décevoir et de simplement dire les vraies choses, en toute sincérité. C’est parfois plus dur à assumer à court terme, mais mille fois plus payant à long terme. 

8 façons pour les bambins d’évacuer le stress et la surcharge émotionnelle

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Les enfants ont une capacité limitée d’emmagasiner et traiter les émotions, autant positives que négatives. En vieillissant, au fur et à la mesure que leur cerveau ( le cortex pré-frontal entre autre) se développera, cette capacité augmentera progressivement et les enfants deviendront de plus en plus en mesure d’exprimer leurs états d’âme verbalement et de prendre soin d’eux-même, c’est à dire, faire des actions afin de se sentir mieux. Par exemple, en tant qu’adulte, lorsque je me sens stressée ou très émotive, je peux prendre un bon bain ou aller marcher en forêt afin de retrouver l’apaisement. Je peux également en parler avec une amie ou simplement réfléchir à ce qui me bouleverse. Évidemment, les tout petits n’ont pas encore cette capacité et la surcharge émotionnelle donne parfois lieu à des comportements perturbateurs.

En effet, quand les capacités adaptatives des enfants sont très sollicitées, mais aussi quand l’enfant vit des stress ou même lorsqu’il vit des émotions agréables comme l’excitation de vivre une activité spéciale, les amygdales, sortes de réservoirs à émotions, se chargent progressivement. Et quand le « réservoir à émotions » de l’enfant est très chargé, il  adopte généralement instinctivement des moyens afin de retrouver l’équilibre. L’enfant peut alors ressentir le besoin intense et pressant de « décharger » et d’évacuer cette surcharge émotive. Ainsi, après une journée où l’enfant aura été exposé à un environnement nouveau, s’il a vécu une situation plus difficile ou simplement plus stimulante qu’à l’habitude, il n’est pas rare que nous ayons droit à une crise ou des comportements provocateurs.

Bien que parfois désagréables, ces comportements sont toutefois totalement normaux. Plus l’enfant grandira, plus ses capacités adaptatives évolueront, plus sa capacité à emmagasiner et gérer des émotions augmentera et plus ses  moyens d’évacuation du stress seront adaptés. D’ici là, on peut s’attendre à le voir adopter l’un des comportements suivant:

shutterstock_1410827921- Faire une crise de colère ou de larmes.

Les larmes sont un formidable exutoire pour les émotions. Ainsi, après une journée chargée en émotions (positives ou négatives), on verra souvent l’enfant pleurer ou faire une crise de colère pour une peccadille. Par exemple, quand ma fille était petite, elle terminait invariablement toutes les journées « spéciales » par une crise de larmes. Je la surnommais « mon geyser ». Je me rappelle lors de son anniversaire de 6 ans, alors qu’elle pleurait une nouvelle fois, elle me dit, à travers 2 sanglots : «  Bon! Je pleure encore! Mais je ne suis même pas triste ou en colère! On dirait qu’il y a trop de larmes en moi qui débordent! »;

2- Adopter des comportement provocateurs ou faire des demandes irrationnelles.

L’enfant décharge alors, petit à petit, son stress sur son environnement et, quand le parents intervient, il a alors un bon prétexte pour se mettre en colère ou pleurer. Comprenons que ces comportements n’ont aucune intention malveillante, mais résultent simplement d’une forte pulsion à décharger le trop plein d’émotions.

Plusieurs adultes ont d’ailleurs le réflexe d’adopter le même type de stratégies lorsqu’ils sont stressés en distribuant critiques et reproche à leur entourage ou en abordant, à des moment inopportuns, des sujets délicats qui risquent fort de dégénérer en querelle.

3- S’endormir, tout simplement.

C’est LA façon la plus efficace de calmer le stress, d’évacuer les émotions et de recharger ses piles. Alors, si votre bambin s’endort dans la voiture au retour de la garderie ou d’une journée au parc d’attraction, ce n’est pas forcément qu’il manque de sommeil, mais peut-être plutôt de la fatigue mentale et émotionnelle;

4- Devenir très agité.

shutterstock_166483964Une autre façon de « vider le réservoir à émotions » est de le décharger à travers le corps. L’enfant peut alors se mettre carrément à courir partout, « faire le pop corn » en sautant sur place
, danser, chanter et s’agiter en tout sens. Une bonne séance de lutte avec papa ou un trampoline peuvent alors s’avérer de formidables outils pour canaliser ces débordements;

5- Rechercher la proximité de l’adulte.

Certain enfants, lorsque qu’il se sentent envahis par les émotions, rechercheront instinctivement à se coller à l’adulte afin de retrouver un sentiment de sécurité et d’apaisement. Bercer doucement l’enfant peut alors l’aider à revenir au calme.

6- Chercher à s’isoler. 

À l’inverse, certains enfants auront plutôt comme réflexe de s’isoler pour dessiner ou jouer à un jeu calme. Certains iront même se cacher dans un endroit rassurant qui leur fournit une impression de cocon. D’autres, encore, iront chercher leur doudou et voudront écouter un dessin animé.

7- Par le jeu. 

Il arrive que certains enfants se servent du jeu ou du dessin comme exutoire aux émotions dérangeantes. Par exemple, un de mes petits clients avait pour habitude de dessiner des volcans en éruption ou des scènes assez violentes lorsqu’il était tourmenté ou en colère. D’autre enfants feront des « accidents » avec leur petites voitures ou encore engueuleront leurs poupées ou mettrons leurs peluches en punition.

8- Demander un câlin.

shutterstock_311343677 copieIl arrive que certains enfants découvrent par eux-même une stratégie toute simple et horriblement efficace pour calmer le stress: le contact physique! En effet, un toucher affectueux ou un câlin bien sentit déclencheront la production d’ocytocine, d’endorphine et de dopamine qui s’avèrent être de formidables antidotes au stress. Pour en savoir plus sur la « câlins-thérapie » cliquez ICI

Bref, rappelons que tout ces comportements sont sains et normaux. Il ne faut donc pas s’en inquiéter. Le parent peut toutefois aider l’enfant à développer progressivement des façons socialement acceptables d’évacuer les émotions par un accueil emphatique et un soutien ferme et bienveillant.

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ÊTRE LE HÉROS DE NOS ENFANTS ET LES INSPIRER À DEVENIR

LA MEILLEURE VERSION D’EUX-MÊMES 

Dans ce monde où vos enfants sont constamment entourés de violence et d’influences négatives, où chaque jour, ils doivent relever de très nombreux défis,
ils ont besoin de PARENTS SUPER-HÉROS rassurants et inspirants!

On veut tous le meilleur pour nos enfants et pourtant…on néglige souvent l’essentiel: La transmission de valeurs fortes qui l’aideront à se déployer, à devenir une bonne personne et être heureux!

Tout leader d’entreprise qui se respecte prépare chaque année, un plan d’affaire avec des objectifs et des stratégies claires. Comme parent, on oublie de se donner un plan de match clair alors que ce qui est en jeu est d’une importance capitale: la vie entière de nos enfants!

On fini bien trop souvent par accorder toute notre attention à des babioles superficielle: « Mange tes légumes, On ne parle par la bouche pleine, range ta chambre, dépêche-toi on va être en retard, etc. »

Fatigués, submergés par le stress quotidien, on tombe malheureusement sur le « pilote automatique » et on répète nos consignes, on sermonne, on réagit aux comportements avec « les moyens du bord », parfois on lève le ton puis on se couche, épuisés, avec une vague culpabilité au ventre:

« Je n’ai pas été, encore une fois, le parent que j’espérais offrir à mes enfants. »

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En moins de 10 minutes par jour devenez ce parent dont votre enfant a désespérément besoin!

Inspirez vos enfants à: 

  • Développer leur courage, surmonter leurs peurs et leurs angoisses;
  • Survivre aux difficultés et aux échecs;
  • Développer leurs capacités à trouver eux-mêmes des solutions aux petites et grandes difficultés de la vie;
  • Avoir envie de collaborer avec les adultes, de faire équipe avec eux plutôt que de constamment s’opposer;
  • Être des personnes de coeur, sensibles et emphatiques;
  • Devenir autonomes et responsables et ce, dans le respect de soi;
  • Savoir s’affirmer et ne pas se laisser faire contre les abuseurs et les intimidateurs;
  • Développer leur jugement et leur « gros bon sens »;
  • S’aimer tels qu’ils sont sans chercher à plaire à tout le monde;
  • Cesser de tenter d’entrer dans un moule qui ne leur convient pas et être authentiques;
  • S’épanouir, prendre des risques, sortir de leur zone de confort et foncer dans la vie;  
  • Développer leur estime personnel, trouver et exploiter leurs forces, leurs « supers-pouvoirs »;
  • DEVENIR UN LEADER POSITIF,
  • ÊTRE LA MEILLEURE VERSION D’EUX-MÊMES!

Cette mission, si vous l’acceptez, vous obligera à changer vos attitudes et vos méthodes d’intervention afin d’y intégrer le juste équilibre entre fermeté et bienveillance. Vous devinerez alors des PARENTS-LEADERS inspirants et rassurants! 

