A propos Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »

Drames familiaux: Que dire aux enfants?

shutterstock_367939625Maman, pourquoi il a tué ses enfants le monsieur?

Que peut-on répondre aux questions de nos enfants lors des drames familiaux? 

Le récent drame, très médiatisé, dans lequel deux fillettes ont perdu la vie alors qu’elles étaient avec leur père nous a tous laissé sans voix. Cette horrible histoire fait malheureusement écho à de trop nombreuses histoires d’horreur similaires. On se demande tous comment un parent peut s’en prendre à ses enfants.

Mais alors que nous, adultes, sommes bouleversés par ces tragiques événements, qu’en est-il de nos enfants? Difficile de protéger leurs oreilles alors que la télé, la radio et tous les adultes qui les entourent en parlent sans arrêt avec beaucoup d’émotion. Que devrait-on leur dire?

Protéger les jeunes enfants

Tout d’abord, on doit tenter de tenir les jeunes enfants (jusqu’à 6 ans), loin des images du drame et tenter de ne pas en parler devant eux puisqu’ils auront bien du mal à comprendre la situation et même à exprimer leurs craintes et émotions. Toutefois, si on pense qu’ils ont eu conscience du drame et qu’ils posent des questions ou semblent bouleversés,  il est important d’aborder le sujet avec eux et ce, dès l’âge de trois ou quatre ans, avec des mots simples et adaptés à leur âge.

Ouvrir la discussion

On se doit d’abord de prendre le temps de bien cerner ce qu’ils savent et surtout ce qu’ils ont compris des informations auxquelles ils ont été exposés. En effet, les enfants peuvent parfois mélanger des brides d’informations et y ajouter des éléments de leur imaginaire ou de leur vécu.

On commence par lui demander s’il a entendu parler de l’événement. Ensuite, on le laisse parler pour cerner ce qu’il sait et ce qu’il a compris. Si son imagination prend le dessus sur les faits ou s’il rapporte des faussetés, on rectifie ce qu’il n’a pas tout à fait compris, mais sans ajouter trop d’informations. On reste tout aussi concis quand on répond à ses questions.

Si l’enfant vous questionne sur la situation, n’entrez pas dans les détails morbides mais répondez directement et clairement à ses questions sans ajouter d’informations supplémentaires.

Ne vous hasardez pas à tenter d’expliquer le geste du père. C’est, de toute façon, incompréhensible.  En disant des choses comme: « Il devait être malade dans sa tête » ou « il était surement très triste », votre enfant pourrait se mettre à vous craindre lorsque vous serez malade ou triste.

Écouter

On doit ensuite ouvrir la porte à l’expression des émotions et des peurs reliées à la situation. Posez des questions directes et validez l’émotion de l’enfant sans nécessairement le rassurer tout de suite :

« Comment te sens-tu par rapport à ce qui est arrivé? », « As-tu peur quand tu penses à ce qui est arrivé? », « Qu’est-ce qui te fais peur? », « Oui, c’est tellement triste n’est-ce pas? ». Laissez-le en parler aussi souvent et aussi longtemps qu’il en ressentira le besoin.

Donc, on écoute d’abord, puis… on écoute encore. Faites attention à ne pas trop chercher à le rassurer trop rapidement, vous risqueriez de bloquer l’expression de ses émotions. Il vaut mieux, au départ, accueillir et valider ce qu’il vit. En le faisant parler et en l’écoutant, on permet à notre enfant d’extérioriser ses émotions négatives. Il peut aussi dessiner ce que cette situation lui fait vivre ou faire un dessin pour les enfants décédés.

Si l’enfant ne semble pas vouloir en parler, n’insistez pas mais parlez un peu de votre ressenti : « Moi je trouve ça vraiment triste ce qui est arrivé, ça me brise le coeur. Moi non plus je ne comprends pas. »
Les enfants ne comprennent pas tout ce qui se passe, ils se fient sur la réaction des adultes. Plus les adultes leur semblent ébranlés, plus ils comprennent que c’est grave et risquent de développer des peurs et de l’anxiété. Donc il est important de faire attention à nos réactions et à ce qu’on dit, même si les enfants ne semblent pas nous écouter. Si vous semblez inquiets et bouleversés, ils ne vous croiront pas quand vous allez leur dire de ne pas s’inquiéter.

Rassurer

Ce ne sera qu’après avoir laissé l’enfant s’exprimer librement qu’on le rassurera finalement en lui expliquant que ce genre de situation ne risque pas de lui arriver. Certains enfants pourraient craindre que leur propre père s’en prenne à eux. Si c’est le cas, il pourrait être important que papa prenne part à la discussion et rassure les enfants.

On peut aussi conclure en encourageant le jeune à faire quelque chose susceptible de lui faire du bien,
comme de se changer les idées, accepter un gros câlin ou encore pleurer si ça lui fait du bien.

Il est aussi important de savoir que l’enfant risque de revenir quelques fois sur la situation dans les shutterstock_11837170prochains jours, afin d’exprimer une nouvelle émotion ou de poser de nouvelles questions. Chaque fois, on prendra deux ou trois minutes pour recevoir ce que  nous dit l’enfant, pour le rassurer quelque peu
puis changer de sujet afin de ne pas alimenter les pensées négatives de l’enfant. Évitez toutefois de banaliser ses inquiétudes en disant des phrases comme : « Arrête de parler de ça! Va jouer! » Les gestes d’affection comme les câlins et les bisous sont également des façons de montrer à votre enfant que vous êtes présent et que vous le protégez.

Consulter

Si l’enfant est directement touché par la tragédie parce qu’il connaissait les enfants,  il vaut mieux consulter des professionnels pour obtenir de l’aide.

En terminant, certains enfants, plus sensibles ou plus anxieux que d’autres, peuvent développer des symptômes d’anxiété importants à la suite d’une situation semblable. Ainsi quelques enfant
pourraient souffrir de cauchemars récurrents, perte d’appétit, questions
incessantes ou jeu répétitifs représentant la scène, hypervigilance, sursaut continuels, anxiété de séparation, inquiétudes démesurées, sembler «déconnecté » de ses émotions de façon non habituelle, attitude figée, perte de plaisir ou développer des réactions très agressives.

Il sera donc important, dans ce cas, de ne pas hésiter à consulter un spécialiste. Les psychologues sont généralement les meilleurs intervenants dans ces situations e
t il suffit souvent que quelques rencontres afin de régler le problème

Déconfinement progressif, comment se préparer?

Déconfinement progressif, comment se préparer?

Avec le retour en classe facultatif pour les enfants du primaire, nombre de parents se questionnent :

« Est-ce vraiment sécuritaire? »

« Comment réussiront-ils à encadrer les élèves pour qu’ils respectent les règles sanitaires? »

« Et si mon enfant me ramène le virus à la maison et contamine tout le monde? »

« Est-ce que ça ne risque pas de créer de l’anxiété chez nos enfants? »

« Vont-ils vraiment apprendre des choses? »

« Est-ce que mon enfant sera pénalisé si je ne l’envoie qu’en septembre? »

Je vous propose donc quelques pistes de réflexions ainsi que mes propositions pour vivre cette période le plus sereinement possible.

1- S’accueillir dans nos émotions.

Comme parent, il est normal d’être confus et inquiet face au retour en classe de nos enfants ; tout bon parent veut protéger ceux qu’il chérit.

Donnez-vous le droit d’être bouleversé et prenez soin de vous (méditation, marche, larmes, discussion, etc.). Soignez votre propre anxiété pour éviter de la transmettre à vos enfants.

2- Lâcher prise.

Tout le monde a peur d’attraper la COVID-19 et c’est normal. Mais malheureusement, nous n’y échapperons pas. Rappelons que l’objectif du confinement n’a jamais été d’éviter que les gens attrapent le virus, mais d’éviter que nous ne l’attrapions tous EN MÊME TEMPS, de façon à s’assurer que le milieu hospitalier réussisse à fournir des soins à tous.

