A propos Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »

Une rentrée à saveur de Covid…

Vivre une rentrée sereine malgré la pandémie

Les enfants vivent cette année une rentrée bien particulière. Comment peut-on les soutenir? 

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À chaque année, il y a des enfants et des adolescents pour qui la rentrée scolaire est plus difficile et chez qui ça génère stress et anxiété. Cette année, avec les mesures particulières mises en place pour faire face à la pandémie, la charge émotive risque d’être encore plus plus élevée et ce, pour une large part d, entre eux. 

Or, les enfants ont souvent bien du mal à identifier et exprimer ce qui se passe à l’intérieur d’eux, surtout dans le cas d’anxiété. 

Ce qui risque alors de se produire c’est: 

  • Symptômes physiques (maux de tête, de ventre, vomissements pour certains) 
  • Problèmes de sommeil
  • Perte d’appétit
  • Irritabilité et sautes d’humeur
  • Agitation ou apathie
  • 1000 questions
  • Isolement ou recherche intense de proximité avec ses parents 

La plupart des enfants vont s’adapter assez rapidement au nouveau contexte scolaire et les « symptômes » disparaitrons progressivement au bout de 3 à 4 semaines. Pour d’autres, ce sera plus long et ils auront davantage besoin de support. Mais justement, que peut-on faire pour aider les enfants à mieux vivre cette période? 

1- Ecouter: Leur demander comment ils entrevoient la rentrée, s’il y a des choses qui les inquiètent ou qui les dérangent et les écouter avec empathie, même si ça vous parait démesuré ou banal. Éviter de leur couper la parole pour les rassurer ou les raisonner.

2- Informer: Plus l’enfant sera familier avec ce qui l’attend, plus il se sentira en contrôle de la situation. Donc l’informer sur les mesures et nouvelles règles scolaires (peut-être même faire des mises en situations),  l’informer sur sa classe, son enseignant, etc. On peut aussi s’entraîner au port du masque et à la distanciation à travers le jeu. 

3- Installer un climat rassurant à la maison: Les enfants sont extrêmement sensibles à l’ambiance générale et ont une antenne pour décoder les sentiments des adultes. S’ils vous sentent stressé ou en désaccord avec les façons de faire de l’école, ils risquent davantage de se rebeller ou de se sentir anxieux. 

Tentez de dédramatiser la situation et d’avoir un discours positif face aux mesures d’hygiène, au masque et à l’école en général. Installez également rapidement une routine stable pour les matins et les soirées de semaine. Généralement c’est très rassurant pour les enfants. 

4- Ajoutez de la légèreté: Assurez-vous de continuer à avoir du plaisir en famille: faire des blagues, jouer dehors, mettre de la musique d’ambiance, acheter des masques rigolos, etc. 

5- Soyez indulgents: Sans tolérer l’inacceptable, évitez de mettre une pression supplémentaire sur l’enfant en multipliant les règles, les attentes, les reproches et les punitions. Rappelez-vous que tout devrait rentrer dans l’ordre très bientôt.

Si l’anxiété perdure au delà de 4 semaines ou si les symptômes semblent très envahissants, n’hésitez pas à consulter. Bien des écoles fournissent des services aux élèves, sinon informez-vous auprès de votre CIUSS ou consultez un intervenant dans une clinique privée. (psychologue, psychoéducateur ou coach familial) 

 

Qui suis-je? Où vais-je? La construction de l’identité chez l’adolescent.

shutterstock_794156542À la fin de son secondaire, je discutais avec ma fille des nombreux changements qui se sont opérés en elle et dans notre relation au cours de ses années de secondaires. Elle me dit alors, mi figue, mi raisin:

« Vers 14 ans, quand j’entendais les adultes dire que les adolescents se cherchent, je trouvais ça tellement cliché et j’était un peu insultée. Mais c’est TELLEMENT vrai! J’ai changé cent fois de style vestimentaire, d’amis et d’opinion sur différents sujets dans les cinq dernières années! Et je ne suis même pas certaine que je sais plus qui je suis aujourd’hui. » Effectivement, elle a encore changé par la suite et elle est toujours en pleine évolution à 21 ans. 

L’identité, c’est la représentation que nous avons de nous-même et elle est intimement liée à l’estime de soi. L’un des enjeux importants de l’adolescence et du début de l’âge adulte est la quête de soi. L’adolescent doit apprendre à se connaître, commencer à se définir. Qui suis-je? Qu’est-ce que j’aime ou non? Quel est mon type de personnalité? De qui ai-je envie de m’entourer? Quelle est mon opinion sur divers sujets? En quoi est-ce que je me distingue de ma famille et mes amis et en quoi je leur ressemble?  C’est la période des miroirs et des selfies alors que le jeune se préoccupe souvent exagérément de son apparence et de ce que les autres pensent de lui. Il vit également de grandes préoccupations autour de la normalité. 

Cette recherche identitaire se poursuivra encore pendant quelques années et sera caractérisée par de nombreux changements de style vestimentaire, des opinions variables, une mouvance des amitiés et des valeurs en émergences mais encore très fluctuantes. Ainsi, Anne-Sophie qui est présentement végétarienne parce qu’elle a découvert la manière brutale dont sont traités les animaux sera peut-être très carnivore dans deux ans, et Julien qui ne jure que par le sport cette année pourrait bien vous avouer l’an prochain qu’il n’a jamais vraiment aimé jouer au hockey et ne le faisait que pour ressembler à ses copains. 

 

Alors que jusqu’à récemment il ne connaissait de lui que ce que son entourage lui avait dit, l’adolescent est maintenant davantage en mesure de s’auto-observer et voir les différentes facettes de sa personnalité. Même si l’identité et l’estime de soi sont encore très fragiles et liés à ce que l’entourage lui reflète, il arrive tout de même de plus en plus à porter un regard sur lui-même: ce qui le distingue de son entourage et du reste de la famille, ses forces, ses aptitudes et ses défis (je n’aime pas trop parler de défauts pour un humain en pleine construction).

Capture d’écran 2020-08-20 à 14.56.43Le jeune devra aussi réfléchir à ce qu’il désire devenir comme personne. Il pourra progressivement mieux définir ses goûts et préférences, ses opinions, les amis desquels il a envie de s’entourer et le genre de personne qu’il désire être. Il va alors chercher à modéliser certaines idoles, commencer à rêver de son avenir mais aussi scruter son entourage ( en particulier ses parents) en observant aussi ce qu’il ne désire PAS être. « En tout cas, moi je ne veux pas devenir gros comme mon père alors moi je vais m’entraîner et faire attention à mon alimentation » « Mon amie Justine parle sans arrêt en mal des autres! En tout cas, moi je ne veux pas être comme ça. »  C’est grâce à cette connaissance de soi que le jeune pourra ensuite, dans les prochaines années, faire ses choix de vie et de carrière.

Danie Beaulieu, une conférencière bien connue au Québec disait ceci: «  À l’adolescence, les jeunes essaient des personnalités comme on essaie des paires de gants, jusqu’à ce qu’ils trouvent celle dans laquelle ils sont confortables. »

Ne vous inquiétez donc pas trop si votre jeune reviens de l’école avec un piercing dans le sourcil en décrétant qu’il est anarchiste puisqu’il est fort probable qu’il ne sache pas trop ce que ça implique et qu’il change d’avis la semaine prochaine.

Que faire? 