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5 principes de base de la fermeté bienveillante

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On parle beaucoup, depuis quelques années, de discipline positive et de bienveillance en intervention. Or, bien que j’adore les concepts de base liés à ces approches, il m’arrive souvent de trouver qu’elles sont un peu irréalistes et manquent d’équilibre. Ça manque nuance et de « Ça dépend! » On propose souvent une approche unique, douce et agréable, qui est sensée s’adapter à TOUS les enfants, en TOUTES CIRCONSTANCES. Par exemple, une auteure bien connue propose aux parents d’un enfant en crise de colère, de le prendre dans leurs bras et de lui donner un câlin. Or, il arrive effectivement qu’un geste affectueux soit tout ce dont l’enfant a besoin et que l’accueil du parent mette fin à la crise. Mais pas toujours! Et lorsqu’un enfant de 7 ou 8 ans s’oppose, nargue, insulte et frappe son parent, l’option câlin devient un non sens. D’autres auteurs suggèrent de ne pas mettre de limites ou de règles aux enfants, de ne jamais les gronder ni appliquer de sanction lorsqu’ils ont des comportements indésirables. Tous les enfants devraient comprendre les attentes de leur entourage et adopter de bons comportements simplement à partir des explications chaleureuses de leurs parents.  Manifestement, ces auteurs n’ont jamais travaillé auprès d’enfants en problème de comportement ou encore simplement dotés d’un tempérament fort! Selon moi, la bienveillance n’a aucun sens dans l’éducation des enfants sans la portion fermeté. Et la fermeté n’est pas plus éducative sans la bienveillance. Pour moi, fermeté ET bienveillance sont indissociables afin de fournir en environnement sécurisant à l’enfant et de le guider à la fois vers l’épanouissement et le respect des autres.

Dans mon livre, PARENT GROS BON SENS, je parle de cinq principes de base qui sont essentiels à retenir et à appliquer lorsqu’il est question de l’éducation des enfants : le consensus entre les parents, la clarté des règles et des attentes, la constance, l’adéquation des conséquences et la valorisation. Voici un résumé de ces principes.

1- Le consensus entre les parents

Votre conjoint et vous êtes deux personnes avec des valeurs, un tempérament et un passé différents. Il est normal que vous n’agissiez pas toujours de la même manière avec votre enfant ! C’est naturel, et votre enfant s’y habituera rapidement.Toutefois, pour qu’il se sente en sécurité et qu’il n’ait pas l’impression de devoir choisir lui-même lequel de ses deux parents a raison, il est essentiel que les règles et valeurs de base soient appliquées de façon semblable par les deux parents. Lorsque les parents sont séparés, le défi est encore plus grand, mais la constance demeure tout aussi importante.

Ne sabotez pas l’autorité de votre conjoint

Parent gros bon sens Une fois que vous vous êtes entendus sur les règles de base, n’en dérogez sous aucun prétexte. S’il arrive que vous soyez en désaccord avec une intervention de votre con- joint, abstenez-vous toujours de le lui dire (ou de le montrer !) devant l’enfant. Ne modifiez jamais une conséquence donnée par votre conjoint. Appuyez TOUTES ses décisions, même celles que vous jugez « douteuses ». Vaut mieux pour l’enfant qu’il ait une punition un peu trop sévère que de perdre la confiance qu’il a en votre jugement ou qu’il se sente responsable de vos querelles. Si papa et maman s’accusent l’un et l’autre de ne pas intervenir de la bonne façon, l’enfant risque de se demander qui est capable de l’élever! Le seul moment où il est nécessaire d’intervenir, c’est lorsque la situation risque de dégénérer et de conduire à des manifestations de violence physique ou verbale.

Laissez l’autre être lui-même et différent de soi

Votre conjoint n’a pas besoin de devenir votre clone… Vous pouvez adopter des styles d’autorité légèrement différents sans que cela soit nuisible pour votre enfant. Quelques différences dans les styles éducatif de l’un et de l’autre ne sont pas très graves! Les enfants s’adaptent et en retirent souvent des avantages, puisqu’ils développent la capacité de composer avec différentes personnalités.

En ce sens, même à l’écart des enfants, résistez à la tentation de remettre en doute toutes les décisions et interventions de votre conjoint. Il n’y a pas qu’une bonne façon de faire avec les enfants et sa manière est probablement tout aussi bonne que la vôtre. Éduquer un enfant est un travail d’équipe. Entendez-vous sur les « jeux de base », puis faites confiance à votre coéquipier pour le reste !

Plusieurs éléments peuvent varier d’un parent à l’autre en ce qui concerne l’encadrement parental. Voici quelques exemples :

  • Avant d’aller au lit, papa me lit une histoire, alors que maman me berce pendant quelques minutes.
  • Papa insiste sur les bonnes manières à table, alors que pour maman, ce n’est pas si important. Elle, ce qui l’agace, c’est quand Maxime et Julie se querellent et s’obstinent.
  • Avec papa, je dois ranger mon jeu avant d’en prendre un autre; avec maman, je dois tout ranger avant le repas.
  • Papa veut inculquer à ses enfants la valeur du travail, alors que maman tient à transmettre la tolérance. (Ces valeurs sont différentes, mais non contradictoires.)

Cependant, certains paramètres doivent absolument être semblables.

  • Les routines, comme les heures de repas et de coucher, le lieu et le moment
  • où se font les devoirs, etc.
  • Les valeurs et les règles de base. Par exemple, quel langage exigeons-nous ? Laissons-nous Alexandre jouer aux jeux vidéo tant qu’il le veut ? Imposons-nous certaines tâches à Catherine?
  • La nature des conséquences imposées en cas de besoin. Par exemple,que faisons-nous lorsque Maxime fait une crise de colère? Il va dans sa chambre cinq minutes ou il voit son comportement ignoré? Quelle est la conséquence lorsque Julie frappe son frère?
  • Les stratégies pour modifier un comportement. Par exemple, Julien dit des gros mots depuis quelque temps. Comment réagissons-nous à cela ?

2- La clarté des règles et des attentes

Impossible de s’attendre à ce que nos attentes soient respectées si elles ne sont pas d’abord définies avec clarté. Avec votre conjoint, et peut-être même avec les enfants (selon leur âge), précisez les trois ou quatre valeurs les plus importantes dans votre famille et établissez les règles qui en découlent. Sur une feuille ou un grand carton, inscrivez clairement quels sont les comportements souhaités et les comportements interdits. Indiquez également comment vous ferez respecter vos attentes et quelles sont les conséquences qui seront imposées en cas de nécessité.

De plus, lorsque vous établissez une règle ou donnez une consigne, assurez-vous qu’elle est bien comprise par votre enfant. Mettez-vous à sa hauteur, assurez-vous qu’il vous regarde, et dites-lui, dans une phrase courte, avec des mots simples et adaptés à son âge, ce que vous voulez qu’il fasse et ce qui est interdit. Adaptez votre langage à son niveau de com- préhension. Faites-lui répéter la consigne et demandez-lui s’il la respectera.

Voici d’ailleurs une vidéo pour vous aider

À éviter

Évitez les consignes vagues telles que : « Sois gentil », « Range ta chambre », « Calme- toi»,« Mange bien »,« Sois poli »,« Ne cours pas partout », « Partage avec ton frère ». Ces formulations, trop abstraites, ne veulent souvent rien dire pour l’enfant.

À privilégier

Privilégiez les consignes précises qui font appel à des comportements plutôt qu’à des valeurs : « Cesse de crier », « Ne lance pas d’objets », « Parle doucement SVP», « J’aimerais que tu prête ton camion à ton frère », « Mange avec ta fourchette mon coeur, pas avec tes doigts », « Dis merci », « Reste près de moi et tiens-moi la main, d’accord? ». ( Plutôt que « Sois poli » , « partage », etc.)

Au besoin, décortiquez les actions à faire. Plutôt que : « Va faire le ménage de ta chambre », dites plutôt : « Mets tes vêtements dans le panier à linge SVP. Bravo! Maintenant, mets tes livres sur l’étagère».

Dites-lui plutôt ce qu’il PEUT faire. « Au magasin, tu dois toujours me tenir la main pour ne pas te perdre. » « Lorsque tu es en colère, tu ne dois pas lancer d’objets. Par contre, tu peux aller dans ta chambre et serrer ton toutou très fort dans tes bras pour t’aider à te calmer. » « Chez tante Germaine, je ne veux pas que tu touches aux bibelots. Je veux que tu restes dans le salon où tu pourras écouter la télévision, jouer avec tes autos ou dessiner. » Faites des mises en situation, au besoin, afin de l’aider à mieux comprendre et à intégrer ce que vous attendez de lui.

Évitez de ne dire à votre enfant que ce que vous ne voulez pas qu’il fasse. Par exemple : « Au magasin, ne cours pas partout et ne touche à rien ».

À éviter

Évitez de donner des consignes à distance, lorsque votre enfant est absorbé dans un jeu ou écoute la télévision.

Évitez de faire un long discours pour justifier la consigne ou la règle en espérant qu’il comprendra : « C’est l’heure de rentrer, Justin, tu vois, il commence à faire noir et il faut que tu te couches parce qu’il y a de l’école demain et tu seras fatigué si tu te couches trop tard. Il faut prendre ton bain aussi, parce que tu es tout sale, bal, bla.. »

A privilégier

Prenez le temps de vous déplacer jusqu’à lui, de vous placer à sa hauteur et de vous assurer qu’il vous regarde avant de parler. Vous pouvez aussi lui demander de venir vous voir pour lui parler.