Mais comme un vaccin ne sera probablement pas rapidement découvert, qu’on reprenne une vie normale maintenant ou plus tard, nous y serons tous exposés un jour ou l’autre. Alors la question n’est pas vraiment « comment me protéger », mais plutôt « à quel moment est-ce plus adéquat (ou moins dramatique) de m’exposer. »

3- Prendre la « moins pire » décision

Il n’existe donc pas de bonne ou de mauvaise décision concernant le retour à l’école des enfants. Cette décision appartient à chacun et devra être évaluée selon :

– L’état de santé de l’enfant et des membres de sa famille ;

– L’âge de l’enfant et sa capacité à respecter assez bien les consignes sanitaires ;

– Le travail des parents (est-ce possible et viable de garder les enfants à la maison ?) ;

– Le rendement académique de l’enfant : s’il est en difficulté scolaire, peut-être serait-il   préférable qu’il consolide ses acquis et profite du soutien de plus petites classes ;

– L’état émotif et les besoins de l’enfant : s’il est très anxieux à l’idée de retourner en classe, peut-être vaut-il mieux attendre. Et s’il vit énormément d’inconfort à travers le confinement et a besoin de voir ses amis, peut-être serait-il mieux qu’il retourne en classe ;

– L’état émotif et les besoins des parents. Si vous n’en pouvez plus d’encadrer les enfants à la maison ou, à l’inverse, si l’idée d’un retour en classe vous angoisse.

4- Être Leader

 Peu importe la décision prise, ça doit être la décision des parents ! Bien qu’il soit possible d’écouter ce que les enfants en pensent, c’est aux parents d’avoir le dernier mot et d’annoncer leur décision finale aux enfants. Ayez alors une attitude de bon leader et dites clairement, fermement, mais chaleureusement à vos enfants ce que vous avez décidé.

Rappelons que le retour en classe est une décision qui appartient aux adultes. Bien qu’on puisse écouter l’opinion des enfants, la décision finale ne doit pas reposer sur leurs épaules.

5- Accueillir et respecter les émotions de l’enfant

Déception, inquiétude, colère, appréhension et joie peuvent alors envahir le cœur des enfants. Peut-être même toutes ces émotions en même temps ! Ils auront besoin d’être accueillis dans ce qu’ils vivent, d’être écoutés, respectés et réconfortés.

6- S’informer

Plus vous et vos enfants aurez d’informations concernant le retour en classe et les différentes modalités, plus tout le monde pourra mieux gérer le stress et l’anxiété liés à cette nouvelle période d’adaptation.

7- Se préparer

 Si vous optez pour le retour en classe, retournez progressivement vers une routine scolaire : ressortez le sac d’école et discutez ensemble des mesures préventives comme la distanciation, le lavage des mains et les autres règles qui seront mises en place. Vous pouvez également faire des mises en situation et fabriquer des affiches pour la maison qui tiendront lieu de rappels.

Quoiqu’il en soit, rappelons-nous que cette période d’adaptation est temporaire et que nous en sortirons tous plus forts !

Ça va bien aller ! 

Voici un petit outil pour vous aider encore plus!!

Cliquez ICI pour y accéder!

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Améliorez la relation avec vos enfants en seulement 3 mois!

ÊTES-VOUS PRÉSENT POUR VOS COCOS?

Et je ne parle pas ici simplement de la quantité de temps passé avec vos jeunes, mais de la qualité et de la profondeur de votre présence.

Je vous laisse y réfléchir quelques minutes.

Vous n’êtes pas certain?

Je vous invite donc à faire un petit exercice tout simple à la maison, une technique très simple, inspirée du programme de Barkley pour les enfants opposants et qui, à coup sûr, améliorera votre relation avec vos jeunes et mêmes vos ados!

Voici l’exercice en question :

5 minutes de cœur à cœur!

CHAQUE jour sans exception, à un moment différent de la journée, mettez vos tâches et occupations de côté pour aller voir votre enfant et passer 5 MINUTES COMPLÈTEMENT GRATUITES AVEC LUI.

Faites-le avec CHACUN de vos enfants, tout-petits comme adolescents, et selon les modalités suivantes:

✅ Ces 5 minutes ne doivent pas être déjà prévues à l’agenda de la journée. (Ni l’aide aux devoirs et leçons, ni l’histoire du soir ne doivent compter dans ces 5 minutes).
.
✅ Pendant cette période, mettez votre chapeau éducatif de côté et branchez-vous sur votre cœur. Inspirez profondément afin de mettre votre tête en veilleuse et vous brancher sur vos émotions.

✅ Pendant ces 5 minutes, tentez de ne faire aucune intervention sur votre enfant, de ne donner aucune consigne et de ne faire aucun reproche. Si vous devez intervenir, faites-le en souriant, de façon chaleureuse et bienveillante, avec un mot d’amour : «Attention mon cœur à ne pas briser ton avion d’accord?»

✅ Tentez d’ignorer les petits comportements indésirables et de reporter certaines interventions à plus tard. Si l’enfant est franchement désagréable ou manque de respect, mettez fin à la période et éloignez-vous sans dire un mot, puis revenez plus tard.

✅ N’enseignez rien et ne tentez pas de diriger l’activité. Soyez simple et authentique et suivez ce que votre enfant désire.

Observez ce qu’il fait ou demandez-lui ce qu’il voudrait que vous fassiez. «Hum… Tu fais une maison en blocs? C’est très réussi! Est-ce je peux t’aider?»
Avec l’ado : «Ouf! Particulier comme musique! Pas certaine que j’aime ça… toi? Qu’est-ce que tu aimes là-dedans?»

✅ Pendant ces 5 minutes, focalisez votre attention à remarquer ce que vous aimez de votre enfant, ce qui vous rend fier de lui, combien vous êtes chanceux d’être son parent. Intéressez-vous à ce qui retient son attention, écoutez et accueillez ce qu’il vous raconte sans faire la morale, souriez, soyez chaleureux et ouvert.

✅ Concentrez-vous à faire sentir à votre jeune que vous êtes heureux d’être son parent, que vous êtes fiers de ce qu’il EST, que vous l’admirez, lui faites confiance et vous sentez privilégié de passer ce temps avec lui.

✅ Terminez cette période par un compliment ou une marque d’affection.

Ensuite…

Tenez un journal de ces moments :

👉 Qu’avez-vous fait?
👉 Qu’avez-vous remarqué?
👉 Comment vous êtes-vous senti?
👉 Notez un petit quelque chose chaque jours.

Peu de familles à qui j’ai proposé cet exercice l’ont fait plus de deux semaine d’affilée! Pourtant, chacune avait noté une AMÉLIORATION NOTABLE de la relation ou, tout au moins, une amélioration de leur état émotif face à leur enfant.

Pourquoi n’ont-ils pas persévéré?
Pas le temps me disent plusieurs…

Tellement de parents se plaignent de la relation médiocre qu’ils ont avec leurs enfants, mais ne sont pas prêts à mettre les efforts nécessaires afin de l’améliorer. Et je constate que plus la relation est difficile, moins les parents ont envie de faire l’effort de renverser la vapeur. L’idée ici n’est pas de juger qui que ce soit, car, même moi j’ai du mal à le faire tous les jours ( en fait… j’oublie ou je rapporte à plus tard puis l’heure du coucher arrive et je ne l’ai pas fait…). Mais je pense qu’il faut se remettre en question, se rappeler que c’est NOUS la locomotive du train des relations familiales, le leader de notre famille. Et il faut se botter les fesses pour faire ce qu’il se doit pour alimenter le positif dans notre famille, arroser les fleurs plutôt que les mauvaises herbes.

Je me demande… et vous? Êtes-vous prêts à mettre l’effort qu’il faut?

Si oui, essayez l’exercice avec vos enfants et partagez vos commentaires, vos impressions et vos remarques dans notre groupe Facebook Héros de nos enfants!

Prochaine étape?

Si vous désirez aller plus loin dans votre démarche afin d’améliorer la relation avec vos enfants, nous vous offrons une multitude de formations pour tous les budgets. Je vous invite à visiter notre site de formations en ligne de l’Institut de coaching familial au http://institutcoachingfamilial.com/ pour plus de détails.