  • Aidez-le à mieux se connaître, à se questionner sur divers aspects. «Toi, qu’est-ce que tu veux présentement dans ta vie? Pour toi, c’est quoi l’amitié? De quel genre d’amis as-tu envie de t’entourer? Quels enseignants préfères-tu? Pourquoi? » 
  • Écoutez sans passer votre temps à lui donner des conseils ou désapprouver ce qu’il dit.
  • Permettez et encouragez (parfois) la négociation et  l’argumentation. Bon, bien qu’il soit quelque peu exaspérant de devoir se batailler sans arrêt pour des peccadilles il faut tout de même se rappeler que la capacité à exprimer et défendre son point de vue est une habileté qui pourra servir un jour. Il faut donc prendre son mal en patience et tolérer une certaine part de contestation.
  • Apprenez-lui à réfléchir. Cessez d’être toujours derrière votre enfant pour lui dicter sa conduite ou solutionner ses problèmes. Ainsi, plutôt que de dire: « Justin, viens t’assoir à la table, c’est l’heure de tes devoirs. » on pourra dire: « Quand comptes-tu faire tes travaux scolaires? » Avec Sophia qui vit une difficulté avec son enseignante, plutôt que de régler la situation ou même de lui suggérer quoi faire, il sera plus pertinent d’amener la jeune fille à trouver ses propres solutions: «  Comment te sens-tu là-dedans? Que comptes-tu faire? Quelles sont les différentes solutions? »
  • Faites confiance! En bout de ligne, il faut surtout faire confiance. Car, en cette période de grands bouleversements pour notre jeune, il aura par dessus tout besoin de sentir la confiance de ceux qui l’entourent.

 

 

Enseigner l’éthique sexuelle aux enfants et adolescents

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Ou comment enseigner le respect de soit et des autres pour éviter que nos enfants soient abusés ou abuseurs!

Dans cette nouvelle vague de dénonciations d’inconduites et d’abus sexuels, je me dis que plusieurs des « abuseurs » et des « victimes » semblaient banaliser les gestes abusifs et manquaient peut-être d’information sur le sujet.

Or, les notions de consentement, de respect de soi et des autres, d’affirmation de soi, ça commence à la maison et très très tôt, (dès l’âge d’un an en fait). C’est entre autre quand on apprend aux enfants à:


Capture d’écran 2020-07-28 à 12.35.18 copieS’affirmer et se respecter soi-même:

  • Refuser poliment de donner un bizou à tante Hurtubise s’il\elle n’en a pas envie et ne pas s’assoir sur les genoux d’oncle Gérard s’il\elle ne se sent pas à l’aise.
    Prêter ses jouets, mais aussi dire non s’il\elle ne veut pas prêter quelque chose d’important pour lui\elle.
  • Se permettre de dire non s’il\elle n’a pas envie de jouer avec sa soeur ou un ami. Accepter de décevoir.
  • Émettre un NON ferme et sans équivoque quand il\elle n’aime pas ce que son frère ou un camarade fait. Avoir le ton de voix et la posture appropriée pour être crédible.
  • Dire son opinion, même si elle diffère de celle des autres.
  • Accepter de ne pas être aimé de tous.
  • Être à l’écoute de ses besoins, émotions et ressentis: « J’ai chaud ou j’ai froid? Je me sens bien ou non dans cette situation? Mamie me donne un bizou sur la bouche… est-ce agréable pour moi ou non?

Respecter les autres:

  • Respecter « la bulle » des camarades et des frères et soeurs.shutterstock_128179400 copie
  • Demander la permission avant de donner un câlin ou un bizou, même à ses parents et sa petite soeur (oui, oui!).
  • Être à l’écoute et respecter les signes non verbaux des gens et des animaux: « Tu vois, le chat se sauve, il ne semble pas vouloir être caressé présentement. »
  • Ne pas s’amuser à faire enrager sa soeur (ou son frère!) et arrêter de la taquiner lorsque celle-ci lui demande d’arrêter.
  • Accepter que ce ne soit pas toujours lui\elle qui décide des jeux avec ses amis.
  • Comprendre que ses désirs ne sont pas toujours prioritaires à ceux des autres, même avec ses parents: « Tu n’as pas envie d’écouter ce film mais nous oui. Ce soir ce sera celui-ci, un autre jour tu pourras choisir. »
  • Attendre, différer son plaisir et vivre des frustrations diverses.
  • Comprendre que tout ne fonctionne pas toujours selon ses désirs. Perdre à des jeux de société par exemple ou avoir au repas quelque chose qu’il aime plus ou moins.

Évidemment, ces apprentissages ne se font pas du jour au lendemain et, comme parent, il faudra souvent intervenir, répéter, accompagner et peut-être même être conséquent. C’est sur le long terme que les valeurs de respect de soi et des autres vont s’imprégner.

Ainsi, plus tard, il deviendra peut-être évident pour lui\elle qu’il faut demander avant de caresser ou embrasser quelqu’un, peut-être que votre jeune aura développé la sensibilité de percevoir quant l’autre a envie ou non d’un rapprochement, et il\elle se sentira peut-être plus à l’aise de repousser fermement des avances non désirées et de dénoncer les abus.

PS: J’ai mis il\elle un peu partout, car il y a des abuseurs et des victimes chez les 2 sexes. Je trouverais dommage et sexiste d’enseigner aux garçons à respecter l’autre et aux filles à se respecter elles.

Drames familiaux: Que dire aux enfants?

shutterstock_367939625Maman, pourquoi il a tué ses enfants le monsieur?

Que peut-on répondre aux questions de nos enfants lors des drames familiaux? 

Le récent drame, très médiatisé, dans lequel deux fillettes ont perdu la vie alors qu’elles étaient avec leur père nous a tous laissé sans voix. Cette horrible histoire fait malheureusement écho à de trop nombreuses histoires d’horreur similaires. On se demande tous comment un parent peut s’en prendre à ses enfants.

Mais alors que nous, adultes, sommes bouleversés par ces tragiques événements, qu’en est-il de nos enfants? Difficile de protéger leurs oreilles alors que la télé, la radio et tous les adultes qui les entourent en parlent sans arrêt avec beaucoup d’émotion. Que devrait-on leur dire?

Protéger les jeunes enfants

Tout d’abord, on doit tenter de tenir les jeunes enfants (jusqu’à 6 ans), loin des images du drame et tenter de ne pas en parler devant eux puisqu’ils auront bien du mal à comprendre la situation et même à exprimer leurs craintes et émotions. Toutefois, si on pense qu’ils ont eu conscience du drame et qu’ils posent des questions ou semblent bouleversés,  il est important d’aborder le sujet avec eux et ce, dès l’âge de trois ou quatre ans, avec des mots simples et adaptés à leur âge.

Ouvrir la discussion

On se doit d’abord de prendre le temps de bien cerner ce qu’ils savent et surtout ce qu’ils ont compris des informations auxquelles ils ont été exposés. En effet, les enfants peuvent parfois mélanger des brides d’informations et y ajouter des éléments de leur imaginaire ou de leur vécu.

On commence par lui demander s’il a entendu parler de l’événement. Ensuite, on le laisse parler pour cerner ce qu’il sait et ce qu’il a compris. Si son imagination prend le dessus sur les faits ou s’il rapporte des faussetés, on rectifie ce qu’il n’a pas tout à fait compris, mais sans ajouter trop d’informations. On reste tout aussi concis quand on répond à ses questions.

Si l’enfant vous questionne sur la situation, n’entrez pas dans les détails morbides mais répondez directement et clairement à ses questions sans ajouter d’informations supplémentaires.