Limitez-vous à dix mots par consigne et choisissez des mots simples, qu’il connaît : « Justin! Dans cinq minutes, tu viens prendre ton bain! »

Répondez clairement et brièvement aux demandes. Lorsque votre enfant formule une demande, répondez par un OUI ou un NON clair et ferme. Si vous ne savez pas quoi répondre, dites-lui que vous allez y réfléchir. Ainsi, vous ne laisserez pas de place à l’argumentation et contribuerez à son sentiment de sécurité. La négociation ne devrait être possible pour l’enfant qu’à partir de la pré-adolescence (9 ou 10 ans). Avant cet âge, l’enfant n’a pas ce qu’il faut pour assumer une telle responsabilité.

 

3- La constance 

Ça, avouons que c’est l’étape la plus difficile! Avant de donner une consigne, d’énoncer une interdiction ou d’établir une règle, assurez- vous d’être déterminé à les faire appliquer jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Trop souvent, les parents donnent des consignes qu’ils abandonnent devant la résistance de leur enfant. Ils sapent ainsi leur crédibilité. L’enfant enregistre alors le message suivant : « NON ne veut pas nécessairement dire non. Si j’insiste suffisamment, il est possible que mon parent cède ».

Il arrive aussi que des parents mettent des règles en place lorsqu’ils constatent des problèmes dans les comportements des enfants pour ensuite les laisser tomber progressivement lorsque les comportements s’améliorent. En règle générale, les mauvais comportements ne tarderont pas à revenir… Choisissez vos batailles ! Il est préférable de réduire le nombre de règles au minimum, mais d’être très rigoureux quant à leur respect.

À éviter

  • Dire trois fois à Vincent de venir ranger son manteau, puis le ranger soi-même alors qu’on voit qu’il fait semblant de ne pas entendre. Il a très bien entendu et il vient d’enregistrer sa victoire. Il risque fort de répéter la tactique à l’heure du repas et au dodo.
  • Dire non à Christine pour un biscuit avant le repas puis, comme elle insiste, se dire que dans le fond, le souper n’est pas prêt et que ça ne coupera pas son appétit, et le lui donner.
  • Annoncer qu’il est défendu de sauter sur le canapé, mais laisser l’enfant le faire une journée parce qu’on est trop fatigué pour intervenir.
  • Instaurer une heure de coucher, mais avoir des « exceptions » trois fois par semaine…
  • Prévoir des conséquences aux mauvais comportements, mais ensuite répéter, menacer et « donner une dernière chance » sans vraiment agir, parce qu’on n’a pas trop envie de faire face à la colère de l’enfant. Une telle attitude du parent engendre généralement de l’irrespect, voire du mépris chez l’enfant !

4- Les conséquences

Ce n’est que vers l’adolescence que la plupart des enfants commencent à agir par principe et à avoir leshutterstock_75360700 sens des valeurs. (Ça ne les empêche pas nécessairement de désobéir, par contre…) D’ici là, tout naturellement, ils agissent par recherche du plaisir. Par exemple, un enfant de cinq ans qui refuse de prêter ses jouets n’est pas égoïste. C’est simplement qu’il ne voit pas d’avantage à partager. À vous de lui montrer (et non de lui expliquer). D’autre part, lorsque votre enfant vous parle sur un ton bourru ou utilise des mots irrespectueux, les longues explications sur l’importance du respect et les raisons pour lesquelles il devrait vous parler gentiment n’auront que peu d’effet s’il obtient tout de même ce qu’il souhaite. Il n’apprendra le respect que si vous l’exigez et si ses comportements inadéquats sont suivis par des sanctions.

Agissez sans sévir

« Agir » ne signifie pas nécessairement punir. Prendre l’enfant par la main pour l’amener à la tâche demandée, l’installer à un jeu plus calme s’il est trop excité, le faire descendre du canapé quand il y saute ou l’éloigner d’une source de danger sont des façons efficaces d’agir plutôt que de répéter.

Il est aussi possible de formuler des directives « conditionnelles » :

  • « Tu pourras écouter ton émission lorsque tu auras terminé de ranger tes blocs. Après ton bain, tu pourras jouer avec ton camion. »
  • « Tu pourras aller dehors avec tes amis lorsque tu auras fini de manger. »

(Notez la différence avec les formulations négatives comme : « Si tu ne manges pas, tu n’iras pas dehors ! »)

Privilégiez les conséquences naturelles

Les conséquences naturelles sont les plus efficaces. Non seulement elles sont inévitables, mais elles vous soustraient au rôle de « méchant » et obligent l’enfant à se responsabiliser. Donc, lorsque la sécurité n’est pas compromise, laissez tout simplement la vie suivre son cours sans intervenir. Laissez votre enfant faire des choix et en vivre les conséquences.

  • S’il ne mange pas suffisamment au repas, il aura faim par la suite. (Si vous ne le laissez pas se gaver ensuite, bien sûr !)
  • S’il s’endort trop tard, il sera fatigué le lendemain.
  • S’il n’économise pas son argent, il ne pourra pas se payer la sortie au cinéma avec ses copains.
  • S’il prend trop de temps à faire ses devoirs, il n’aura pas le temps de jouer.
  • S’il traîne pour sortir du bain, il ne restera plus de temps pour l’histoire avant le dodo. (Évidemment, il ne faut pas vous laisser attendrir…)

Choisissez des conséquences logiques

Lorsque les conséquences naturelles sont insuffisantes, c’est votre rôle que de préparer votre enfant à la « vraie vie » et de lui faire vivre les conséquences de ses actes. Les con- séquences logiques sont celles qui ont un lien évident avec le comportement de l’enfant. Généralement, elles permettent à l’enfant de réparer son erreur, de prévenir une autre situation du même type ou de bien comprendre l’impact de ses actes.Tentez donc, autant que possible, de relier la conséquence à l’acte :

  • Il utilise mal un jouet : on le lui confisque.
  • Il vole au magasin : on lui fait rapporter l’objet, on prend de l’argent dans sa tirelire ou on donne un de ses jouets à un organisme.
  • Il rentre en retard, il manquera sa prochaine sortie.
  • Il est désagréable aux repas : il mange à l’écart.
  • Il est marabout, rouspète et bougonne : il se couche tôt.
  • Il monopolise votre attention pendant votre émission : il ne pourra pas regarder la sienne.
  • Il se rend dans un endroit interdit, on lui confisque sa bicyclette.

Voici un lien vers un autre texte, plus complet, sur les conséquences et les punitions: CONSÉQUENCE OU PUNITIONS? 

5- La valorisation

Les études prouvent qu’il est de 8 à 10 fois plus efficace de féliciter un enfant lorsqu’il se conduit bien que de le réprimander lorsqu’il agit mal. Il sera donc plus efficace de souligner à Corinne qu’on est fier de la voir bien assise depuis deux minutes que de la reprendre chaque fois qu’elle se lève ou de la menacer de punition.

Préférez les marques de valorisation aux récompenses

Un remerciement sincère, un « Bravo, tu peux être fier de toi ! » qui vient du fond du cœur ou un câlin d’encouragement auront un effet bien plus intéressant que toutes les récompenses matérielles, qui risquent d’inciter l’enfant à « monnayer » sa bonne conduite.

En outre, si vous considérez que votre enfant a besoin ou mérite une récompense plus tangible, privilégiez plutôt des activités en famille, du temps seul avec lui ou une permission spéciale.

Quelques suggestions de privilèges à offrir en guise de récompenses : Se coucher plus tard;

  • Choisir le dessert;
  • Choisir le film;
  • Passer une soirée au cinéma, à la piscine ou au resto, seul avec papa ou maman; Bricoler toute la soirée avec maman;
  • Inviter des amis à coucher à la maison;
  • Avoir droit à son repas préféré;
  • Danser dans le salon et faire la fête;
  • Se voir offrir un petit mot gentil écrit de votre main, qui lui dit par exemple à quel point vous êtes content de l’avoir pour enfant.

Voici des liens vers une vidéo dans lesquelles je vous parle de valorisation

N’abusez pas des bonnes choses…

Assurez-vous de ne féliciter votre enfant que lorsqu’il l’a vraiment mérité, afin que les marques de valorisation et les récompenses gardent leur valeur. Si vous donnez à Maxime la récompense promise même s’il n’a pas vraiment respecté les consignes à l’épicerie, quel intérêt aura-t-il à bien se conduire la prochaine fois ? Si vous vous exclamez devant tous les gribouillis de Marie, pourquoi prendrait-elle le temps de s’appliquer ? Comment va-t-elle réagir lorsque son professeur d’art plastique lui donnera la note que son travail mérite?

En somme, être parent, c’est accepter de faire de la peine à notre enfant, faire face à sa colère et à sa déception, apprendre à surmonter notre culpabilité pour vraiment l’aider à s’adapter à la vie en société.