L’anxiété de conformisme…

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Ne cherchez pas le terme dans vos livres de psychologie, je l’ai inventé de toute pièce pour mettre des mots sur une réalité que j’observe trop souvent chez les enfants que je côtoie. Mais qu’est-ce que c’est? Proche parente de l’anxiété de performance, l’angoisse de conformisme c’est lorsqu’un enfant s’exige de lui-même d’avoir une conduite irréprochable et qu’il développe une  crainte exagérée d’être grondée ou de décevoir parents et amis. 

Ces enfants « mal élevés »

Je suis une éducatrice spécialisée et une coach familiale passionnée par son métier depuis plus de 25 ans. J’ai lu des tonnes de bouquins sur l’éducation des enfants et suivi tout ce qui existait comme formations sur le développement et l’encadrement des enfants. Lorsque je suis devenue une maman, je me sentais bien outillée pour offrir à ma fille un environnement qui lui permettrait de s’épanouir et de devenir une bonne personne. Je m’imaginais alors que, puisque j’avais les bons outils, ce serait facile d’éduquer ma fille.

La génétique étant ce qu’elle est, ma fille a hérité d’un fort tempérament et j’ai eu à gérer de très nombreuses et intenses crises de colère lorsqu’elle était petite. Un jour, alors que j’ai dû, une fois de plus, sortir d’un resto avec une petite poche de patates hurlante sous le bras, l’amie qui m’accompagnait, catastrophée, m’a dit : «  Mon dieu, Nancy! Mais qu’est-ce que tu vas faire avec elle? Tu devrais pourtant savoir comment agir pour faire cesser ses crises. Tu es un cordonnier mal chaussé!

Ce commentaire a eu l’effet d’une douche froide! « Qu’est-ce que je vais faire? », me suis-je demandé. L’éduquer, sapristi!  Ma fille n’avait que 3 ans à l’époque. J’avais donc encore 15 ans devant moi pour lui enseigner la gestion des émotions!  Mais cette situation m’a surtout mis au visage une croyance répandue : un bon parent devrait forcément avoir des enfants qui se conduisent toujours bien. Pourtant, on sait tous que les crises sont totalement normales à cet âge, mais parce que c’était ma fille, elle aurait dû sauter cette étape et se montrer calme et docile en tout temps.

Bien entendu, nous avons travaillé sur sa capacité à tolérer les frustrations et tout est rentré dans l’ordre avant son entrée à la maternelle. Mais cela m’a ouvert les yeux sur la pression incroyable qui pèse sur les parents et, par ricochet, sur les enfants. Par exemple, lorsque j’étais petite, si je faisais une crise au centre commercial, tous les regards désapprobateurs se tournaient vers moi. Je comprenais alors que ma conduite était déplacée. Maintenant, c’est le parent qui est observé! Et, peu importe ce qu’il fera, il y aura quelqu’un pour juger que son intervention était inadéquate.

Enfant sage = bon parents? 

Quelques années plus tard, alors que ma fille avait environ 9 ans, à la remise du bulletin, son enseignante m’a dit : «  Ah ! Emmanuelle! Elle est tellement gentille, cette enfant-là !  On ne l’entend pas. Je n’ai jamais à intervenir. Je pourrais presque l’oublier tellement elle est sage. Vous pouvez être fière d’elle. Ça parait qu’elle a une bonne maman! »

Pardon?  Vous aimez ma fille parce qu’elle se déguise en plante verte dans votre classe et se fait oublier! Je devrais être fière parce que ma fille ne dérange personne!  Et qui se demande si elle est heureuse? Une fois de plus, j’étais confrontée à cette image populaire du « bon-parent-qui-élève-un-bon-enfant-sage-et-docile-qui-ne-dérange-personne ».

Ce soir-là, nous avons eu une bonne discussion, ma fille et moi, sur cette pression qu’elle se mettait d’être toujours parfaite et de ne commettre aucune erreur.  Depuis ce temps, je ne cesse de lui rappeler d’être elle-même, de ne pas avoir peur de décevoir, de se permettre  de faire des erreurs du moment où elle en assume les conséquences. Parce que le conformisme, ça paraît bien, mais ça étouffe la personnalité et la créativité !

Le bulletin de parents

Mon travail m’amène également à observer que de plus en plus d’enfants se retrouvent avec des diagnostics et des étiquettes d’enfants à problème et ce, de plus en plus tôt dans leur développement. Dès la garderie, lorsqu’un enfant fait un peu plus de crises de colère que la moyenne, qu’il semble dans la lune, qu’il socialise peu ou qu’il a du mal à partager les jouets, on tire la sonnette d’alarme. L’intention est bonne, bien sûr; on veut intervenir tôt pour optimiser les chances de réussite de l’enfant. Par contre, beaucoup de parents comprennent alors que leur enfant est « défectueux », qu’il a un problème et n’est pas normal. Ils s’acharnent alors à le faire rentrer dans le moule, mais le moule de l’enfant normal semble, quant à lui, rétrécir de plus en plus.

Les enfants deviennent donc, en quelque sorte, notre « bulletin de parents ».  Et quand notre enfant adopte des comportements dérangeants, nous nous remettons vite en question : Qu’ai-je j’ai fait de travers? Que dois-je faire pour faire cesser illico ces mauvais comportements? Comment dois-je m’y prendre pour que mon enfant rentre vite dans le moule de l’enfant sage et docile?  Nous avons parfois tellement peur que notre marmaille ne soit pas aimée de tous que nous pouvons facilement tomber dans le piège d’exiger d’elle un conformisme exagéré et étouffant.

shutterstock_74353081Devant cette pression, certains enfants se rebellent et s’opposent alors que d’autres développent une peur exagérée de déplaire et carburent à ce que j’appelle de «l’anxiété de conformisme ».  Je parle ici des enfants qui obéissent toujours sagement et s’obligent à adopter un comportement exemplaire en tout temps dans l’espoir de répondre aux attentes des adultes et d’être aimés de leurs parents. Ceux qui craignent sans cesse de commette un faux pas et d’être pris en défaut. Puisqu’ils répondent généralement bien aux attentes des adultes, les parents et les enseignants tiendront à encourager et gratifier ces comportements exemplaires et multiplieront les récompenses et les commentaires de valorisation. En vieillissant, l’enfant risque donc de décoder le message suivant : « Mes parents m’aiment parce que je suis obéissant et que je fais ce qu’on attend de moi. Je suis un « bon enfant » quand j’adopte un comportement exemplaire et, si je commets une erreur, ils seront déçus de moi et je risque le rejet. »

Bien entendu, c’est notre rôle de parent que d’encadrer nos enfants, de leur enseigner les bons comportements et de les guider afin d’en faire des personnes respectueuses et gentilles. Toutefois, je crois qu’il faudrait doser un peu.  Je crois qu’il faudrait leur donner le temps de se développer, d’expérimenter et, surtout, qu’il faudrait leur donner le droit de faire des erreurs et d’en assumer les conséquences. Ainsi, ils apprendront à réfléchir avant d’agir et développeront leur jugement, leur sens des valeurs et leur personnalité plutôt que de simplement obéir aveuglément aux personnes en autorité.

Également, il faut leur faire confiance et être rassuré sur notre style d’éducation. Ce n’est pas parce que Justin pousse et frappe les copains de la garderie qu’il deviendra violent et ce n’est pas parce qu’Anne-Sophie est dans la lune qu’elle a un déficit d’attention.

Finalement, il faut aussi choisir nos priorités dans l’éducation de nos enfants et ne pas tomber dans le piège de relever chacune de leurs erreurs ou d’intervenir sur tous les comportements indésirables. Plusieurs choses se régleront d’elles-mêmes en vieillissant et on peut aussi repousser à plus tard certains apprentissages.

J’aime répéter qu’on a 18 ans (minimum) pour élever un enfant, alors pas de panique!

Pour aller plus loin…

Vous avez reconnu votre enfant ou un enfant que vous aimeriez aider? Voici 2 formations web qui pourraient vous donner des outils efficaces afin d’aider l’enfant à sortir de cette prison qu’est l’anxiété!

Copy of Formation aussi disponible en ligne

Oui ou non au retrait comme méthode éducative?

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Est-ce une bonne idée d’envoyer un enfant en retrait à sa chambre ou au coin lorsqu’il se conduit mal?

Quelles sont les indications et contre-indications de cette méthode d’intervention? 