Ne vous hasardez pas à tenter d’expliquer le geste du père. C’est, de toute façon, incompréhensible.  En disant des choses comme: « Il devait être malade dans sa tête » ou « il était surement très triste », votre enfant pourrait se mettre à vous craindre lorsque vous serez malade ou triste.

Écouter

On doit ensuite ouvrir la porte à l’expression des émotions et des peurs reliées à la situation. Posez des questions directes et validez l’émotion de l’enfant sans nécessairement le rassurer tout de suite :

« Comment te sens-tu par rapport à ce qui est arrivé? », « As-tu peur quand tu penses à ce qui est arrivé? », « Qu’est-ce qui te fais peur? », « Oui, c’est tellement triste n’est-ce pas? ». Laissez-le en parler aussi souvent et aussi longtemps qu’il en ressentira le besoin.

Donc, on écoute d’abord, puis… on écoute encore. Faites attention à ne pas trop chercher à le rassurer trop rapidement, vous risqueriez de bloquer l’expression de ses émotions. Il vaut mieux, au départ, accueillir et valider ce qu’il vit. En le faisant parler et en l’écoutant, on permet à notre enfant d’extérioriser ses émotions négatives. Il peut aussi dessiner ce que cette situation lui fait vivre ou faire un dessin pour les enfants décédés.

Si l’enfant ne semble pas vouloir en parler, n’insistez pas mais parlez un peu de votre ressenti : « Moi je trouve ça vraiment triste ce qui est arrivé, ça me brise le coeur. Moi non plus je ne comprends pas. »
Les enfants ne comprennent pas tout ce qui se passe, ils se fient sur la réaction des adultes. Plus les adultes leur semblent ébranlés, plus ils comprennent que c’est grave et risquent de développer des peurs et de l’anxiété. Donc il est important de faire attention à nos réactions et à ce qu’on dit, même si les enfants ne semblent pas nous écouter. Si vous semblez inquiets et bouleversés, ils ne vous croiront pas quand vous allez leur dire de ne pas s’inquiéter.

Rassurer

Ce ne sera qu’après avoir laissé l’enfant s’exprimer librement qu’on le rassurera finalement en lui expliquant que ce genre de situation ne risque pas de lui arriver. Certains enfants pourraient craindre que leur propre père s’en prenne à eux. Si c’est le cas, il pourrait être important que papa prenne part à la discussion et rassure les enfants.

On peut aussi conclure en encourageant le jeune à faire quelque chose susceptible de lui faire du bien,
comme de se changer les idées, accepter un gros câlin ou encore pleurer si ça lui fait du bien.

Il est aussi important de savoir que l’enfant risque de revenir quelques fois sur la situation dans les shutterstock_11837170prochains jours, afin d’exprimer une nouvelle émotion ou de poser de nouvelles questions. Chaque fois, on prendra deux ou trois minutes pour recevoir ce que  nous dit l’enfant, pour le rassurer quelque peu
puis changer de sujet afin de ne pas alimenter les pensées négatives de l’enfant. Évitez toutefois de banaliser ses inquiétudes en disant des phrases comme : « Arrête de parler de ça! Va jouer! » Les gestes d’affection comme les câlins et les bisous sont également des façons de montrer à votre enfant que vous êtes présent et que vous le protégez.

Consulter

Si l’enfant est directement touché par la tragédie parce qu’il connaissait les enfants,  il vaut mieux consulter des professionnels pour obtenir de l’aide.

En terminant, certains enfants, plus sensibles ou plus anxieux que d’autres, peuvent développer des symptômes d’anxiété importants à la suite d’une situation semblable. Ainsi quelques enfant
pourraient souffrir de cauchemars récurrents, perte d’appétit, questions
incessantes ou jeu répétitifs représentant la scène, hypervigilance, sursaut continuels, anxiété de séparation, inquiétudes démesurées, sembler «déconnecté » de ses émotions de façon non habituelle, attitude figée, perte de plaisir ou développer des réactions très agressives.

Il sera donc important, dans ce cas, de ne pas hésiter à consulter un spécialiste. Les psychologues sont généralement les meilleurs intervenants dans ces situations e
t il suffit souvent que quelques rencontres afin de régler le problème

Déconfinement progressif, comment se préparer?

Déconfinement progressif, comment se préparer?

Avec le retour en classe facultatif pour les enfants du primaire, nombre de parents se questionnent :

« Est-ce vraiment sécuritaire? »

« Comment réussiront-ils à encadrer les élèves pour qu’ils respectent les règles sanitaires? »

« Et si mon enfant me ramène le virus à la maison et contamine tout le monde? »

« Est-ce que ça ne risque pas de créer de l’anxiété chez nos enfants? »

« Vont-ils vraiment apprendre des choses? »

« Est-ce que mon enfant sera pénalisé si je ne l’envoie qu’en septembre? »

Je vous propose donc quelques pistes de réflexions ainsi que mes propositions pour vivre cette période le plus sereinement possible.

1- S’accueillir dans nos émotions.

Comme parent, il est normal d’être confus et inquiet face au retour en classe de nos enfants ; tout bon parent veut protéger ceux qu’il chérit.

Donnez-vous le droit d’être bouleversé et prenez soin de vous (méditation, marche, larmes, discussion, etc.). Soignez votre propre anxiété pour éviter de la transmettre à vos enfants.

2- Lâcher prise.

Tout le monde a peur d’attraper la COVID-19 et c’est normal. Mais malheureusement, nous n’y échapperons pas. Rappelons que l’objectif du confinement n’a jamais été d’éviter que les gens attrapent le virus, mais d’éviter que nous ne l’attrapions tous EN MÊME TEMPS, de façon à s’assurer que le milieu hospitalier réussisse à fournir des soins à tous.

Mais comme un vaccin ne sera probablement pas rapidement découvert, qu’on reprenne une vie normale maintenant ou plus tard, nous y serons tous exposés un jour ou l’autre. Alors la question n’est pas vraiment « comment me protéger », mais plutôt « à quel moment est-ce plus adéquat (ou moins dramatique) de m’exposer. »

3- Prendre la « moins pire » décision

Il n’existe donc pas de bonne ou de mauvaise décision concernant le retour à l’école des enfants. Cette décision appartient à chacun et devra être évaluée selon :

– L’état de santé de l’enfant et des membres de sa famille ;

– L’âge de l’enfant et sa capacité à respecter assez bien les consignes sanitaires ;

– Le travail des parents (est-ce possible et viable de garder les enfants à la maison ?) ;

– Le rendement académique de l’enfant : s’il est en difficulté scolaire, peut-être serait-il   préférable qu’il consolide ses acquis et profite du soutien de plus petites classes ;

– L’état émotif et les besoins de l’enfant : s’il est très anxieux à l’idée de retourner en classe, peut-être vaut-il mieux attendre. Et s’il vit énormément d’inconfort à travers le confinement et a besoin de voir ses amis, peut-être serait-il mieux qu’il retourne en classe ;

– L’état émotif et les besoins des parents. Si vous n’en pouvez plus d’encadrer les enfants à la maison ou, à l’inverse, si l’idée d’un retour en classe vous angoisse.

4- Être Leader

 Peu importe la décision prise, ça doit être la décision des parents ! Bien qu’il soit possible d’écouter ce que les enfants en pensent, c’est aux parents d’avoir le dernier mot et d’annoncer leur décision finale aux enfants. Ayez alors une attitude de bon leader et dites clairement, fermement, mais chaleureusement à vos enfants ce que vous avez décidé.

Rappelons que le retour en classe est une décision qui appartient aux adultes. Bien qu’on puisse écouter l’opinion des enfants, la décision finale ne doit pas reposer sur leurs épaules.