D’autres aspects de la fermeté bienveillante

Bien entendu, au delà de ces 5 bases, il existe plusieurs autres composantes de la fermeté bienveillante telles que:

  • L’attitude de leadership de l’adulte;
  • L’écoute et l’empathie;
  • Le respect des besoins et de la personnalité de l’enfant;
  • Décoder le sens des comportements;
  • La réponse aux besoins affectifs de l’enfant;
  • Enseigner et entraîner les bons comportements;
  • Diminuer les critiques et les reproches;
  • L’intervention du choix;
  • L’attitude positive de l’adulte;
  • La confiance en l’enfant;
  • Etc.

Je vous invite à consulter ma chaine youtube pour connaître une foule de trucs de fermeté bienveillante: CLIQUEZ ICI

Quand malgré tout les problèmes persistent

Capture d’écran 2017-09-05 à 14.41.20Que faire lorsque malgré une application somme toute correcte de ces principes de base, des comportements inadéquats subsistent? Que faire si, malgré une règle claire et l’application de conséquences, Maxime continue de pousser Sarah et de lui crier des injures à tout propos?

Dans mon livre et dans ma formation web PARENT GROS BON SENS, je vous suggère des méthodes concrètes pour mieux cibler vos interventions. Mieux comprendre les causes des comportements afin de mieux ajuster vos interventions.  Une foule de réflexions et de stratégies d’interventions qui vous permettront de devenir un coach, un entraîneur pour votre enfant, et ce, afin qu’il développe son plein potentiel et qu’il puisse apprécier les joies que peuvent lui apporter de saines relations avec sa famille et avec son entourage…

 

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Savoir préparer les enfants à une séparation imminente

séparation parents

Faire équipe malgré la séparation…Par amour pour les enfants!

La décision de mettre au monde un enfant se fait généralement en couple, en équipe. Bien que chacun des parents puisse ensuite assumer des rôles différents auprès de l’enfant, il n’en reste pas moins que chacun d’eux est entièrement responsable de son choix et des mesures prises afin d’assumer adéquatement ses responsabilités familiales et ce, quel que soit le contexte et les difficultés rencontrées. Nous ne sommes pas parents que les jours de beau temps.

Or, en temps de séparation, avant, pendant et après celle-ci, il devient plus difficile que jamais de faire face à la fois aux émotions qui se bousculent, au stress et aux différentes démarches (déménagement, réorganisation, etc.) tout en s’assurant de répondre adéquatement aux besoins des enfants.  Mais on est parent pour la vie ! Coûte que coûte…

On peut devenir des « ex-conjoints » mais il n’existe pas « d’ex-parents. »

La grande remise en question

Vous êtes en grande remise en question sur votre couple et vous envisagez une séparation ou un divorce? Selon ce que racontent plusieurs personnes qui ont passé à travers le processus de séparation, la période qui précède la rupture, alors que rien ne va plus au sein du couple et que chacun est tenaillé par une multitude de sentiments douloureux et contradictoire, ce moment où on SAIT qu’il faut prendre une décision mais où on cherche désespérément à éviter la grande cassure, est généralement la période la plus pénible. Cette période, juste avant la décision finale, est souvent empreinte de tension et d’émotivité, de longues et pénibles discussions et parfois de fréquentes disputes. Le plus dur, c’est de prendre LA décision, disent plusieurs personnes. Certains couples vont aussi devoir cohabiter quelques temps après la rupture, ce qui peut engendrer un stress supplémentaire. Et les enfants ressentent souvent qu’il y a quelque chose qui cloche même si les parents font mine de rien.

Je dis souvent que les enfants ont une « antenne digne de la NASA » sur la tête. Ils captent les émotions de leurs parents, même les mieux cachées. Ils sont extrêmement sensibles au climat qui règne dans la maison. Même s’ils ne comprennent pas ce qui se passe, il est fort possible que l’on puisse noter des changements dans leurs comportements qui trahissent la tension qu’ils ressentent.

Une mère m’a raconté que son bébé se réveillait plusieurs fois par nuit, en hurlant, dans les mois qui ont précédés la séparation et qu’il a recommencé à faire ses nuits dès l’instant où elle a aménagé dans son nouvel appartement. J’ai aussi vu nombre d’enfants manifester des comportements agressifs ou anxieux à la veille de la dislocation de la famille et ce, même si les adultes faisaient tout pour tenir les enfants à l’écart de leurs querelles. Les comportements ont par la suite graduellement disparus après la rupture alors que les enfants faisaient lentement le deuil de la famille telle qu’ils l’avaient connu.

Toutefois, quel que soit l’âge de votre enfant, ne lui faite pas part de vos  doutes, de votre réflexion ou de vos remises en question face à votre couple. Ne lui annoncez la séparation que lorsque la décision est définitive et que le déménagement est imminent. S’il pose des questions ou constate vos désaccords, tentez de vous montrer rassurant, sans toutefois lui promettre que vous ne vous séparerez pas. Car lorsque vous lui annoncerez votre décision de rompre, si tel est le cas, il risque de se sentir berné. Ne faite qu’accueillir ses émotions et répondre minimalement à ses questions :

Enfant : « Est-ce que vous allez vous séparer maman et toi? »

Papa : « Tu as peur qu’on se sépare mon coco? Pourquoi donc? »

Enfant : « Parce que vous vous querellez souvent maman et toi? »

Papa : « Hum…tu trouves qu’on se chicane beaucoup? Ce n’est pas drôle pour toi hein? Les enfants n’aiment pas quand leurs parents ont des disputes. Comment te sens-tu? »

Enfant : « J’ai peur que vous vous divorciez, comme les parents de Julia! Je ne veux pas que vous vous sépariez! »

Maman : « Tu sais, les adultes, comme les enfants, ont parfois des désaccords et sont parfois en colère. Papa et moi on est parfois fâché l’un contre l’autre. Ça arrive. »

Quelques pièges à éviter 

  • Laisser planer la menace d’une séparation : Parfois, dans un désir de préparer doucement les enfants à ce qui s’en vient, certains parents commencent très tôt à leur parler de la possibilité d’une séparation ou lancent des messages subtils aux enfants tels que : « peut-être qu’on va déménager ». Ces messages risquent malheureusement de créer de l’inquiétude chez les enfants. Vaut mieux attendre que tout soit clair avant d’en parler.
  • Demander l’avis des enfants : « Aimerais-tu mieux qu’on vive juste toutes les deux, sans papa qui crie toujours ? » De cette façon,  le parent cherche, parfois inconsciemment, à se déculpabiliser de la séparation et tente de trouver, chez l’enfant, un allié dans sa décision. Mais en faisant cela, l’enfant risque de sentir qu’il porte, en partie du moins, le lourd poids de la responsabilité de la séparation de ses parents.
  • Impliquer l’enfant dans les querelles: « Maman trouve que je crie. Est-ce que tu trouves que je crie Victor ou bien
    conflit de loyauté

    conflit de loyauté

    papa ne fait que parler fort ? » Les enfants aiment généralement leurs deux parents et se sentiront mal s’ils doivent prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Il est préférable d’éviter de demander leur avis aux enfants et aux adolescents, même s’ils sont témoins de la scène afin d’éviter le conflit de loyauté cité précédemment.

  • Prendre les enfants comme confidents : On est rarement tenté de le faire avec de jeunes enfants mais j’ai vu nombre d’adultes confier à leurs adolescents ou leurs enfants adultes leurs déceptions et les récriminations qu’ils ont envers leur conjoint. Or, il faut se rappeler que l’enfant, quel que soit son âge, n’a probablement pas envie de connaître toutes les erreurs et les défauts de ses parents, ni de jouer les arbitres dans vos conflits.  Si vous avez besoin de parler, vaut mieux se confier  à un ami ou un intervenant et laisser les enfants à l’écart de vos différents.

 

C’est décidé, on se sépare! 

On aimerait tant épargner à nos enfants les sentiments douloureux reliés à cette importante transition, mais c’est malheureusement impossible. Aucun parent n’aime voir ses enfants être tristes et la culpabilité hante ainsi nombre de parents qui doivent annoncer la rupture. La blessure reste inévitable, mais il existe toutefois quelques stratégies qui permettront de rendre la situation plus facile à vivre tant pour les parents que l’enfant.  Il n’existe rien de parfait en contexte de séparation et ce n’est pas si dramatique. Je vous invite donc à souligner ou prendre en note les moyens qui vous semblent applicables dans votre situation et à les mettre en place. Lâchez prise sur le reste.

Quand vient le temps d’annoncer la séparation aux enfants 

Se préparer… en équipe : Planifiez ensemble le moment et la façon dont vous annoncerez la séparation : qui dira quoi? Quelles sont les questions auxquelles on peut s’attendre? Que répondra-t-on? Le meilleur moment pour l’annonce est généralement de quatre à six semaines avant le déménagement. Évitez toutefois, autant que faire ce peut, d’annoncer la séparation juste avant un événement important tel que l’anniversaire d’un des enfants ou la période des fêtes. Ils risqueraient alors de faire une association émotive inconsciente (ancrage) entre l’événement et les émotions reliées à la séparation. De même, on évitera aussi de faire l’annonce juste avant une période d’examen ou un défi sportif important pour le jeune puisque le stress et les émotions risqueraient alors de nuire à sa concentration.