Depuis quelque temps je vois régulièrement circuler sur le web des articles qui décrient l’utilisation du retrait ou du « time out » comme méthode éducative auprès des enfants. Certains auteurs vont jusqu’à dire que cette méthode d’intervention est violente, représente une forme de rejet et est anxiogène pour l’enfant. Je reçois donc nombre de questions de parents inquiets qui craignent d’avoir traumatisé leurs bambins en appliquant une méthode qui leur semblait pourtant adéquate.

Voici ce que j’en pense: « ÇA DÉPEND! »

 

Ça dépend de quoi? 

Ça dépend de l’âge de l’enfant (avant 2 ans c’est rarement efficace);

Ça dépend de l’endroit et de la durée du retrait;

Ça dépend du comportement qu’a eu l’enfant;

…et ça dépend surtout de COMMENT le retrait est appliqué!

 

Mais qu’est-ce que cette technique? 

Le retrait consiste à mettre l’enfant à l’écart pendant quelques minutes lorsqu’il a eu un comportement agressif ou inadéquat. Généralement, les spécialistes suggèrent un retrait équivalent à une minute pas année d’âge ( 5 ans = 5 minutes).

 

Ce que j’en pense? 

Selon moi, le retrait ne devrait jamais être une punition. Il devrait davantage représenter une mesure d’aide permettant de favoriser le retour au calme ou l’arrêt d’agir qu’une mesure punitive. Il ne devrait pas viser à faire vivre un malaise important à l’enfant, mais plutôt lui permettre de se poser, de se calmer et de revenir à une attitude de collaboration. On retire donc l’enfant afin de l’aider à se calmer s’il est en colère ou s’il est trop agité, ou encore on lui demande de se retirer si son attitude est inadéquate ou qu’il refuse de collaborer aux consignes et au règles.

Ce qu’on cherche à entraîner c’est: 

« Quand je suis en colère, que je n’arrive plus à me maîtriser ou lorsque je n’arrive pas à être agréable avec mon entourage,

Je me retire dans un endroit calme

Je prends soin de moi

Je prends des moyens pour me calmer et reprendre la maîtrise de mes émotions

Ensuite j’en discute avec la personne concernée. »

C’est, en fait, ce que tout adulte devrait faire aussi non? Le reste du temps, si une conséquence est nécessaire, les conséquences naturelles et logiques restent préférables.

Voir l’article sur les conséquences

Quels sont les endroits de retrait à privilégier et ceux à éviter? 

Puisque l’objectif n’est pas punitif, le lieu de retrait devrait être relativement agréable pour l’enfant: sa chambre, un coin à l’écart au salon, la table de la cuisine, une petite tente, etc.  On peut également y laisser quelques objets ou petits jeux susceptibles d’aider l’enfant à se calmer: toutous, doudou, blocs Lego, livres, jouets sensoriels, matériel pour dessiner, etc. Ma soeur retirait souvent ses enfants sur le canapé du salon, avec leur doudou, en disant: « Viens te reposer un peu, ça te fera du bien. » Si l’enfant refusait de rester là, elle montait avec lui à sa chambre. Pourquoi pas? Puisque l’objectif est d’aider l’enfant à revenir à de meilleurs sentiments. Il m’est même arrivé de retirer un enfant dans sa salle de jeu afin qu’il retrouve sa bonne humeur! Chez les plus vieux, on pourra même offrir à l’enfant d’aller marcher, le temps de se calmer.

Dans certains cas, en particulier avec les tout-petits ou avec les enfants au tempérament anxieux, il sera préférable que l’adulte accompagne l’enfant en retrait ou reste tout près afin de favoriser la sécurité affective de l’enfant. L’adulte pourra alors guider l’enfant dans l’application de stratégies afin de retrouver son calme ( respirations, détente, etc.). Pour ma part, il m’arrivait souvent de masser ma fille lors de retraits ou de la prendre dans mes bras. D’autres enfants auront plutôt besoin d’être seuls. L’adulte pourra alors s’éloigner et dire à l’enfant qu’il reviendra lorsqu’il sera plus calme. On pourra alors venir vérifier, toutes les cinq à dix minutes, l’état de l’enfant et sa capacité à collaborer.

En ce sens, vous comprendrez que je ne suis pas très partisane du retrait au coin, dans l’escalier, sur une chaise ou un banc « de réflexion » puisque, généralement, ils sont humiliants pour l’enfant et génèrent chez-lui la colère et le ressentiment. De toute façon, ce qu’on tente d’entraîner l’enfant à faire c’est de se retirer lorsque ça ne va pas et de prendre soin de lui pour revenir à de meilleurs sentiments. Personnellement, si j’ai besoin de me calmer lors d’une querelle avec mon copain, ce n’est pas en me plantant le nez dans un coin que je réussirai à me calmer et retrouver le goût de collaborer avec lui!

Quant à la durée, je n’adhère pas non plus à la notion du « une minute par année d’âge » puisque les enfants ont besoin d’un temps variable pour se calmer. On ne va simplement pas prolonger le retrait plus longtemps que nécessaire. Quand l’enfant est calme et collaborateur, le retrait se termine. Toutefois, s’il y a eu gestes de violence ou insultes, il est possible que l’enfant doive assumer une conséquence supplémentaire (Voir l’article sur les conséquences)

Je vous invite à visionner cette vidéo pour mieux saisir mon point de vue sur le retrait au coin: 

Exemples de retraits: 

Mathieu est à la garderie. Ce matin il est très agité, ne respecte pas les consignes et dérange les copains lors de l’activité de groupe. Son éducatrice le retire de l’activité et l’envoie dessiner sur une table à l’écart, le temps qu’il se calme et qu’elle puisse animer son activité.

Justine n’aime pas le repas et est en colère contre sa mère qui a refusé de lui cuisiner autre chose. Elle refuse de manger, ne cesse de rouspéter lors du repas et garde une attitude désagréable malgré les explications de ses parents. Ils la retirent de table et lui demandent d’aller relaxer à sa chambre le temps qu’ils terminent leur repas.

Maxime et Antoine se querellent sans arrêt ce matin. Chacun à leur tour, ils provoquent l’autre et papa sent très bien que les cris et les coups ne tarderont pas. Il envoie ses deux garçons jouer chacun dans leur chambre  pendant quelques minutes afin de faire baisser les tensions.

Simone, 3 ans, fait une bonne grosse crise de colère parce que sa mère refuse de lui donner une 2ème portion de dessert. Malgré l’accueil et les explications de ses parents, elle crie et lance son verre de lait. Papa la prend dans ses bras et se retire avec elle à sa chambre afin de l’aider à se calmer. Toutefois, l’enfant frappe et tente de mordre son père. Monsieur sort donc de la chambre en disant à sa fille:  » Calme toi un peu, respire, papa est juste à côté. » Papa reste près de la porte et s’assure que la fillette ne se blesse pas. Quand elle cesse de frapper, il entre et l’aide à finir de se calmer.

 

10 éléments essentiels afin d’appliquer la méthode du retrait

  1. Le retrait n’est pas une punition mais un moment de pause pour se calmer;
  2. On doit trouver un endroit de retrait à l’écart, agréable et rassurant pour l’enfant ( selon son âge, son tempérament, la configuration de la maison, la fratrie, etc.) L’enfant peut d’ailleurs avoir le choix entre 2 espaces de retrait;
  3. Lors du retrait, vaut mieux permettre à l’enfant de s’occuper à quelque chose qui lui fait du bien et qui l’aide à se calmer ( lire, écouter de la musique, jouer avec ses blocs, etc.);
  4. La télé et les jeux vidéo ne devraient pas être permis lors d’un retrait puisqu’ils augmentent la charge émotive et\ou permettent l’évitement des émotions et non la gestion de celles-ci;
  5. Ce qui fait TOUTE la différence dans l’utilisation du retrait ( ou de n’importe quelle technique!), c’est d’abord l’attitude de l’adulte! L’adulte doit être ferme, calme et emphatique: « OK, ça ne va pas mon coco. Viens avec moi on va aller se calmer un peu. »;
  6. Le retrait doit être motivé par le comportement et les besoins de l’enfant et non appliqué quand le parent est à bout de nerfs. « Tu es retiré parce que TU as besoin de te calmer et non parce que maman en a marre de toi. »;
  7. L’adulte peut accompagner l’enfant en retrait ou rester à proximité si celà semble être le besoin de l’enfant;
  8. La durée du retrait sera variable en fonction des besoins et de l’état de l’enfant. C’est l’adulte qui détermine le moment de la fin du retrait. Il se termine lorsque l’enfant est revenu au calme et prêt à collaborer;
  9. Le retrait ne doit pas être prolongé inutilement;
  10. À la fin d’un retrait, il est préférable de faire un court retour sur la situation afin de rassurer l’enfant et de bien camper nos attentes.