5- Accueillir et respecter les émotions de l’enfant

Déception, inquiétude, colère, appréhension et joie peuvent alors envahir le cœur des enfants. Peut-être même toutes ces émotions en même temps ! Ils auront besoin d’être accueillis dans ce qu’ils vivent, d’être écoutés, respectés et réconfortés.

6- S’informer

Plus vous et vos enfants aurez d’informations concernant le retour en classe et les différentes modalités, plus tout le monde pourra mieux gérer le stress et l’anxiété liés à cette nouvelle période d’adaptation.

7- Se préparer

 Si vous optez pour le retour en classe, retournez progressivement vers une routine scolaire : ressortez le sac d’école et discutez ensemble des mesures préventives comme la distanciation, le lavage des mains et les autres règles qui seront mises en place. Vous pouvez également faire des mises en situation et fabriquer des affiches pour la maison qui tiendront lieu de rappels.

Quoiqu’il en soit, rappelons-nous que cette période d’adaptation est temporaire et que nous en sortirons tous plus forts !

Ça va bien aller ! 

Voici un petit outil pour vous aider encore plus!!

Cliquez ICI pour y accéder!

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Améliorez la relation avec vos enfants en seulement 3 mois!

ÊTES-VOUS PRÉSENT POUR VOS COCOS?

Et je ne parle pas ici simplement de la quantité de temps passé avec vos jeunes, mais de la qualité et de la profondeur de votre présence.

Je vous laisse y réfléchir quelques minutes.

Vous n’êtes pas certain?

Je vous invite donc à faire un petit exercice tout simple à la maison, une technique très simple, inspirée du programme de Barkley pour les enfants opposants et qui, à coup sûr, améliorera votre relation avec vos jeunes et mêmes vos ados!

Voici l’exercice en question :

5 minutes de cœur à cœur!

CHAQUE jour sans exception, à un moment différent de la journée, mettez vos tâches et occupations de côté pour aller voir votre enfant et passer 5 MINUTES COMPLÈTEMENT GRATUITES AVEC LUI.

Faites-le avec CHACUN de vos enfants, tout-petits comme adolescents, et selon les modalités suivantes:

✅ Ces 5 minutes ne doivent pas être déjà prévues à l’agenda de la journée. (Ni l’aide aux devoirs et leçons, ni l’histoire du soir ne doivent compter dans ces 5 minutes).
.
✅ Pendant cette période, mettez votre chapeau éducatif de côté et branchez-vous sur votre cœur. Inspirez profondément afin de mettre votre tête en veilleuse et vous brancher sur vos émotions.

✅ Pendant ces 5 minutes, tentez de ne faire aucune intervention sur votre enfant, de ne donner aucune consigne et de ne faire aucun reproche. Si vous devez intervenir, faites-le en souriant, de façon chaleureuse et bienveillante, avec un mot d’amour : «Attention mon cœur à ne pas briser ton avion d’accord?»

✅ Tentez d’ignorer les petits comportements indésirables et de reporter certaines interventions à plus tard. Si l’enfant est franchement désagréable ou manque de respect, mettez fin à la période et éloignez-vous sans dire un mot, puis revenez plus tard.

✅ N’enseignez rien et ne tentez pas de diriger l’activité. Soyez simple et authentique et suivez ce que votre enfant désire.

Observez ce qu’il fait ou demandez-lui ce qu’il voudrait que vous fassiez. «Hum… Tu fais une maison en blocs? C’est très réussi! Est-ce je peux t’aider?»
Avec l’ado : «Ouf! Particulier comme musique! Pas certaine que j’aime ça… toi? Qu’est-ce que tu aimes là-dedans?»

✅ Pendant ces 5 minutes, focalisez votre attention à remarquer ce que vous aimez de votre enfant, ce qui vous rend fier de lui, combien vous êtes chanceux d’être son parent. Intéressez-vous à ce qui retient son attention, écoutez et accueillez ce qu’il vous raconte sans faire la morale, souriez, soyez chaleureux et ouvert.

✅ Concentrez-vous à faire sentir à votre jeune que vous êtes heureux d’être son parent, que vous êtes fiers de ce qu’il EST, que vous l’admirez, lui faites confiance et vous sentez privilégié de passer ce temps avec lui.

✅ Terminez cette période par un compliment ou une marque d’affection.

Ensuite…

Tenez un journal de ces moments :

👉 Qu’avez-vous fait?
👉 Qu’avez-vous remarqué?
👉 Comment vous êtes-vous senti?
👉 Notez un petit quelque chose chaque jours.

Peu de familles à qui j’ai proposé cet exercice l’ont fait plus de deux semaine d’affilée! Pourtant, chacune avait noté une AMÉLIORATION NOTABLE de la relation ou, tout au moins, une amélioration de leur état émotif face à leur enfant.

Pourquoi n’ont-ils pas persévéré?
Pas le temps me disent plusieurs…

Tellement de parents se plaignent de la relation médiocre qu’ils ont avec leurs enfants, mais ne sont pas prêts à mettre les efforts nécessaires afin de l’améliorer. Et je constate que plus la relation est difficile, moins les parents ont envie de faire l’effort de renverser la vapeur. L’idée ici n’est pas de juger qui que ce soit, car, même moi j’ai du mal à le faire tous les jours ( en fait… j’oublie ou je rapporte à plus tard puis l’heure du coucher arrive et je ne l’ai pas fait…). Mais je pense qu’il faut se remettre en question, se rappeler que c’est NOUS la locomotive du train des relations familiales, le leader de notre famille. Et il faut se botter les fesses pour faire ce qu’il se doit pour alimenter le positif dans notre famille, arroser les fleurs plutôt que les mauvaises herbes.

Je me demande… et vous? Êtes-vous prêts à mettre l’effort qu’il faut?

Si oui, essayez l’exercice avec vos enfants et partagez vos commentaires, vos impressions et vos remarques dans notre groupe Facebook Héros de nos enfants!

Prochaine étape?

Si vous désirez aller plus loin dans votre démarche afin d’améliorer la relation avec vos enfants, nous vous offrons une multitude de formations pour tous les budgets. Je vous invite à visiter notre site de formations en ligne de l’Institut de coaching familial au http://institutcoachingfamilial.com/ pour plus de détails.

L’anxiété de conformisme…

Toute un équipe!-4

Ne cherchez pas le terme dans vos livres de psychologie, je l’ai inventé de toute pièce pour mettre des mots sur une réalité que j’observe trop souvent chez les enfants que je côtoie. Mais qu’est-ce que c’est? Proche parente de l’anxiété de performance, l’angoisse de conformisme c’est lorsqu’un enfant s’exige de lui-même d’avoir une conduite irréprochable et qu’il développe une  crainte exagérée d’être grondée ou de décevoir parents et amis. 

Ces enfants « mal élevés »

Je suis une éducatrice spécialisée et une coach familiale passionnée par son métier depuis plus de 25 ans. J’ai lu des tonnes de bouquins sur l’éducation des enfants et suivi tout ce qui existait comme formations sur le développement et l’encadrement des enfants. Lorsque je suis devenue une maman, je me sentais bien outillée pour offrir à ma fille un environnement qui lui permettrait de s’épanouir et de devenir une bonne personne. Je m’imaginais alors que, puisque j’avais les bons outils, ce serait facile d’éduquer ma fille.