Idéalement, avant l’annonce aux enfants, vous aurez aussi prévu ensemble les principales modalités : quel type de garde vous aurez au départ, la date et l’endroit du déménagement s’il y a lieu, qu’est-ce que l’enfant amènera chez maman ou papa, etc. Plus vous pourrez fournir d’informations aux enfants quant à l’avenir, plus ils seront sécurisés.

Annoncer la séparation ensemble : Les enfants auront besoin de sentir que vous faites toujours équipe en ce qui les concerne, que vous êtes encore leurs parents. Répondez ensemble aux questions, le plus simplement possible, avec des mots de leur âge. Restez toutefois plus vague sur les raisons qui ont mené à la séparation. Ne rejetez la faute sur personne et ne dites pas qui, des deux parents, a quitté l’autre. Les enfants, même les adolescents, n’ont pas à connaître les détails de cette « décision d’adultes ». Vous pouvez utiliser une formulation qui ressemble à celle-ci : « Papa et maman s’aiment maintenant comme des amis mais ne sont plus amoureux. »  Aidez aussi vos enfants à comprendre que la séparation est définitive et qu’il ne servirait à rien de tenter de vous réconcilier. Ne laissez aucune porte entrouverte, car ils risqueraient de s’accrocher à cet espoir et  ainsi avoir du mal à progresser dans leur deuil. Évitez les formulations telles que : « peut-être » et « on verra » qui risqueraient de semer de la confusion en lui.

Rassurer les enfants : Les enfants, petits et grands, auront alors besoin d’être rassurés sur plusieurs aspects. La plus importantes est ’amour que vous leur portez puisque certains enfant pourraient craindre d’être abandonnés dans la séparation : « Papa et maman se séparent, mais on ne te quittera jamais et on va toujours continuer de t’aimer. Tu pourras nous voir tous les deux, mais pas en même temps…» Pour les plus vieux, c’est souvent la perte du réseau social qui causera des inquiétudes. Devra-t-il changer d’école? Perdre ses amis? Si oui, que ferez-vous pour lui permettre de revoir les gens importants pour lui? Assurez-vous également que les enfants savent qu’ils ne sont pas responsables de la séparation. Il arrive fréquemment que les enfants aient l’impression que si vous vous séparez, c’est en raison des querelles que vous pouvez avoir eu les concernant ou parce qu’ils n’ont pas été assez gentil. En ce sens, quelques jours après l’annonce, il peut être pertinent de revenir sur ce qu’ils ont compris et vérifier qu’ils ne pensent pas avoir une quelconque responsabilité dans votre décision.

Lors de l’annonce, il sera également important que les adultes se montrent forts et dégagent de la confiance. Les enfants se fient souvent sur la réaction des adultes pour évaluer la gravité d’un événement. Bien qu’il soit adéquat d’exprimer que vous êtes également triste de la situation, il faut éviter d’adopter une attitude dépressive et larmoyante. Quelques larmes de la part des adultes ne sont pas dramatiques, les enfants comprennent alors que les adultes éprouvent aussi des émotions. Mais vous devrez être là pour accueillir le désarroi des enfants et les réconforter. S’ils vous voient anéantis, ils risquent de d’être inquiets.  Si les enfants s’inquiètent de vous et cherchent à vous consoler, remerciez-les de leur empathie, mais rassurez-les et dites-leur que vous avez des gens pour vous soutenir. Et si vous n’arrivez pas à retenir vos sanglots, vaut peut-être mieux écourter la discussion et revenir quand vous aurez retrouvé la maîtrise de vous-même.

Faire preuve d’empathie : Suite à l’annonce, il vous faudra ensuite accepter et accueillir les émotions et sentiments, parfois douloureux, que vos enfants peuvent vivre et leur permettre de les exprimer à leur façon. Certains seront à l’aise d’en parler, d’autres préfèreront s’exprimer soit à travers le dessin, des jeux ou de l’activité physique. Ne les forcez pas à parler de ce qu’ils vivent mais gardez la porte ouverte : « Si tu as envie d’en parler, même si c’est pour m’exprimer ta colère, je serai disponible. » Ne cherchez pas à vous justifier et ne vous perdez pas en explications afin de les aider à « comprendre » dans l’espoir qu’ils ne soient pas tristes. Acceptez que la situation génère possiblement de la douleur, écoutez simplement ce qu’ils vous diront avec leurs mots et leurs gestes.  Reformulez, avec chaleur, ce qu’ils vous diront : « Ho! Tu es fâché? Tu crois que c’est ma faute? Oui, je comprends. Je suis désolée. Tu ne veux pas me parler pour l’instant? Oui, je comprends. Ok. Je vais attendre que tu sois prêt. »

Vous pouvez vous attendre à toute sorte de réactions de la part des enfants, selon leur âge et leur tempérament. Certains verseront quelques larmes puis retourneront jouer comme si rien n’était arrivé pour réagir quelques jours plus tard, d’autres vous assailliront de questions ou de reproches. Certains enfants font des crises de colère ou de larmes, d’autre s’isolent et refusent qu’on les approche. Certains, encore, vivent plutôt sereinement cette transition et se remettent vite sur pied. Une séparation n’est pas forcément dramatique.

Quelques pièges à éviter : 

  • Vouloir « dire la vérité » aux enfants : Trop d’adultes, sans penser aux conséquences et sous le prétexte de vouloir être honnête envers les enfants, sont tentés de raconter des choses que les enfants ne devraient pas savoir. Avant de donner un renseignement à vos jeunes, peu importe leur âge, demandez-vous en quoi cela améliorera leur vie. Est-ce que ça les fera grandir et se sentir mieux de savoir que maman a été infidèle ? Que papa est alcoolique ?  Que la pension alimentaire n’est pas payée ? Que l’un des parents ne désirait pas d’enfant ? Malgré la colère et la rancune, il faut se montrer honnête envers soi-même : pourquoi et pour qui est-ce que j’ai envie de divulguer cette information à mes enfants ? Dans le même ordre d’idée, il n’est absolument pas pertinent de révéler qui a décidé de la séparation ni sous quels motifs.
  • Surprotéger : Bien qu’on soit conscient que les enfants vivront une période difficile et qu’on tentera, bien entendu, d’adoucir le choc, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès et tenter de les protéger de tout. Ainsi, dans les jours qui suivent l’annonce, faites bien attention de ne pas arrêter de vivre pour ne vous centrer que sur eux, de ne pas leur passer tout leurs caprices ni en faire trop afin de leur changer les idées. Les enfants sont beaucoup plus forts qu’on ne le croit, faites-leur confiance pour surmonter cette épreuve.
  • Vouloir la garde à tout prix : Bien des parents, des mères surtout, ont énormément de mal à se séparer de leurs enfants et peuvent être tenté de trouver toutes sortes d’explication pour justifier leur désir d’avoir la garde complète. C’est souvent l’anxiété qui leur fait craindre qu’il n’arrive quelque chose, même banal, à leurs enfants alors qu’ils ne sont pas présents pour les épauler. Le risque est alors grand de chercher des « preuves » que l’autre n’est pas assez compétent et que nous sommes le seul à pouvoir encadrer adéquatement la marmaille. Lorsqu’on est tenté de revendiquer la garde complète des enfants, il faut, encore une fois, faire un exercice d’intégrité et se demander, en toute honnêteté : « Je cherche à répondre au besoin de QUI ? Le besoin des enfants ou le mien ? »

 

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Cet article est tiré et adapté du livre: La famille une sacrée entreprise, paru aux éditions de l’homme. Ce livre est un collectif d’écriture auquel j’ai participé avec plusieurs collègues. 

 

 

Refaire sa vie après une séparation sans sacrifier les enfants

Les affres et les joies de la recomposition familiale

SOS NancyHa! L’amour! L’amour est aveugle dit-on!  Après l’échec d’une première union, les gens, en particulier s’ils sont parents, sont généralement prudents, voire un peu méfiants avant de se laisser entraîner à nouveau dans l’aventure amoureuse. Mais le cœur a ses raisons… Malgré les blessures laissées par la fin de la précédente relation, on rencontre un jour une personne merveilleuse, qui nous donne envie d’y croire, de former un couple de nouveau, une nouvelle famille peut-être.

Vient généralement ensuite une sorte de lune de miel pendant laquelle chacun se découvre, entre en contact avec les enfants de l’autre. On se met alors à faire des activités familiales, on s’apprivoise, puis on parle un jour de cohabitation. C’est la grande aventure et quelle aventure! Malgré notre enthousiasme, on forme toujours une équipe parentale avec l’ex-conjoint qui ne réagit pas forcément bien à ce nouveau bouleversement. Les figures d’autorité se multiplient et les risques de mésentente sur l’éducation des enfants augmentent. Que peut-on faire pour mettre toutes les chances de notre côté et favoriser le bien-être de chacun ?

Prendre tout son  temps : Afin d’éviter de présenter successivement plusieurs conquêtes à vos enfants, attendez d’être plutôt confiant de vouloir vous engager dans la relation avant d’impliquer les enfants.  On ne peut jamais être certain qu’une relation va durer pour toujours, mais, au-delà des sentiments amoureux que vous éprouvez, il importe de prendre un peu de recul et de se demander si cette relation est viable compte tenu de votre réalité de parent et de vos personnalités respectives. L’amour est magnifique quand il nous envahis, mais pourquoi chambouler la vie de vos enfants si vous savez pertinemment que cette relation est vouée à l’échec ?