Le retrait à toutes les sauces? 

Attention, le retrait n’est qu’une des techniques d’intervention permis tant d’autres et ne devrait être utilisée qu’occasionnellement. De plus, bien qu’il permette un retour au calme chez l’enfant, il n’est pas suffisant afin d’enseigner la saine gestion des émotions. Si vous constatez que votre enfant s’emporte régulièrement, il vous faudra chercher à comprendre ce qui se passe et tenter de travailler à la source du problème.

Nous offrons plusieurs outils afin de vous aider dans la gestion de la discipline et du quotidien avec vos enfants. 

Textes complémentaires: 

Cessez de répéter, ils ne sont pas sourds

Conséquences ou punitions

Oui ou non au retrait comme méthode éducative? 

 

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La méthode 1-2-3 version SOS Nancy

Toute un équipe!-3
Votre enfant a pris la vilaine habitude de vous faire répéter vos consignes plusieurs fois? Possible que ce soit une façon inconsciente d’attirer votre attention. Aussi, puisque que vous répétez chaque jour un nombre variable de fois avant de hausser le ton et de vous mettre en colère, il est aussi fort possible qu’il ne sache simplement pas quelle est sa «marge de manoeuvre. » Voici donc une façon toute simple d’obtenir rapidement davantage de collaboration et d’être plus prévisibles et rassurants pour vos cocos. 

 

ÉTAPE 1: Donnez une consigne courte et claire sur un ton chaleureux, dynamique et agréable. Laissez ensuite quelques secondes ou quelques minutes à l’enfant pour s’exécuter.  

«  J’aimerais que tu ramasses tes jouets avant le repas, SVP mon coco. »

« Justin, pourrais-tu baisser le volume de la télé SVP, c’est un peu trop fort. » 

« Allez ma belle Clara d’amour! C’est l’heure de venir t’habiller pour partir! » 

 

ÉTAPE 2: Soyez plus ferme et clair

Si l’enfant ne collabore pas ou s’il fait de la « surdité sélective », approchez-vous de lui ou demandez-lui de venir vous voir. Répétez shutterstock_76867273votre consigne plus fermement et assurez-vous qu’il a bien compris. Vous pouvez lui annoncer la conséquence qui s’en vient ou lui donner un choix clair. Votre attitude doit être plus froide, plus ferme et déterminée sans toutefois être teintée de colère ou d’agressivité. Évitez les longs discours; plus la consigne est courte, plus vous aurez d’impact. 

« Samuel, tu ramasses tout de suite, allez viens je vais t’aider. » 

«Tu baisses le volume de la télé à 10 ou bien je vais devoir la fermer mon grand. Compris? » 

« Clara, dépose ton jeu et viens t’habiller tout de suite. » 

Restez sur place pour vous assurer que l’enfant s’exécute.  À ce stade, vous pouvez faire un décompte: « 5-4-3-2-1 »

 

ÉTAPE 3: Agissez

Laissez encore un délai d’une à 2 minutes puis agissez en donnant très peu d’attention. Appliquez une conséquence logique ou encore poser une action afin de mettre fin à la situation. Par exemple: 

    • Prendre Samuel par la main et l’amener jusqu’à ses jouets et lui en tendre un. 
    • Fermer la télé et ne pas permettre que l’enfant la rallume pendant quelques heures.
    • Enlever à Clara le jeu qu’elle a dans les mains et la prendre par la main pour l’escorter jusqu’à la porte. 

Si l’enfant s’oppose toujours ou fait une crise, il vous faudra peut-être appliquer un retrait le temps qu’il se calme et accepte de collaborer (voir l’article sur le retrait).

À éviter:

Les ordres données sur un ton bourru: « T’es sourd ou quoi? Baisse le volume j’ai dit! »

Les consignes vagues et imprécises: « Tu ne crois pas qu’il faudrait ranger un peu… »

Les plaintes: « J’en ai marre que les jouets traînent partout… »

Les attaques: « Que tu es lente, une vraie tortue! Tu ne peux pas te dépêcher un peu! »

Le sarcasme: « Ha! Tant pis pour toi! Tu n’avais qu’à obéir! »

Voir la vidéo: 

Bien entendu, il n’y a AUCUNE stratégie d’intervention magique qui fonctionne à tout coup. De plus, il importe de varier vos interventions. La méthode 1-2-3 est une bonne méthode mais peut ne pas convenir à certains enfants ou à votre style éducatif. Ça tombe bien, il existe des tonnes de bonnes façons de faire. Finalement, certaines situations, comme les gestes de violence et les insultes, demandent une intervention ferme et immédiate, sans avertissement préalable. Vous connaissez ma devise: « ÇA DÉPEND! »
À vous de faire aller votre « GROS BON SENS » et d’adapter ces stratégies à la situation et à l’enfant.

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Cessez de répéter, ils ne sont pas sourds

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Au-delà des mesures punitives, comment susciter la collaboration des enfants par une approche bienveillante et respectueuse ?

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L’explosion du perfectionnisme parental

Quelle pression mettons-nous à nos enfants pour qu’ils soient « bien sages »?

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Je suis une éducatrice spécialisée et coach familial, passionnée de mon métier, depuis plus de 25 ans. J’ai lu des tonnes de bouquins sur l’éducation des enfants et suivi tout ce qui existait comme formations sur le développement et l’encadrements des enfants. Lorsque je suis devenue maman, je me sentais bien outillée pour offrir à ma fille un environnement qui lui permettrait de s’épanouir et de devenir une bonne personne. Je m’imaginais alors que, puisque j’avais les bons outils, ce serait facile d’éduquer ma fille. La génétique étant ce qu’elle est, ma fille a hérité d’un fort tempérament et j’ai eu à gérer de très nombreuses et intenses crises de colère quand elle était petite. Un jour que je dû, une fois de plus, sortir d’un resto avec une petite « poche de patates hurlante » sous le bras, l’amie qui m’accompagnait me dit, catastrophée: «  Ho mon dieu Nancy! Mais qu’est-ce que tu vas faire avec elle? Tu devrais pourtant savoir quoi faire pour faire cesser ses crises. Tu es un «cordonnier mal chaussé »! 

Ça m’a fait l’effet d’une douche d’eau froide! Qu’est-ce que je vais faire? L’éduquer sapristit! Elle n’avait que 2 ans à l’époque. J’avais encore bien 16 ans devant moi pour lui enseigner la gestion des émotions. Mais ça m’a surtout mis au visage une croyance répandue: Un bon parent devrait forcément avoir des enfants qui se conduisent toujours bien! Pourtant, on sait tous que les crises sont totalement normales à cet âge. Mais voilà, parce qu’elle était ma fille, elle aurait du sauter cette étape et se montrer calme et docile en tout temps. Bien entendu, nous avons travaillé sur sa capacité à tolérer les frustrations et tout est renté dans l’ordre avant son entrée à la maternelle. Mais ça m’a surtout ouvert les yeux sur la pression incroyable qui pèse sur les parents et, par ricochet, sur les enfants. Quand j’étais petite, si je faisais une crise au centre commercial, tous les regards désapprobateurs se tournaient vers MOI. Je comprenais alors que ma conduite était déplacée. Maintenant, c’est le parent qui est observé en pareille circonstance. Et, peu importe ce qu’il fera, il y aura quelqu’un pour juger que son intervention était inadéquate! 