La génétique étant ce qu’elle est, ma fille a hérité d’un fort tempérament et j’ai eu à gérer de très nombreuses et intenses crises de colère lorsqu’elle était petite. Un jour, alors que j’ai dû, une fois de plus, sortir d’un resto avec une petite poche de patates hurlante sous le bras, l’amie qui m’accompagnait, catastrophée, m’a dit : «  Mon dieu, Nancy! Mais qu’est-ce que tu vas faire avec elle? Tu devrais pourtant savoir comment agir pour faire cesser ses crises. Tu es un cordonnier mal chaussé!

Ce commentaire a eu l’effet d’une douche froide! « Qu’est-ce que je vais faire? », me suis-je demandé. L’éduquer, sapristi!  Ma fille n’avait que 3 ans à l’époque. J’avais donc encore 15 ans devant moi pour lui enseigner la gestion des émotions!  Mais cette situation m’a surtout mis au visage une croyance répandue : un bon parent devrait forcément avoir des enfants qui se conduisent toujours bien. Pourtant, on sait tous que les crises sont totalement normales à cet âge, mais parce que c’était ma fille, elle aurait dû sauter cette étape et se montrer calme et docile en tout temps.

Bien entendu, nous avons travaillé sur sa capacité à tolérer les frustrations et tout est rentré dans l’ordre avant son entrée à la maternelle. Mais cela m’a ouvert les yeux sur la pression incroyable qui pèse sur les parents et, par ricochet, sur les enfants. Par exemple, lorsque j’étais petite, si je faisais une crise au centre commercial, tous les regards désapprobateurs se tournaient vers moi. Je comprenais alors que ma conduite était déplacée. Maintenant, c’est le parent qui est observé! Et, peu importe ce qu’il fera, il y aura quelqu’un pour juger que son intervention était inadéquate.

Enfant sage = bon parents? 

Quelques années plus tard, alors que ma fille avait environ 9 ans, à la remise du bulletin, son enseignante m’a dit : «  Ah ! Emmanuelle! Elle est tellement gentille, cette enfant-là !  On ne l’entend pas. Je n’ai jamais à intervenir. Je pourrais presque l’oublier tellement elle est sage. Vous pouvez être fière d’elle. Ça parait qu’elle a une bonne maman! »

Pardon?  Vous aimez ma fille parce qu’elle se déguise en plante verte dans votre classe et se fait oublier! Je devrais être fière parce que ma fille ne dérange personne!  Et qui se demande si elle est heureuse? Une fois de plus, j’étais confrontée à cette image populaire du « bon-parent-qui-élève-un-bon-enfant-sage-et-docile-qui-ne-dérange-personne ».

Ce soir-là, nous avons eu une bonne discussion, ma fille et moi, sur cette pression qu’elle se mettait d’être toujours parfaite et de ne commettre aucune erreur.  Depuis ce temps, je ne cesse de lui rappeler d’être elle-même, de ne pas avoir peur de décevoir, de se permettre  de faire des erreurs du moment où elle en assume les conséquences. Parce que le conformisme, ça paraît bien, mais ça étouffe la personnalité et la créativité !

Le bulletin de parents

Mon travail m’amène également à observer que de plus en plus d’enfants se retrouvent avec des diagnostics et des étiquettes d’enfants à problème et ce, de plus en plus tôt dans leur développement. Dès la garderie, lorsqu’un enfant fait un peu plus de crises de colère que la moyenne, qu’il semble dans la lune, qu’il socialise peu ou qu’il a du mal à partager les jouets, on tire la sonnette d’alarme. L’intention est bonne, bien sûr; on veut intervenir tôt pour optimiser les chances de réussite de l’enfant. Par contre, beaucoup de parents comprennent alors que leur enfant est « défectueux », qu’il a un problème et n’est pas normal. Ils s’acharnent alors à le faire rentrer dans le moule, mais le moule de l’enfant normal semble, quant à lui, rétrécir de plus en plus.

Les enfants deviennent donc, en quelque sorte, notre « bulletin de parents ».  Et quand notre enfant adopte des comportements dérangeants, nous nous remettons vite en question : Qu’ai-je j’ai fait de travers? Que dois-je faire pour faire cesser illico ces mauvais comportements? Comment dois-je m’y prendre pour que mon enfant rentre vite dans le moule de l’enfant sage et docile?  Nous avons parfois tellement peur que notre marmaille ne soit pas aimée de tous que nous pouvons facilement tomber dans le piège d’exiger d’elle un conformisme exagéré et étouffant.

shutterstock_74353081Devant cette pression, certains enfants se rebellent et s’opposent alors que d’autres développent une peur exagérée de déplaire et carburent à ce que j’appelle de «l’anxiété de conformisme ».  Je parle ici des enfants qui obéissent toujours sagement et s’obligent à adopter un comportement exemplaire en tout temps dans l’espoir de répondre aux attentes des adultes et d’être aimés de leurs parents. Ceux qui craignent sans cesse de commette un faux pas et d’être pris en défaut. Puisqu’ils répondent généralement bien aux attentes des adultes, les parents et les enseignants tiendront à encourager et gratifier ces comportements exemplaires et multiplieront les récompenses et les commentaires de valorisation. En vieillissant, l’enfant risque donc de décoder le message suivant : « Mes parents m’aiment parce que je suis obéissant et que je fais ce qu’on attend de moi. Je suis un « bon enfant » quand j’adopte un comportement exemplaire et, si je commets une erreur, ils seront déçus de moi et je risque le rejet. »

Bien entendu, c’est notre rôle de parent que d’encadrer nos enfants, de leur enseigner les bons comportements et de les guider afin d’en faire des personnes respectueuses et gentilles. Toutefois, je crois qu’il faudrait doser un peu.  Je crois qu’il faudrait leur donner le temps de se développer, d’expérimenter et, surtout, qu’il faudrait leur donner le droit de faire des erreurs et d’en assumer les conséquences. Ainsi, ils apprendront à réfléchir avant d’agir et développeront leur jugement, leur sens des valeurs et leur personnalité plutôt que de simplement obéir aveuglément aux personnes en autorité.

Également, il faut leur faire confiance et être rassuré sur notre style d’éducation. Ce n’est pas parce que Justin pousse et frappe les copains de la garderie qu’il deviendra violent et ce n’est pas parce qu’Anne-Sophie est dans la lune qu’elle a un déficit d’attention.

Finalement, il faut aussi choisir nos priorités dans l’éducation de nos enfants et ne pas tomber dans le piège de relever chacune de leurs erreurs ou d’intervenir sur tous les comportements indésirables. Plusieurs choses se régleront d’elles-mêmes en vieillissant et on peut aussi repousser à plus tard certains apprentissages.

J’aime répéter qu’on a 18 ans (minimum) pour élever un enfant, alors pas de panique!

Pour aller plus loin…

Vous avez reconnu votre enfant ou un enfant que vous aimeriez aider? Voici 2 formations web qui pourraient vous donner des outils efficaces afin d’aider l’enfant à sortir de cette prison qu’est l’anxiété!

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Oui ou non au retrait comme méthode éducative?

Toute un équipe!-2
Est-ce une bonne idée d’envoyer un enfant en retrait à sa chambre ou au coin lorsqu’il se conduit mal?

Quelles sont les indications et contre-indications de cette méthode d’intervention? 

Depuis quelque temps je vois régulièrement circuler sur le web des articles qui décrient l’utilisation du retrait ou du « time out » comme méthode éducative auprès des enfants. Certains auteurs vont jusqu’à dire que cette méthode d’intervention est violente, représente une forme de rejet et est anxiogène pour l’enfant. Je reçois donc nombre de questions de parents inquiets qui craignent d’avoir traumatisé leurs bambins en appliquant une méthode qui leur semblait pourtant adéquate.