Ne soyez également pas trop pressé de présenter votre nouvel amour à la marmaille. Laissez-leur le temps de se faire à l’idée. Commencez par dire aux enfants que vous avez rencontré quelqu’un qui vous plait et que vous envisagez fréquenter. Attention au ton et aux mots que vous utiliserez : vous ne devez pas avoir l’air de leur annoncer une mauvaise nouvelle ! En même temps, un trop grand enthousiasme de votre part pourrait éveiller en eux des sentiments de jalousie. Utilisez le même ton que si vous aviez fait la rencontre d’une personne qui risque de devenir votre ami.

S’ils réagissent mal, ne vous mettez pas sur la défensive. Écoutez et accueillez leurs émotions et tentez de décoder leurs inquiétudes. Ont-ils peur que cette personne prenne la place de leur autre parent ? Craignent-ils de perdre votre amour ? Penses-t-ils qu’ils devront déménager à court terme ? Laissez-leur tout l’espace nécessaire pour s’exprimer et tentez de les rassurer sans dramatiser. Prévenez aussi votre ex afin d’éviter qu’il ou elle n’apprenne la nouvelle via les enfants et ne réagisse mal devant eux. En effet, si l’enfant voit son parent pleurer à l’annonce de l’arrivée d’une nouvelle personne dans la vie de son autre parent, il risque de détester instantanément cet intrus.

Attendez ensuite quelque temps avant de leur présenter votre nouvelle flamme. En attendant, cherchez à éveiller leur intérêt et leur curiosité en parlant (de temps à autre et non sans arrêt !) de cette personne aux enfants, en leur montrant des photos et en disant qu’elle a bien hâte de les rencontrer.

imagesCAPG8M18Pour le premier contact, prévoyez une très courte activité qui permettra à chacun de s’apprivoiser sans être trop engageante. Évitez le souper officiel avec dodo chez l’autre. Vous pourriez, par exemple, pratiquer ensemble une courte activité sportive, faire un pique-nique ou aller au cinéma. Assurez-vous simplement que la rencontre se déroule dans un contexte de plaisir et exempt de stress. Si chacun a des enfants, il peut être pertinent de faire les présentations en deux temps : le copain ou la copine d’abord, ensuite les enfants. Au début, faites également attention à ne pas imposer la présence de votre nouvelle flamme trop fréquemment et ne négligez pas de passer aussi du temps seul avec vos enfants.

N’espérez pas le coup de foudre ! Laissez à chacun le temps de s’apprivoiser : Si vous êtes devenue instantanément amoureux de cette personne, il se peut que vos enfants aient besoin d’un peu plus de temps que vous avant de voir toutes ses qualités… et celles de sa marmaille !

Dans le même ordre d’idée, n’impliquez pas trop rapidement votre amoureux (se) dans les interventions du quotidien. Il(elle) doit créer doucement un lien significatif  avec chacun des enfants à travers le plaisir et sans se mêler trop de leur éducation puis, progressivement, devenir un(e) conseiller(ère) auprès d’eux et intervenir sur de petites choses du quotidien. Les grosses décisions et les interventions importantes telles que les conséquences et punitions doivent continuer d’être la responsabilité des parents et le beau-parent devrait éviter de s’en mêler.

Clarifier les attentes : Bien qu’en début de relation on veuille généralement éviter de mettre trop de pression à l’autre, il vous faudra, assez rapidement, avoir une conversation avec votre nouveau partenaire concernant ses attentes, les vôtres et son rôle dans la vie de vos enfants. Vérifiez d’abord qu’il comprend et accepte que vous avez des enfants que vous chérissez et dont vous devez vous occuper et un(e) ex avec qui vous devrez toujours faire équipe pour le bien des enfants. Les enfants et l’ex font partie du « deal », et les besoins (non les caprices) des enfants vont toujours être prioritaires à tout le reste. Est-ce que votre amoureux est prêt à composer avec cela ?

Clarifiez aussi, assez tôt dans la relation, son rôle de belle-mère ou de beau-père et quelle place vous désirez qu’il ou elle prenne dans la vie de vos enfants : jusqu’à quel point souhaitez-vous que l’autre s’implique dans les décisions concernant les enfants ? Souhaitez-vous le voir intervenir devant les comportements inappropriés des enfants ? Si oui, lesquels ? Quelle relation souhaitez-vous qu’ils établissent ?

Selon l’âge des enfants, il peut aussi s’avérer intéressant d’avoir une discussion ouverte afin d’exprimer les attentes de chacun face à cette nouvelle situation. Qu’attendez-vous, exactement, de vos enfants, lorsqu’ils sont en présence de votre nouvel amoureux et de ses enfants ? Eux, comment espèrent-ils que la situation se vive ? Quelles sont leurs attentes envers vous ? Envers l’autre personne ? Une discussion franche et ouverte peut vous éviter bien des frustrations par la suite.

Quelques pièges à éviter

  • Mettre vos enfants en cage : Ne tombez pas dans le piège de tellement espérer que votre nouvel amour aime vos enfants que vous les assommez, avant la rencontre, d’une tonne de consignes et restrictions pour ensuite passer votre temps à intervenir sur des peccadilles. Bien entendu, vous pouvez émettre quelques consignes et attentes avant le grand moment, mais éviter de mettre trop de pression à vos enfants qui risqueraient alors de se conduire encore plus mal en raison du stress.   Vous ne terminerez pas leur éducation en une soirée et votre amoureux doit accepter que des enfants ne se conduisent pas toujours parfaitement. Il doit vous aimer, tous, tel que vous êtes car tôt ou tard, le vernis s’écaillera et vos enfants et vous-même retrouverez votre naturel.
  • Éveiller la jalousie : Évitez les grandes démonstrations d’affection devant les enfants au début de la relation et évitez d’en faire trop pour montrer a quel point votre nouvelle flamme est extraordinaire.  Si vous parlez de lui ou d’elle sans arrêt avec les yeux remplis d’étoiles, vos enfants pourraient penser que quelqu’un manigance afin de voler votre amour. Alors, assurez-vous de donner à vos enfants leur juste ration d’affection et de mots d’amour avant de couvrir votre douce moitié de baisers enflammés.
  • Trop pour être aimé des enfants du conjoint : Bien qu’il soit de votre devoir d’apprivoiser les enfants de votre conjoint, éviter de multiplier les efforts pour en faire vos alliés. Nul besoin de les couvrir de cadeaux, de faire le clown ou d’adopter un ton mielleux. Contentez-vous d’être vous-même, d’être gentil, patient et de simplement vous intéresser à eux. Et ne vous en faite pas si le courant ne passe pas tout de suite, ni même s’ils vous rejettent au départ. Laissez le temps aux enfants de constater que vous n’êtes pas un rival et permettez-vous de vous apprivoiser les uns les autres.

Quelques questions à se poser avant d’aller habiter ensemble

Face à soi-même :

  • Est-ce que j’ai envie de jouer le rôle de beau-père ou belle-mère avec ses enfants? 
  • Suis-je prêt à laisser mon conjoint jouer un rôle dans l’éducation de mes enfants?

Face au nouveau conjoint :  

  • Cette personne aime-t-elle mes enfants ? 
  • Est-ce qu’elle sera un bon modèle pour mes enfants ? 
  • Semblez-vous avoir des valeurs éducatives semblables ?  
  • Est-ce que je me vois, à long terme, avec cette personne et est-ce que je m’imagine partager le quotidien avec lui ou elle?
  • Quels sont les éléments qui risquent de créer des tensions dans notre couple?
  • Quelles sont nos forces, les ressources qui nous permettrons de surmonter les écueils ?
  • Avons-nous sensiblement les mêmes valeurs face à l’éducation des enfants?
  • Est-ce que j’aime sa façon d’être un père ou une mère?

Face aux enfants :

  • Est-ce que j’aime ses enfants et est-ce que je me vois bien partager le quotidien avec eux?
  • Suis-je prêt à les accepter tels qu’ils sont, sans chercher à refaire leur éducation d’un bout à l’autre?
  • Est-ce que mes enfants sont prêts à partager le quotidien de mon conjoint et de ses enfants?
  • Est-ce que les enfants s’entendent bien entre eux généralement?
  • Est-ce que mes enfants ont une bonne capacité d’adaptation?
  • Est-ce que l’âge, les besoins ou les spécificités de chacun de vos enfants seront des obstacles à votre relation ? 
  • En additionnant vos enfants et les siens, est-ce que le portrait vous plaît toujours?

Finalement, rappelez-vous que vous avez choisi ce nouveau partenaire, eux non. Et se voir imposer une nouvelle famille, un nouveau milieu de vie et de nouvelles règles représente souvent un bouleversement majeur qu’ils sont en droit d’appréhender.  Mais, en bout de ligne, bien que des ajustements et quelques secousses soient à prévoir, la recomposition familiale peut toutefois s’avérer une formidable et enrichissante pour toute la famille.
mo_9782761942614Cet article est tiré du livre: La famille une sacrée entreprise, paru aux éditions de l’homme. Ce livre est un collectif d’écriture auquel j’ai participé avec plusieurs collègues. 