Quelques années plus tard, alors que ma fille avait environs 9 ans, un nouvel événement m’a encore fait réfléchir. À la remise du bulletin, son enseignante m’a dit: «  Ha! Emmanuelle! Vous pouvez être fière d’elle. J’en prendrai 12 comme elle dans ma classe. Elle est tellement gentille cette enfant, on ne l’entend pas. Je n’ai jamais à intervenir sur elle. Je pourrais presque l’oublier tellement elle est sage. » Ma réponse a laissé l’enseignante pantoise: « Quoi? Vous aimez ma fille parce qu’elle fait la plante verte dans votre classe? Vous la trouvez gentille parce qu’elle se fait oublier? Je devrais être fière parce que ma fille ne dérange personne? Et qui se demande si elle est heureuse? » Furieuse, je suis partie sans attendre et je suis allé retrouver ma fille pour une bonne discussion.

J’étais une nouvelle fois confrontée à cette image populaire du bon-parent-qui-élève-un-bon-enfant-sage-21 NOVEMBRE AMBIANCE - FINALE 2 copie
et-docile. Ce soir là, nous avons eu une bonne discussion, ma fille et moi, sur cette pression qu’elle se mettait d’être toujours parfaite, d’être aimée de tous et de ne commettre aucune erreur.  Et, depuis ce temps, je m’emploie à lui rappeler d’être elle-même, de ne pas avoir peur de décevoir, de se permettre de faire des erreurs, du moment où elle en assume les conséquences. Parce que le conformisme, ça parait bien, mais ça étouffe la personnalité et la créativité. Et, dans bien des cas, ça conduit tout droit à de l’anxiété. Aujourd’hui, elle n’hésite pas à questionner ce qui l’entoure, remettre en question les règles, s’affirmer et elle ose lâcher son fou! Vous auriez dû la voir en pyjama de raton-laveur lorsqu’elle est allée rendre visite à sa grand-mère à l’hôpital. Un des dernier fou rire que ma mère a eu avant de décéder. Et l’avez-vous vu à ma conférence costumée en Super Girl? C’est quand elle est elle-même et qu’elle s’assume que je suis le plus fier de ma grande fille. 

Le moule étroit de l’enfant « normal » 

Mon travail m’amène également à observer que de plus en plus d’enfants se retrouvent avec des diagnostics et des étiquettes d’enfants à problème et ce, de plus en plus tôt dans leur développement. Dès la garderie, quand un enfant fait un peu plus de crises de colère que la moyenne, qu’il semble dans la lune, qu’il socialise peu ou qu’il a du mal à partager les jouets, on tire la sonnette d’alarme. L’intention est bonne bien sûr : on veut intervenir tôt pour optimiser les chances de réussite de l’enfant. Par contre, beaucoup de parents comprennent alors que leur enfant est « défectueux », qu’il a un problème et n’est pas normal. Ils s’acharnent alors à le faire rentrer dans le moule. Mais le moule de l’enfant normal semble rétrécir de plus en plus pendant que le nombre d’enfants avec des diagnostics variés (et parfois plusieurs) explose. Des enseignants me racontent que, dans bien des classes de cinquième et de sixième année du primaire, c’est plus du tiers des élèves qui ont un diagnostic de trouble quelconque. La plupart de ces enfants sont sous médication.

Explosion du perfectionnisme parental

Les enfant deviennent donc, en quelque sorte, notre « bulletin de parents ».  Et quand notre enfant adopte des comportements dérangeants, on se remet vite en question:  « Qu’est-ce que j’ai fait de travers?» « Que dois-je faire pour faire cesser illico ces mauvais comportements? » ,«Comment dois-je m’y prendre pour que mon enfant rentre vite dans le moule de l’enfant-performant-sage-et-docile-qui-ne-dérange-personne? » Nous avons parfois tellement peur que notre marmaille ne soit pas aimée de tous qu’on peut facilement tomber dans le piège  d’exiger d’eux un conformisme exagéré et étouffant.

shutterstock_167447348 copieDevant cette pression, certains enfants se rebellent et s’opposent alors que d’autres développent une peur exagérée de déplaire et carburent à ce que j’appelle de « l’anxiété de conformisme ». Je parle ici des enfants sous tension, ceux qui obéissent sagement et s’obligent à adopter un comportement exemplaire en tout temps dans l’espoir de répondre aux attentes des adultes et d’être aimés de leurs parents exigeants. Ceux qui craignent sans cesse de commette un faux pas et d’être pris en défaut. Puisqu’ils répondent généralement bien aux attentes des adultes, les parents et les enseignants tiendront à encourager et gratifier ces comportements exemplaires et multiplieront les récompenses et valorisations. En vieillissant, l’enfant risque donc de décoder le message suivant : « Mes parents m’aiment PARCE QUE je suis obéissant, que je fais ce qu’on attend de moi. Je suis un « bon enfant » quand j’adopte un comportement exemplaire et, donc, si je commet une erreur, ils seront déçus de moi et je risque le rejet. » 

« Tout le monde est un génie ; mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper aux arbres, il passera sa vie à croire qu’il est stupide » – Albert Einstein

Mais que faire? 

Bien entendu, c’est notre rôle de parent que d’encadrer nos enfants, de leur enseigner les bon comportements et les guider afin d’en faire des personnes respectueuses et gentilles. Toutefois, je crois qu’il nous faudrait doser un peu, leur donner le temps de se développer, d’expérimenter et, surtout, leur donner le droit de faire des erreurs et d’en assumer les conséquences. Ainsi, ils apprendront à réfléchir avant d’agir et développeront leur jugement, leur sens des valeurs et leur personnalité plutôt que de simplement obéir aveuglément aux personnes en autorité. Il faut aussi leur faire confiance et faire confiance en notre éducation. Ce n’est pas parce que Justin pousse et frappe les copains de la garderie qu’il deviendra violent et ce n’est pas parce que Anne-Sophie est dans la lune en première année qu’il a un déficit d’attention. Et, finalement, il faut aussi choisir nos priorités dans l’éducation de nos enfants et ne pas tomber dans le piège de relever chacune de leurs erreurs ou d’intervenir sur tous les comportements indésirables. Plusieurs choses se règleront d’elles-même en vieillissant et on peut aussi repousser  plus tard certains apprentissages. J’aime à répéter qu’on a 18 ans pour élever un enfant, alors pas de panique! 

Nancy Doyon

coach familial

 

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Textes complémentaires: 

 

Les enfants fantômes: la détresse des enfants trop sages

Arrêtons de « casser » les enfants!

Enseigner le bonheur aux enfants

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Capsule suggérée:

Cessez de mentir à vos enfants!

Éloge de l’authenticité parentale  

Tous les parents s’évertuent à enseigner à leur marmaille l’importance d’être honnête, de dire la vérité et de ne pas reporter sur autrui la responsabilité de leurs actes. Mais qu’en est-il du modèle que nous leur offrons?  Bien qu’il vaille parfois mieux omettre certaines vérités (les réelles raisons d’une séparation parentale, par exemple) et que certaines entorses à la vérité puisent être sympathiques (le père Noël et la fée des dent entre autre) le mensonge est généralement une bien mauvaise idée. Malheureusement, de nombreux parents mentent régulièrement à leurs enfants, pour toutes sortes de raisons plus ou moins reluisantes. Voici quelques un des mensonges parentaux les plus fréquents et l’impact possible sur la relation avec l’enfant.

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5 types de mensonges parentaux courants

 

1- Le mensonge éducatif 

Certains parents, dans leur désir d’inculquer leurs valeurs ou d’encourager certains comportements, n’hésiteront pas à inventer des histoire farfelues ou effrayantes.

« Si tu ne brosses pas tes dents, elles vont toutes tomber! »  

« Si tu n’es pas sage, le père Noël ne te donnera pas de cadeau. »

« Mange tes légumes si tu veux devenir fort comme Popeye! »

« Arrête de mentir! Ton nez allonge! »   

« Si tu fais des grimaces, ton visage risque de rester coincé comme ça! »

« Si tu ne dors pas, le marchand de sable viendra te croquer les orteils »

« Si tu racontes des mensonges, les policiers vont venir te chercher et te mettre en prison » (!!)shutterstock_326247749

Malheureusement, l’enfant saura un jour ou l’autre que tout ça n’était que mensonge. Il risque alors de perdre quelque peu confiance en son parent. Il est aussi possible qu’il retienne que le mensonge est justifié pour amener l’autre à se plier à notre volonté. Et c’est sans compter les risques de voir l’enfant développer des phobies et de l’anxiété! 