Voici ce que j’en pense: « ÇA DÉPEND! »

 

Ça dépend de quoi? 

Ça dépend de l’âge de l’enfant (avant 2 ans c’est rarement efficace);

Ça dépend de l’endroit et de la durée du retrait;

Ça dépend du comportement qu’a eu l’enfant;

…et ça dépend surtout de COMMENT le retrait est appliqué!

 

Mais qu’est-ce que cette technique? 

Le retrait consiste à mettre l’enfant à l’écart pendant quelques minutes lorsqu’il a eu un comportement agressif ou inadéquat. Généralement, les spécialistes suggèrent un retrait équivalent à une minute pas année d’âge ( 5 ans = 5 minutes).

 

Ce que j’en pense? 

Selon moi, le retrait ne devrait jamais être une punition. Il devrait davantage représenter une mesure d’aide permettant de favoriser le retour au calme ou l’arrêt d’agir qu’une mesure punitive. Il ne devrait pas viser à faire vivre un malaise important à l’enfant, mais plutôt lui permettre de se poser, de se calmer et de revenir à une attitude de collaboration. On retire donc l’enfant afin de l’aider à se calmer s’il est en colère ou s’il est trop agité, ou encore on lui demande de se retirer si son attitude est inadéquate ou qu’il refuse de collaborer aux consignes et au règles.

Ce qu’on cherche à entraîner c’est: 

« Quand je suis en colère, que je n’arrive plus à me maîtriser ou lorsque je n’arrive pas à être agréable avec mon entourage,

Je me retire dans un endroit calme

Je prends soin de moi

Je prends des moyens pour me calmer et reprendre la maîtrise de mes émotions

Ensuite j’en discute avec la personne concernée. »

C’est, en fait, ce que tout adulte devrait faire aussi non? Le reste du temps, si une conséquence est nécessaire, les conséquences naturelles et logiques restent préférables.

Voir l’article sur les conséquences

Quels sont les endroits de retrait à privilégier et ceux à éviter? 

Puisque l’objectif n’est pas punitif, le lieu de retrait devrait être relativement agréable pour l’enfant: sa chambre, un coin à l’écart au salon, la table de la cuisine, une petite tente, etc.  On peut également y laisser quelques objets ou petits jeux susceptibles d’aider l’enfant à se calmer: toutous, doudou, blocs Lego, livres, jouets sensoriels, matériel pour dessiner, etc. Ma soeur retirait souvent ses enfants sur le canapé du salon, avec leur doudou, en disant: « Viens te reposer un peu, ça te fera du bien. » Si l’enfant refusait de rester là, elle montait avec lui à sa chambre. Pourquoi pas? Puisque l’objectif est d’aider l’enfant à revenir à de meilleurs sentiments. Il m’est même arrivé de retirer un enfant dans sa salle de jeu afin qu’il retrouve sa bonne humeur! Chez les plus vieux, on pourra même offrir à l’enfant d’aller marcher, le temps de se calmer.

Dans certains cas, en particulier avec les tout-petits ou avec les enfants au tempérament anxieux, il sera préférable que l’adulte accompagne l’enfant en retrait ou reste tout près afin de favoriser la sécurité affective de l’enfant. L’adulte pourra alors guider l’enfant dans l’application de stratégies afin de retrouver son calme ( respirations, détente, etc.). Pour ma part, il m’arrivait souvent de masser ma fille lors de retraits ou de la prendre dans mes bras. D’autres enfants auront plutôt besoin d’être seuls. L’adulte pourra alors s’éloigner et dire à l’enfant qu’il reviendra lorsqu’il sera plus calme. On pourra alors venir vérifier, toutes les cinq à dix minutes, l’état de l’enfant et sa capacité à collaborer.

En ce sens, vous comprendrez que je ne suis pas très partisane du retrait au coin, dans l’escalier, sur une chaise ou un banc « de réflexion » puisque, généralement, ils sont humiliants pour l’enfant et génèrent chez-lui la colère et le ressentiment. De toute façon, ce qu’on tente d’entraîner l’enfant à faire c’est de se retirer lorsque ça ne va pas et de prendre soin de lui pour revenir à de meilleurs sentiments. Personnellement, si j’ai besoin de me calmer lors d’une querelle avec mon copain, ce n’est pas en me plantant le nez dans un coin que je réussirai à me calmer et retrouver le goût de collaborer avec lui!

Quant à la durée, je n’adhère pas non plus à la notion du « une minute par année d’âge » puisque les enfants ont besoin d’un temps variable pour se calmer. On ne va simplement pas prolonger le retrait plus longtemps que nécessaire. Quand l’enfant est calme et collaborateur, le retrait se termine. Toutefois, s’il y a eu gestes de violence ou insultes, il est possible que l’enfant doive assumer une conséquence supplémentaire (Voir l’article sur les conséquences)

Je vous invite à visionner cette vidéo pour mieux saisir mon point de vue sur le retrait au coin: 

Exemples de retraits: 

Mathieu est à la garderie. Ce matin il est très agité, ne respecte pas les consignes et dérange les copains lors de l’activité de groupe. Son éducatrice le retire de l’activité et l’envoie dessiner sur une table à l’écart, le temps qu’il se calme et qu’elle puisse animer son activité.

Justine n’aime pas le repas et est en colère contre sa mère qui a refusé de lui cuisiner autre chose. Elle refuse de manger, ne cesse de rouspéter lors du repas et garde une attitude désagréable malgré les explications de ses parents. Ils la retirent de table et lui demandent d’aller relaxer à sa chambre le temps qu’ils terminent leur repas.

Maxime et Antoine se querellent sans arrêt ce matin. Chacun à leur tour, ils provoquent l’autre et papa sent très bien que les cris et les coups ne tarderont pas. Il envoie ses deux garçons jouer chacun dans leur chambre  pendant quelques minutes afin de faire baisser les tensions.

Simone, 3 ans, fait une bonne grosse crise de colère parce que sa mère refuse de lui donner une 2ème portion de dessert. Malgré l’accueil et les explications de ses parents, elle crie et lance son verre de lait. Papa la prend dans ses bras et se retire avec elle à sa chambre afin de l’aider à se calmer. Toutefois, l’enfant frappe et tente de mordre son père. Monsieur sort donc de la chambre en disant à sa fille:  » Calme toi un peu, respire, papa est juste à côté. » Papa reste près de la porte et s’assure que la fillette ne se blesse pas. Quand elle cesse de frapper, il entre et l’aide à finir de se calmer.