 

Comment aider mon enfant à développer son autonomie ?

shutterstock_324288122 copieVous cherchez des stratégies afin de développer le sens des responsabilités, le sens de l’effort et l’autonomie de votre enfant? Et bien, la solution la plus simple est de cesser d’assumer ses responsabilités à sa place! Chaque fois que vous faites les choses qu’il est capable d’assumer lui-même, vous dites à votre enfant que vous croyez qu’il n’en est pas capable. À la longue, la situation peut miner son estime personnel et sa motivation à être autonome.  C’est souvent plus rapide de faire les choses nous-même, mais en lui donnant des tâches et en acceptant qu’il aura besoin d’un peu de temps et d’aide pour les assimiler vous installez chez-lui des habitudes qui lui servirons toute sa vie. 

  • La première étape avant de donner des tâches à un enfant, c’est de lui laisser les siennes: ranger SA chambre, mettre SES vêtements au lavage, se servir lui-même, se faire à déjeuner, etc.) Laissez-le assumer toute tâche qu’il est capable de faire, quitte à ce que ce soit un peu plus long.
  • On doit d’abord enseigner et bien montrer ce qu’on attend de l’enfant. Il peut être intéressant de faire des listes ou d’illustrer la tâche et ses différentes étapes. On devra ensuite accompagner étroitement l’enfant afin de l’entraîner dans cette nouvelle habileté, puis relâcher progressivement notre soutien.
  • Normalement, un enfant de 6 ans est capable de faire des tâches et assumer certaines responsabilités. Il aura besoin de rappels chaleureux et parfois fermes, mais peut faire bien des choses que vous faites probablement à sa place.
  • Au début il faut parfois insister un peu (voire beaucoup!), mais ce sera lui rendre service à moyen terme (et à soi-même aussi!).
  • Il n’est pas nécessaire, ni même souhaitable, de rémunérer les tâches. Surtout si elles concernent ses affaires personnelles (faire SON lit, ranger SA chambre). Toutefois, si on tient à rattacher l’allocation à un travail, il est préférable que ça en soit un qui sert toute la famille (tondre le gazon, nettoyer la piscine, déneiger l’entrée, passer le balais au salon, etc.).
  • Attention d’y aller progressivement dans l’attribution de nouvelles tâches, sinon on risque de provoquer des échecs démotivants pour l’enfant.
  • Il importe de démontrer notre satisfaction et notre fierté à l’enfant puisque ça reste la meilleure des récompenses.
  • Les tableaux de motivation sont un excellent moyen d’instaurer une nouvelle tâche.
  • Pour les enfants qui tentent d’éviter les tâches désagréables, il est possible d’instaurer un horaire où la tâche doit être terminée avant l’activité agréable. Par exemple, le samedi matin, ton ménage de chambre doit être fait ET VÉRIFIÉ avant que tu puisses sortir avec tes copains, le soir, tu dois avoir rangé des jouets avant de pouvoir écouter la télé, etc.

Les tâches enseignent le sens de l’effort aux enfants.

Et c’est le sens de l’effort est l’une des bases de la réussite scolaire et sociale!

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QUELLES SONT LES TÂCHES et RESPONSABILITÉS QUE JE LAISSE À MON ENFANT? 

Chacune des tâche et responsabilité suivante peut généralement être assumée par un enfant de 6 ans avec supervision et rappel. L’enfant de 12 ans devrait être en mesure d’assumer la majorité de ces responsabilités de façon autonome.

Dans le tableau ci-dessous, cochez les tâches que vous faites à la place de votre enfant, cochez ensuite ce que vous croyez qu’il est capable de faire tout seul, puis, enfin, les tâches que vous lui laisserez à l’avenir. Allez-y progressivement toutefois! On ne devient pas responsable du jour au lendemain.

 

Responsabilités

Ce que je fais à sa place

Ce qu’il est capable de faire

Responsabilités que je vais lui laisser à l’avenir
Me réveiller le matin (À l’aide d’un réveil qu’on m’aura rappelé de mettre la veille…)
Choisir mes vêtements (avec quelques conseils…)
M’habiller (l’habit de neige aussi…)
Faire mon lit 
Me servir mes breuvages
Préparer mon déjeuner (céréales, rôties, tartiner, etc.)
Ramasser mon assiette (matin, midi, soir), l’amener au comptoir, la rincer et la mettre au lave-vaisselle.
Mettre et débarrasser la table
Me coiffer (du moins me brosser les cheveux.)
Me brosser les dents 
Ramasser mes jouets quand on me le demande
Préparer mon sac d’école (et l’apporter moi-même…)
Ranger mes vêtements d’extérieur quand je rentre
Lorsque mes parents me disent que c’est l’heure des devoirs, aller chercher mon sac d’école et sortir moi-même mon matériel. 
Une fois que je sais ce que j’ai à faire, travailler seul et demander de l’aide au besoin.
Lors du bain, faire couler l’eau (avec supervision) et préparer ce dont j’ai besoin (serviette, pyjama)
Me laver (avec supervision jusque vers l’âge de 8 ans)
Laver mes cheveux (vers 8 ans)
Me sécher moi-même, m’habiller et mettre mes vêtements sales dans le panier à lavage.
Me mettre au lit et attendre que mes parents viennent me border.

Parler de suicide aux enfants

Le suicide chez les enfants est encore un sujet tabou et méconnu. Lorsqu’un enfant met fin à ses jours (parfois aussi tôt qu’à 7, 8 ou 9 ans!) l’entourage au grand complet n’arrive pas à y croire. Tout le monde cherche une explication, veut croire que ce n’est qu’un malheureux accident, qu’il est impossible que l’enfant ait réellement voulu mourir. Une récente situation, largement médiatisée, a réveillé l’inquiétude de nombreux parents qui m’ont demandé comment aborder le sujet avec leur enfant et comment prévenir une telle situation.

 

Comment peut-on penser si jeune à la mort? 

Le suicide chez les jeunes est souvent impulsif, pas vraiment réfléchi. Ce qui est délicat, à cet âge, c’est qu’ils n’ont aucune expérience de la vie, peu d’expérience de résilience. Donc, quand ils sont envahis par les émotions négatives, quand leur vie va mal, ils peuvent vite avoir l’impression que c’est la « fin du monde » et que ça n’ira jamais mieux. De plus, l’imaginaire n’est pas encore très loin, ce qui fait que parfois ils ne réalisent pas vraiment le côté définitif de leur geste. Ils souffrent et ne pensent qu’à mettre fin à la souffrance. Parfois, même, ils pensent simplement à attirer l’attention de leur entourage, qu’on s’occupe d’eux et de leur mal-être, et ne réalisent pas qu’ils jouent avec la mort. Ils peuvent aussi imiter quelque chose vu à la télé, sans réfléchir, ou encore s’amuser à s’étrangler, avec leurs mains ou une ceinture, juste pour le « trill » de se sentir engourdis sans vraiment être conscients qu’ils pourraient en mourir. 

Que faire si je m’inquiète pour mon enfant? 

Pour tous les parents que cette tragédie ébranle et inquiète, voici rapidement quelques conseils.

  • Écoutez: Si votre enfant semble aller mal, traverser une période difficile, s’il parle d’intimidation, semble s’isoler ou devient tout à coup plus irritable qu’avant,  soyez présent, juste plus présent qu’à l’habitude. Ouvrez la porte au dialogue et permettez qu’il exprime ses pensées et émotions.  Si vous êtes inquiet,  consultez un  psychologue ou demandez de l’aide au psychologue scolaire.
  • N’ignorez pas l’enfant: Lorsque votre enfant est en crise ( colère, pleurs, etc.) Restez près de lui si c’est possible. Sinon, retournez fréquemment le voir. NE L’IGNOREZ PAS. Il pourrait interpréter votre ignorance comme un désintérêt ou un rejet. 
  • Consultez: Si votre enfant fait souvent des allusions à la mort ou au suicide: « Vous seriez mieux sans moi » , « J’aimerais être mort », ne faite pas semblant de ne pas avoir entendu. Ce qu’on ignore ne disparaît pas. Ne concluez pas non plus trop vite à la manipulation. C’est effectivement possible que l’enfant joue la comédie ou dramatise volontairement une situation, mais il n’y a pas de risque à prendre. On peut laisser passer la crise, si c’est le cas, mais ensuite, posez-lui directement la question: « Pourquoi as-tu dit celà? Est-ce que tu y penses vraiment? Souvent? » Si vous êtes inquiet, ne laisser pas traîner les choses: consultez! L’intervenant pourra évaluer si ce sont de réelles pensées suicidaires ou non. 

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Un camarade de classe de mon enfant est décédé, comment aborder la situation? 