2- Les menaces qui ne seront jamais appliquées

Il arrive aussi qu’un parent cherche vainement une solution pour que l’enfant obéisse ici et maintenant. À court de ressource, il peut alors menacer l’enfant d’une sanction « épouvantable »  en sachant très bien qu’il ne l’appliquera jamais. Quand j’étais petite, ma mère me répétait: « Si tu n’es pas gentille, tu vas aller habiter chez la madame méchante! » Ho! Ça fonctionnait immédiatement, mais à quel prix!  

« Tu ne veux pas partir? Bye! Bye papa s’en va alors! Je vais te laisser ici tout seul. » 

« Si tu n’es pas gentil, on ne reviendra plus jamais chez mamie. »

« Si tu ne ranges pas tes jouets, je vais tous les jeter aux poubelles. » 

Rappelez-vous que chaque fois que vous menacez l’enfant d’un sanction qui ne vient jamais, vous sabotez votre autorité et votre crédibilité! Alors que j’étais au restaurant avec une copine et son fils de 6 ans, l’enfant est devenu passablement agité après le repas. En réponse à sa mère qui le menaçait de ne plus venir au restaurant avec lui, le jeune a répondu, tout sourire: Moi ça ne me dérange pas car je n’aime pas ça beaucoup aller au restaurant. C’est toi, maman que tu vas punir, car tu aimes ça beaucoup! »

3- Les mensonges flatteurs 

Afin de booster l’estime personnel de leurs enfants, bien des parents les encensent et en mettent un peu trop en matière de compliment.

« WOW! Tu es le champion de … « 

« Tu es LA PLUS jolie des petites filles. »

« Quel beau dessin! C’est un oeuvre d’art. »

« C’est toi la meilleure danseuse du monde entier. »

« Tu as une voix d’ange! Tu es un futur chanteur! »

« Ce sont les meilleurs biscuits que ne n’ai jamais mangé! »

Je dis souvent que les enfants ont une antenne de la NASA sur la tête. Ils le sentent lorsque le parent ou l’adulte fait un compliment qui sonne faux. Cela apporte beaucoup de confusion chez-eux puisque ce qu’ils entendent de correspond pas avec ce qu’ils ressentent. Par ailleurs, il arrive aussi que le parent dise quelque chose à son enfant pour l’encourager, puis dise totalement l’inverse à l’entourage. Par exemple, le parent qui répète soir après soir à son enfant qui vit des difficultés scolaires: « Tu es capable! J’ai confiance en toi! Travaille fort et tu vas réussir! » , mais qui confie à une amie au téléphone: « Thomas a beaucoup de mal à l’école, je suis découragée, je crois qu’il va rater son année scolaire. »  

Savez-vous quand les enfants nous écoutent le plus? Quand ce n’est pas à eux qu’on parle! Et ils accordent beaucoup plus d’importance à ce qu’on dit aux autres adultes qu’à eux. Le problème majeur, c’est qu’ensuite l’enfant ne sait plus s’il doit croire ou non l’adulte, accepter ou non les compliments.  Les parents et les divers adultes devraient s’assurer de faire aux enfants des compliments et valorisations, justes, sincères, méritées et venant du coeur.  

4- Les mensonges pour acheter la paix

Parfois, pour éviter de dire non, de mettre une limite et devoir assumer la colère de l’enfant, les adultes racontent des « mensonges pieux ». Il arrive aussi que les parents tentent simplement d’éviter à l’enfant d’être déçu, inquiet ou triste: 

« Tu voudrais que je t’achète ce jouet? Non, maman n’a plus de sous! »

« Tu veux des chips? Non il n’y en a plus! » (Alors qu’il y en a dans l’armoire)

« Non, non maman ne pleure pas. Je suis juste fatiguée! »

« Mais non! Ça ne fera pas mal quand je mettrai du désinfectant sur ta blessure! » 

« Ton chien est au paradis des chiens »

Encore une fois, mentir de cette façon est une bien mauvaise façon d’attirer le respect de l’enfant. Les parents devraient assumer clairement leurs décisions et leur autorité afin de développer une saine relation avec l’enfant. Par ailleurs, éviter aux enfants les frustrations et émotions négatives ne les prépare pas à affronter la vie. Si l’ont veut enseigner aux enfants la saine gestion des émotions et développer leur tolérance à la frustration, il faut malheureusement les exposer régulièrement à des situations qui font naître des émotions désagréables et se montrer emphatique à ce qu’ils vivent.  

5- Le mensonge défensif

Parfois, dans un réflexe défensif, les parents lanceront des boutades et des reproches aux enfants plutôt que de révéler leurs réelles émotions et pensées. Les accusations fusent, alors qu’en fait, elles visent à camoufler une émotion désagréable.

« Ces jeunes là sont des délinquants, je ne veux pas te voir avec eux! » qui cache en fait: « Je suis inquiet pour toi. » 

« Si j’ai crié c’est que tu m’as poussé à bout! Tu n’obéis jamais! » qui cache en fait: « Je ne suis pas fier d’avoir perdu patience. » 

 » Vous me prenez pour une bonne à tout faire! » alors qu’au fond le parent pensait: « Je suis épuisée, j’aurais besoin d’un coup de main. »

« Hey! Tu te prends pour qui de me parler sur ce ton? Sois poli jeune homme! » alors que ce père aurait pu simplement dire:  » Ouf! Ce que tu viens de dire est vraiment blessant. » 

« Encore en retard! Tu viens encore de nous prouver qu’on ne peut pas te faire confiance! » cache pourtant un: « J’étais inquiet et je suis vraiment déçu que tu n’aies pas respecté l’entente. »

Malheureusement, ces attaques, plutôt que de désamorcer la situation ont généralement pour effet de mettre aussi l’enfant sur un mode défensif et il risque fort de soit se refermé, soit attaquer à son tour.

En conclusion

Vous désirez bâtir une relation vraie, honnête et sincère avec vos enfants? Vous désirez qu’ils aient confiance en vous et vous respectent? Ayez le courage de parler avec votre coeur, d’assumer votre autorité, de risquer de les décevoir et de simplement dire les vraies choses, en toute sincérité. C’est parfois plus dur à assumer à court terme, mais mille fois plus payant à long terme. 

8 façons pour les bambins d’évacuer le stress et la surcharge émotionnelle

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Les enfants ont une capacité limitée d’emmagasiner et traiter les émotions, autant positives que négatives. En vieillissant, au fur et à la mesure que leur cerveau ( le cortex pré-frontal entre autre) se développera, cette capacité augmentera progressivement et les enfants deviendront de plus en plus en mesure d’exprimer leurs états d’âme verbalement et de prendre soin d’eux-même, c’est à dire, faire des actions afin de se sentir mieux. Par exemple, en tant qu’adulte, lorsque je me sens stressée ou très émotive, je peux prendre un bon bain ou aller marcher en forêt afin de retrouver l’apaisement. Je peux également en parler avec une amie ou simplement réfléchir à ce qui me bouleverse. Évidemment, les tout petits n’ont pas encore cette capacité et la surcharge émotionnelle donne parfois lieu à des comportements perturbateurs.

En effet, quand les capacités adaptatives des enfants sont très sollicitées, mais aussi quand l’enfant vit des stress ou même lorsqu’il vit des émotions agréables comme l’excitation de vivre une activité spéciale, les amygdales, sortes de réservoirs à émotions, se chargent progressivement. Et quand le « réservoir à émotions » de l’enfant est très chargé, il  adopte généralement instinctivement des moyens afin de retrouver l’équilibre. L’enfant peut alors ressentir le besoin intense et pressant de « décharger » et d’évacuer cette surcharge émotive. Ainsi, après une journée où l’enfant aura été exposé à un environnement nouveau, s’il a vécu une situation plus difficile ou simplement plus stimulante qu’à l’habitude, il n’est pas rare que nous ayons droit à une crise ou des comportements provocateurs.