 

10 éléments essentiels afin d’appliquer la méthode du retrait

  1. Le retrait n’est pas une punition mais un moment de pause pour se calmer;
  2. On doit trouver un endroit de retrait à l’écart, agréable et rassurant pour l’enfant ( selon son âge, son tempérament, la configuration de la maison, la fratrie, etc.) L’enfant peut d’ailleurs avoir le choix entre 2 espaces de retrait;
  3. Lors du retrait, vaut mieux permettre à l’enfant de s’occuper à quelque chose qui lui fait du bien et qui l’aide à se calmer ( lire, écouter de la musique, jouer avec ses blocs, etc.);
  4. La télé et les jeux vidéo ne devraient pas être permis lors d’un retrait puisqu’ils augmentent la charge émotive et\ou permettent l’évitement des émotions et non la gestion de celles-ci;
  5. Ce qui fait TOUTE la différence dans l’utilisation du retrait ( ou de n’importe quelle technique!), c’est d’abord l’attitude de l’adulte! L’adulte doit être ferme, calme et emphatique: « OK, ça ne va pas mon coco. Viens avec moi on va aller se calmer un peu. »;
  6. Le retrait doit être motivé par le comportement et les besoins de l’enfant et non appliqué quand le parent est à bout de nerfs. « Tu es retiré parce que TU as besoin de te calmer et non parce que maman en a marre de toi. »;
  7. L’adulte peut accompagner l’enfant en retrait ou rester à proximité si celà semble être le besoin de l’enfant;
  8. La durée du retrait sera variable en fonction des besoins et de l’état de l’enfant. C’est l’adulte qui détermine le moment de la fin du retrait. Il se termine lorsque l’enfant est revenu au calme et prêt à collaborer;
  9. Le retrait ne doit pas être prolongé inutilement;
  10. À la fin d’un retrait, il est préférable de faire un court retour sur la situation afin de rassurer l’enfant et de bien camper nos attentes.

Le retrait à toutes les sauces? 

Attention, le retrait n’est qu’une des techniques d’intervention permis tant d’autres et ne devrait être utilisée qu’occasionnellement. De plus, bien qu’il permette un retour au calme chez l’enfant, il n’est pas suffisant afin d’enseigner la saine gestion des émotions. Si vous constatez que votre enfant s’emporte régulièrement, il vous faudra chercher à comprendre ce qui se passe et tenter de travailler à la source du problème.

Nous offrons plusieurs outils afin de vous aider dans la gestion de la discipline et du quotidien avec vos enfants. 

Textes complémentaires: 

Cessez de répéter, ils ne sont pas sourds

Conséquences ou punitions

Oui ou non au retrait comme méthode éducative? 

 

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La méthode 1-2-3 version SOS Nancy

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Votre enfant a pris la vilaine habitude de vous faire répéter vos consignes plusieurs fois? Possible que ce soit une façon inconsciente d’attirer votre attention. Aussi, puisque que vous répétez chaque jour un nombre variable de fois avant de hausser le ton et de vous mettre en colère, il est aussi fort possible qu’il ne sache simplement pas quelle est sa «marge de manoeuvre. » Voici donc une façon toute simple d’obtenir rapidement davantage de collaboration et d’être plus prévisibles et rassurants pour vos cocos. 

 

ÉTAPE 1: Donnez une consigne courte et claire sur un ton chaleureux, dynamique et agréable. Laissez ensuite quelques secondes ou quelques minutes à l’enfant pour s’exécuter.  

«  J’aimerais que tu ramasses tes jouets avant le repas, SVP mon coco. »

« Justin, pourrais-tu baisser le volume de la télé SVP, c’est un peu trop fort. » 

« Allez ma belle Clara d’amour! C’est l’heure de venir t’habiller pour partir! » 

 

ÉTAPE 2: Soyez plus ferme et clair

Si l’enfant ne collabore pas ou s’il fait de la « surdité sélective », approchez-vous de lui ou demandez-lui de venir vous voir. Répétez shutterstock_76867273votre consigne plus fermement et assurez-vous qu’il a bien compris. Vous pouvez lui annoncer la conséquence qui s’en vient ou lui donner un choix clair. Votre attitude doit être plus froide, plus ferme et déterminée sans toutefois être teintée de colère ou d’agressivité. Évitez les longs discours; plus la consigne est courte, plus vous aurez d’impact. 

« Samuel, tu ramasses tout de suite, allez viens je vais t’aider. » 

«Tu baisses le volume de la télé à 10 ou bien je vais devoir la fermer mon grand. Compris? » 

« Clara, dépose ton jeu et viens t’habiller tout de suite. » 

Restez sur place pour vous assurer que l’enfant s’exécute.  À ce stade, vous pouvez faire un décompte: « 5-4-3-2-1 »

 

ÉTAPE 3: Agissez

Laissez encore un délai d’une à 2 minutes puis agissez en donnant très peu d’attention. Appliquez une conséquence logique ou encore poser une action afin de mettre fin à la situation. Par exemple: 

    • Prendre Samuel par la main et l’amener jusqu’à ses jouets et lui en tendre un. 
    • Fermer la télé et ne pas permettre que l’enfant la rallume pendant quelques heures.
    • Enlever à Clara le jeu qu’elle a dans les mains et la prendre par la main pour l’escorter jusqu’à la porte. 

Si l’enfant s’oppose toujours ou fait une crise, il vous faudra peut-être appliquer un retrait le temps qu’il se calme et accepte de collaborer (voir l’article sur le retrait).

À éviter:

Les ordres données sur un ton bourru: « T’es sourd ou quoi? Baisse le volume j’ai dit! »

Les consignes vagues et imprécises: « Tu ne crois pas qu’il faudrait ranger un peu… »

Les plaintes: « J’en ai marre que les jouets traînent partout… »

Les attaques: « Que tu es lente, une vraie tortue! Tu ne peux pas te dépêcher un peu! »

Le sarcasme: « Ha! Tant pis pour toi! Tu n’avais qu’à obéir! »

Voir la vidéo: 

Bien entendu, il n’y a AUCUNE stratégie d’intervention magique qui fonctionne à tout coup. De plus, il importe de varier vos interventions. La méthode 1-2-3 est une bonne méthode mais peut ne pas convenir à certains enfants ou à votre style éducatif. Ça tombe bien, il existe des tonnes de bonnes façons de faire. Finalement, certaines situations, comme les gestes de violence et les insultes, demandent une intervention ferme et immédiate, sans avertissement préalable. Vous connaissez ma devise: « ÇA DÉPEND! »
À vous de faire aller votre « GROS BON SENS » et d’adapter ces stratégies à la situation et à l’enfant.

Nous offrons plusieurs outils afin de vous aider dans la gestion de la discipline et du quotidien avec vos enfants. 

Textes complémentaires: 

Cessez de répéter, ils ne sont pas sourds

Conséquences ou punitions

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Au-delà des mesures punitives, comment susciter la collaboration des enfants par une approche bienveillante et respectueuse ?

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L’explosion du perfectionnisme parental

Quelle pression mettons-nous à nos enfants pour qu’ils soient « bien sages »?

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Je suis une éducatrice spécialisée et coach familial, passionnée de mon métier, depuis plus de 25 ans. J’ai lu des tonnes de bouquins sur l’éducation des enfants et suivi tout ce qui existait comme formations sur le développement et l’encadrements des enfants. Lorsque je suis devenue maman, je me sentais bien outillée pour offrir à ma fille un environnement qui lui permettrait de s’épanouir et de devenir une bonne personne. Je m’imaginais alors que, puisque j’avais les bons outils, ce serait facile d’éduquer ma fille. La génétique étant ce qu’elle est, ma fille a hérité d’un fort tempérament et j’ai eu à gérer de très nombreuses et intenses crises de colère quand elle était petite. Un jour que je dû, une fois de plus, sortir d’un resto avec une petite « poche de patates hurlante » sous le bras, l’amie qui m’accompagnait me dit, catastrophée: «  Ho mon dieu Nancy! Mais qu’est-ce que tu vas faire avec elle? Tu devrais pourtant savoir quoi faire pour faire cesser ses crises. Tu es un «cordonnier mal chaussé »! 