Pour les parents dont l’enfant est endeuillés, je vous propose quelques interventions:

  • Écoutez: Les parents se demandent souvent ce qu’ils doivent dire à leur enfant en pareil cas. Mais l’important ce n’est pas vos paroles, mais votre écoute. Aidez votre enfant à verbaliser sur ce qu’il pense et ressent, sans jugement et sans chercher à expliquer l’inexplicable. Laissez-le parler tant et aussi souvent qu’il en a besoin.
  • Soyez honnête: Répondez honnêtement à ses questions, malgré votre malaise. Dites ce que vous savez, sans trop spéculer sur les raisons qui ont poussé l’enfant à s’enlever la vie. Ne banalisez pas le suicide, ne dite pas que c’est un accident et évitez surtout de lui dire qu’il avait juste « beaucoup de chagrin ». Le suicide ne doit pas être présenté comme une option afin de se soulager de la tristesse. De la même façon, il n’est ni question de courage ou de faiblesse. Contentez-vous de dire que vous ne savez pas pourquoi il a fait celà, pourquoi il n’a pas cherché d’aide au lieu de commettre ce geste irréparable et que ce n’était pas une bonne solution. Surtout, n’accusez personne d’être responsable de la situation (parents, enseignants ou camarades de classe).
  • Laissez à votre enfant le temps de vivre ce deuil. Notre premier réflexe de parent est de vouloir protéger nos enfants contre les événements douloureux. On pourrait alors être tenté de lui changer les idées, de chercher à le rassurer à tout prix ou à banaliser la situation. Or, le meilleur moyen de gérer ses émotions est de se permettre de les vivre. Peut-être votre enfant pleurera-t-il, peut-être pas. Possible qu’il en parle sporadiquement pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Peut-être qu’il vous bombardera de questions ou, au contraire, ne voudra pas en parler. Laissez-le vivre tout ça à son rythme et dites-lui clairement que vous êtes là, au besoin.
  • Assurez-vous qu’il ne se blâme pas. Souvent, l’entourage de la personne décédée se culpabilise pour la situation. De plus, les enfants ont souvent tendance à tout rapporter à eux. Si votre enfant se croit responsable, d’une façon ou d’une autre ( il ne l’a pas écouté, il n’avait pas été gentil avec lui récemment, ne l’avait pas invité à son anniversaire, etc.), prenez aussi le temps de bien écouter et recevoir ce qu’il pense et ressent. Mais assurez-lui ensuite qu’en aucun cas il ne peut être responsable des gestes et des décisions de ceux qui l’entourent.
  • Restez proche: Soyez très présent et à l’écoute. Soyez plus affectueux qu’à l’habitude et n’hésitez pas à laisser vos tâches de côté pour lui offrir un câlin s’il vous semble triste. Sans trop vous inquiéter, restez toutefois vigilant dans les prochaines semaines, puisque certains enfants pourraient être tentés d’imiter leur camarade.
  • Permettez-lui de participer aux rituels de deuil s’il le désire. Peut-être voudra-t-il aller au service funéraire ou à une activité organisée pour la circonstance. Sans le forcer, ouvrez-lui la porte à ce qu’il participe puisque ça peut l’aider à faire son deuil. Il peut aussi faire un dessin ou une carte pour dire au revoir à son copain.

Il est bien difficile de voir nos enfants être exposés à des situations douloureuses susceptibles de laisser des cicatrices. Mais nous sommes, malheureusement, impuissants à les protéger. Le meilleur « remède » reste donc votre présence et votre accompagnement afin que ces durs moments ne deviennent que de mauvais souvenirs.

Si vous avez besoin d’aide, appelez sans hésiter au 1 866 277-3553.

Pour le site web de l’Association québécoise de prévention du suicide, cliquez ici.

Besoin de consulter? 

Ce sont généralement les psychologues ou les travailleurs sociaux qui sont les mieux outillés pour aider un enfant, un adolescent ou un adulte qui a des pensées suicidaires ou qui vit une grande détresse psychologique.

Ordre des psychologue du Québec

Ordre des travailleurs sociaux du Québec 

Quelques articles complémentaires:

Pourquoi les enfants veulent-ils mourir? http://www.psychologies.com/Famille/Enfants/Epanouissement-de-l-enfant/Articles-et-Dossiers/Pourquoi-des-enfants-veulent-ils-mourir

Prévenir le suicide des enfants: http://www.psychologies.com/Moi/Epreuves/Suicide/Articles-et-Dossiers/Prevenir-le-suicide-des-enfants

Le suicide chez les enfants: https://www.conduites-suicidaires.com/le-suicide/le-suicide-chez-les-enfants/

 

 

Qu’est-ce que le coaching familial ou coaching parental

shutterstock_523949206On me pose souvent la question: « En quoi ce que tu fais est différents des services qu’on peut recevoir au CLSC ou ailleurs de la part de psychologues et psychothérapeutes? »

On me demande aussi: « Est-ce que n’importe qui peut devenir coach familial? » Voici quelques réponses  

Le coaching parental et familial, propose une intervention qualifiée et professionnelle, à domicile, en milieu de garde ou à l’école. Les coachs familiaux de SOS Nancy et ceux formés à l’École de coaching familial doivent avoir préalablement une formation complète en intervention ou dans un domaine connexe ET détenir une solide expérience auprès des enfants et des familles. Ce sont généralement des éducateurs, éducateurs spécialisés, psychoéducateurs, coachs certifiés et travailleurs sociaux. ( voir les critères d’admission)

Ce que fait le coach

L’intervenant aide d’abord la famille à analyser la situation dans son ensemble afin de mieux saisir le rôle de chacun dans la dynamique familiale pour ensuite mieux adapter l’intervention. Ensuite, en toute simplicité, l’intervenant s’intègre dans le quotidien des familles aux moments les plus problématiques. Il observe alors la situation et, à la façon d’un entraîneur sportif, il aide les parents à adapter leurs actions afin d’être plus efficaces et ainsi maximiser le développement psychoaffectif de leurs enfants. Le coach aide les membres de la famille à mieux comprendre les problématiques et à se fixer des objectifs réalistes. Ensuite, à l’aide de stratégies d’intervention ciblées, de trucs et d’exercices pratiques, il les accompagne vers l’atteinte d’une dynamique familiale plus harmonieuse.

SOS Nancy, coaching familial

Le coaching familial c’est donc :

  • Des rencontres à domicile;
  • Une rencontre d’analyse, afin de bien cerner les besoins et l’origine des difficultés et ce qui cause les comportements problématiques;
  • Une ou plusieurs rencontres afin de bâtir et appliquer un plan d’action concret;
  • Une ou des rencontres d’observation et de coaching à travers le quotidien;
  • Une intervention basée sur les approches systémiques, approches orientées vers les solutions,  le coaching et la programmation neurolinguistique ( PNL);
  • Une approche axée sur la responsabilisation de chaque membre de la famille et le développement du leadership éducatif des parents et des adultes qui guident l’enfant;
  • Une intervention positive et respectueuse qui se base sur les forces et les ressources de chacun;
  • Une formule épanouissante qui permet de retrouver le juste équilibre entre fermeté et bienveillance!

Le coaching familial ce n’est pas:

  • « Casser » le caractère des enfant par l’application de règles strictes et de punitions. C’est shutterstock_550434685
    plutôt chercher à aider l’enfant à devenir la meilleure version de lui-même ;
  • Juger les parents et leur intervention! En coaching, nous sommes persuadés que les parents veulent ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants. Le respect et la bienveillance sont les prémisses de base de l’intervention. ;
  • Être mou et se plier aux volontés de l’enfant! Nous encourageons les parents à devenir les leaders de leurs enfants par une approche ferme et bienveillante.
  • « Réparer » l’enfant défectueux! En coaching familial, nous croyons que chaque membre de la famille a un rôle à jouer dans la dynamique et peut contribuer à l’harmonie familiale.
  • Simplement donner des conseils et des recettes toutes faites!  Puisque tous les enfants sont différents, nous faisons, avec le parents ( premier spécialiste de son enfant) une analyse complète de la situation afin de comprendre ce qu’il y a derrière les comportements. Nous adaptons le plan d’action aux besoins spécifiques de chacun des enfants et selon la réalité et les valeurs de chaque famille.
  • Un intervention d’amateurs! Ne devient pas coach familial certifié qui veut! Les coachs familiaux formés par l’école de coaching familial Nancy Doyon, sont d’abord des intervenants diplômés et détenant une expérience pertinente sur le terrain.

En quoi un coach familial peut-il vous aider?

  • Gestion des émotions et des crises de colère chez l’enfant et l’adolescent;
  • Gestion de vos émotions d’adultes, pour cesser de vous emporter et de crier;
  • Discipline, encadrement et gestion des routines  (repas, devoirs, etc.);
  • Problèmes de sommeil chez l’enfant (endormissement, réveils nocturnes, siestes);
  • Opposition, non respect de l’autorité et autres troubles du comportement;
  • Intimidation et affirmation de soi;
  • Développer le leadership et la fermeté bienveillante du parent;
  • Motivation scolaire;
  • TDA/H et difficultés reliées à l’agitation, l’attention/concentration et l’impulsivité;
  • Rivalité fraternelle;
  • Réaction à l’arrivée d’un bébé;
  • Gestion du stress et de l’anxiété chez l’enfant, l’adolescent… et le parent!
  • Retards de développement ou de langage;
  • Recomposition familiale;
  • Cohésion parentale;
  • Développement des habiletés sociales chez l’enfant et l’adolescent;
  • Etc.

shutterstock_370909697Besoin des services d’un coach familial?

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