Bien que parfois désagréables, ces comportements sont toutefois totalement normaux. Plus l’enfant grandira, plus ses capacités adaptatives évolueront, plus sa capacité à emmagasiner et gérer des émotions augmentera et plus ses  moyens d’évacuation du stress seront adaptés. D’ici là, on peut s’attendre à le voir adopter l’un des comportements suivant:

shutterstock_1410827921- Faire une crise de colère ou de larmes.

Les larmes sont un formidable exutoire pour les émotions. Ainsi, après une journée chargée en émotions (positives ou négatives), on verra souvent l’enfant pleurer ou faire une crise de colère pour une peccadille. Par exemple, quand ma fille était petite, elle terminait invariablement toutes les journées « spéciales » par une crise de larmes. Je la surnommais « mon geyser ». Je me rappelle lors de son anniversaire de 6 ans, alors qu’elle pleurait une nouvelle fois, elle me dit, à travers 2 sanglots : «  Bon! Je pleure encore! Mais je ne suis même pas triste ou en colère! On dirait qu’il y a trop de larmes en moi qui débordent! »;

2- Adopter des comportement provocateurs ou faire des demandes irrationnelles.

L’enfant décharge alors, petit à petit, son stress sur son environnement et, quand le parents intervient, il a alors un bon prétexte pour se mettre en colère ou pleurer. Comprenons que ces comportements n’ont aucune intention malveillante, mais résultent simplement d’une forte pulsion à décharger le trop plein d’émotions.

Plusieurs adultes ont d’ailleurs le réflexe d’adopter le même type de stratégies lorsqu’ils sont stressés en distribuant critiques et reproche à leur entourage ou en abordant, à des moment inopportuns, des sujets délicats qui risquent fort de dégénérer en querelle.

3- S’endormir, tout simplement.

C’est LA façon la plus efficace de calmer le stress, d’évacuer les émotions et de recharger ses piles. Alors, si votre bambin s’endort dans la voiture au retour de la garderie ou d’une journée au parc d’attraction, ce n’est pas forcément qu’il manque de sommeil, mais peut-être plutôt de la fatigue mentale et émotionnelle;

4- Devenir très agité.

shutterstock_166483964Une autre façon de « vider le réservoir à émotions » est de le décharger à travers le corps. L’enfant peut alors se mettre carrément à courir partout, « faire le pop corn » en sautant sur place
, danser, chanter et s’agiter en tout sens. Une bonne séance de lutte avec papa ou un trampoline peuvent alors s’avérer de formidables outils pour canaliser ces débordements;

5- Rechercher la proximité de l’adulte.

Certain enfants, lorsque qu’il se sentent envahis par les émotions, rechercheront instinctivement à se coller à l’adulte afin de retrouver un sentiment de sécurité et d’apaisement. Bercer doucement l’enfant peut alors l’aider à revenir au calme.

6- Chercher à s’isoler. 

À l’inverse, certains enfants auront plutôt comme réflexe de s’isoler pour dessiner ou jouer à un jeu calme. Certains iront même se cacher dans un endroit rassurant qui leur fournit une impression de cocon. D’autres, encore, iront chercher leur doudou et voudront écouter un dessin animé.

7- Par le jeu. 

Il arrive que certains enfants se servent du jeu ou du dessin comme exutoire aux émotions dérangeantes. Par exemple, un de mes petits clients avait pour habitude de dessiner des volcans en éruption ou des scènes assez violentes lorsqu’il était tourmenté ou en colère. D’autre enfants feront des « accidents » avec leur petites voitures ou encore engueuleront leurs poupées ou mettrons leurs peluches en punition.

8- Demander un câlin.

shutterstock_311343677 copieIl arrive que certains enfants découvrent par eux-même une stratégie toute simple et horriblement efficace pour calmer le stress: le contact physique! En effet, un toucher affectueux ou un câlin bien sentit déclencheront la production d’ocytocine, d’endorphine et de dopamine qui s’avèrent être de formidables antidotes au stress. Pour en savoir plus sur la « câlins-thérapie » cliquez ICI

Nous offrons plusieurs outils afin de vous aider dans la gestion de la discipline et du quotidien avec vos enfants. 

FORMATION WEB GRATUITE: Cerveau et gestion des émotions

Texte complémentaire: 

 

Oui ou non au retrait comme méthode éducative? 

Livres

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Formations web: 

Vous cherchez des moyens simples et efficaces de sortir de la spirale négative des menaces et des punitions? La formation web suivante pourrait bien changer votre vie de famille pour toujours.

Au-delà des mesures punitives, comment susciter la collaboration des enfants par une approche bienveillante et respectueuse ?

La discipline

 

Nos autres formations web:

Formations web-5

 

Coaching familial: 

Un intervenant de notre équipe peut se déplacer à votre domicile afin de vous aider dans la mise en place et l’application d’un plan d’action familial. Nous offrons également du coaching professionnel pour les écoles, les garderies et milieux familiaux.

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Notre chaine youtube:

Plus de 50 capsules gratuites avec des trucs et stratégies d’intervention

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Programme Parent-Leader

Programme

PARENTS-LEADERS

LE SYNDROME DE SPIRIT-16

ÊTRE LE HÉROS DE NOS ENFANTS ET LES INSPIRER À DEVENIR

LA MEILLEURE VERSION D’EUX-MÊMES 

Dans ce monde où vos enfants sont constamment entourés de violence et d’influences négatives, où chaque jour, ils doivent relever de très nombreux défis,
ils ont besoin de PARENTS SUPER-HÉROS rassurants et inspirants!

On veut tous le meilleur pour nos enfants et pourtant…on néglige souvent l’essentiel: La transmission de valeurs fortes qui l’aideront à se déployer, à devenir une bonne personne et être heureux!

Tout leader d’entreprise qui se respecte prépare chaque année, un plan d’affaire avec des objectifs et des stratégies claires. Comme parent, on oublie de se donner un plan de match clair alors que ce qui est en jeu est d’une importance capitale: la vie entière de nos enfants!

On fini bien trop souvent par accorder toute notre attention à des babioles superficielle: « Mange tes légumes, On ne parle par la bouche pleine, range ta chambre, dépêche-toi on va être en retard, etc. »

Fatigués, submergés par le stress quotidien, on tombe malheureusement sur le « pilote automatique » et on répète nos consignes, on sermonne, on réagit aux comportements avec « les moyens du bord », parfois on lève le ton puis on se couche, épuisés, avec une vague culpabilité au ventre:

« Je n’ai pas été, encore une fois, le parent que j’espérais offrir à mes enfants. »

Et si on changeait ça ICI ET MAINTENANT?

En moins de 10 minutes par jour devenez ce parent dont votre enfant a désespérément besoin!

Inspirez vos enfants à: 

  • Développer leur courage, surmonter leurs peurs et leurs angoisses;
  • Survivre aux difficultés et aux échecs;
  • Développer leurs capacités à trouver eux-mêmes des solutions aux petites et grandes difficultés de la vie;
  • Avoir envie de collaborer avec les adultes, de faire équipe avec eux plutôt que de constamment s’opposer;
  • Être des personnes de coeur, sensibles et emphatiques;
  • Devenir autonomes et responsables et ce, dans le respect de soi;
  • Savoir s’affirmer et ne pas se laisser faire contre les abuseurs et les intimidateurs;
  • Développer leur jugement et leur « gros bon sens »;
  • S’aimer tels qu’ils sont sans chercher à plaire à tout le monde;
  • Cesser de tenter d’entrer dans un moule qui ne leur convient pas et être authentiques;
  • S’épanouir, prendre des risques, sortir de leur zone de confort et foncer dans la vie;  
  • Développer leur estime personnel, trouver et exploiter leurs forces, leurs « supers-pouvoirs »;
  • DEVENIR UN LEADER POSITIF,
  • ÊTRE LA MEILLEURE VERSION D’EUX-MÊMES!

Cette mission, si vous l’acceptez, vous obligera à changer vos attitudes et vos méthodes d’intervention afin d’y intégrer le juste équilibre entre fermeté et bienveillance. Vous devinerez alors des PARENTS-LEADERS inspirants et rassurants! 

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PASSEZ DE PARENT ENGAGÉ À
PARENT-LEADER

Les inscriptions pour la cohorte 2018-2019 sont présentement terminées.

Inscrivez-vous sur nos listes d’attente!