Ça m’a fait l’effet d’une douche d’eau froide! Qu’est-ce que je vais faire? L’éduquer sapristit! Elle n’avait que 2 ans à l’époque. J’avais encore bien 16 ans devant moi pour lui enseigner la gestion des émotions. Mais ça m’a surtout mis au visage une croyance répandue: Un bon parent devrait forcément avoir des enfants qui se conduisent toujours bien! Pourtant, on sait tous que les crises sont totalement normales à cet âge. Mais voilà, parce qu’elle était ma fille, elle aurait du sauter cette étape et se montrer calme et docile en tout temps. Bien entendu, nous avons travaillé sur sa capacité à tolérer les frustrations et tout est renté dans l’ordre avant son entrée à la maternelle. Mais ça m’a surtout ouvert les yeux sur la pression incroyable qui pèse sur les parents et, par ricochet, sur les enfants. Quand j’étais petite, si je faisais une crise au centre commercial, tous les regards désapprobateurs se tournaient vers MOI. Je comprenais alors que ma conduite était déplacée. Maintenant, c’est le parent qui est observé en pareille circonstance. Et, peu importe ce qu’il fera, il y aura quelqu’un pour juger que son intervention était inadéquate! 

Quelques années plus tard, alors que ma fille avait environs 9 ans, un nouvel événement m’a encore fait réfléchir. À la remise du bulletin, son enseignante m’a dit: «  Ha! Emmanuelle! Vous pouvez être fière d’elle. J’en prendrai 12 comme elle dans ma classe. Elle est tellement gentille cette enfant, on ne l’entend pas. Je n’ai jamais à intervenir sur elle. Je pourrais presque l’oublier tellement elle est sage. » Ma réponse a laissé l’enseignante pantoise: « Quoi? Vous aimez ma fille parce qu’elle fait la plante verte dans votre classe? Vous la trouvez gentille parce qu’elle se fait oublier? Je devrais être fière parce que ma fille ne dérange personne? Et qui se demande si elle est heureuse? » Furieuse, je suis partie sans attendre et je suis allé retrouver ma fille pour une bonne discussion.

J’étais une nouvelle fois confrontée à cette image populaire du bon-parent-qui-élève-un-bon-enfant-sage-21 NOVEMBRE AMBIANCE - FINALE 2 copie
et-docile. Ce soir là, nous avons eu une bonne discussion, ma fille et moi, sur cette pression qu’elle se mettait d’être toujours parfaite, d’être aimée de tous et de ne commettre aucune erreur.  Et, depuis ce temps, je m’emploie à lui rappeler d’être elle-même, de ne pas avoir peur de décevoir, de se permettre de faire des erreurs, du moment où elle en assume les conséquences. Parce que le conformisme, ça parait bien, mais ça étouffe la personnalité et la créativité. Et, dans bien des cas, ça conduit tout droit à de l’anxiété. Aujourd’hui, elle n’hésite pas à questionner ce qui l’entoure, remettre en question les règles, s’affirmer et elle ose lâcher son fou! Vous auriez dû la voir en pyjama de raton-laveur lorsqu’elle est allée rendre visite à sa grand-mère à l’hôpital. Un des dernier fou rire que ma mère a eu avant de décéder. Et l’avez-vous vu à ma conférence costumée en Super Girl? C’est quand elle est elle-même et qu’elle s’assume que je suis le plus fier de ma grande fille. 

Le moule étroit de l’enfant « normal » 

Mon travail m’amène également à observer que de plus en plus d’enfants se retrouvent avec des diagnostics et des étiquettes d’enfants à problème et ce, de plus en plus tôt dans leur développement. Dès la garderie, quand un enfant fait un peu plus de crises de colère que la moyenne, qu’il semble dans la lune, qu’il socialise peu ou qu’il a du mal à partager les jouets, on tire la sonnette d’alarme. L’intention est bonne bien sûr : on veut intervenir tôt pour optimiser les chances de réussite de l’enfant. Par contre, beaucoup de parents comprennent alors que leur enfant est « défectueux », qu’il a un problème et n’est pas normal. Ils s’acharnent alors à le faire rentrer dans le moule. Mais le moule de l’enfant normal semble rétrécir de plus en plus pendant que le nombre d’enfants avec des diagnostics variés (et parfois plusieurs) explose. Des enseignants me racontent que, dans bien des classes de cinquième et de sixième année du primaire, c’est plus du tiers des élèves qui ont un diagnostic de trouble quelconque. La plupart de ces enfants sont sous médication.

Explosion du perfectionnisme parental

Les enfant deviennent donc, en quelque sorte, notre « bulletin de parents ».  Et quand notre enfant adopte des comportements dérangeants, on se remet vite en question:  « Qu’est-ce que j’ai fait de travers?» « Que dois-je faire pour faire cesser illico ces mauvais comportements? » ,«Comment dois-je m’y prendre pour que mon enfant rentre vite dans le moule de l’enfant-performant-sage-et-docile-qui-ne-dérange-personne? » Nous avons parfois tellement peur que notre marmaille ne soit pas aimée de tous qu’on peut facilement tomber dans le piège  d’exiger d’eux un conformisme exagéré et étouffant.

shutterstock_167447348 copieDevant cette pression, certains enfants se rebellent et s’opposent alors que d’autres développent une peur exagérée de déplaire et carburent à ce que j’appelle de « l’anxiété de conformisme ». Je parle ici des enfants sous tension, ceux qui obéissent sagement et s’obligent à adopter un comportement exemplaire en tout temps dans l’espoir de répondre aux attentes des adultes et d’être aimés de leurs parents exigeants. Ceux qui craignent sans cesse de commette un faux pas et d’être pris en défaut. Puisqu’ils répondent généralement bien aux attentes des adultes, les parents et les enseignants tiendront à encourager et gratifier ces comportements exemplaires et multiplieront les récompenses et valorisations. En vieillissant, l’enfant risque donc de décoder le message suivant : « Mes parents m’aiment PARCE QUE je suis obéissant, que je fais ce qu’on attend de moi. Je suis un « bon enfant » quand j’adopte un comportement exemplaire et, donc, si je commet une erreur, ils seront déçus de moi et je risque le rejet. » 

« Tout le monde est un génie ; mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper aux arbres, il passera sa vie à croire qu’il est stupide » – Albert Einstein

Mais que faire? 

Bien entendu, c’est notre rôle de parent que d’encadrer nos enfants, de leur enseigner les bon comportements et les guider afin d’en faire des personnes respectueuses et gentilles. Toutefois, je crois qu’il nous faudrait doser un peu, leur donner le temps de se développer, d’expérimenter et, surtout, leur donner le droit de faire des erreurs et d’en assumer les conséquences. Ainsi, ils apprendront à réfléchir avant d’agir et développeront leur jugement, leur sens des valeurs et leur personnalité plutôt que de simplement obéir aveuglément aux personnes en autorité. Il faut aussi leur faire confiance et faire confiance en notre éducation. Ce n’est pas parce que Justin pousse et frappe les copains de la garderie qu’il deviendra violent et ce n’est pas parce que Anne-Sophie est dans la lune en première année qu’il a un déficit d’attention. Et, finalement, il faut aussi choisir nos priorités dans l’éducation de nos enfants et ne pas tomber dans le piège de relever chacune de leurs erreurs ou d’intervenir sur tous les comportements indésirables. Plusieurs choses se règleront d’elles-même en vieillissant et on peut aussi repousser  plus tard certains apprentissages. J’aime à répéter qu’on a 18 ans pour élever un enfant, alors pas de panique! 

Nancy Doyon

coach familial

 

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Textes complémentaires: 

 

Les enfants fantômes: la détresse des enfants trop sages

Arrêtons de « casser » les enfants!

Enseigner le bonheur aux enfants

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