Enseigner l’éthique sexuelle aux enfants et adolescents

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Ou comment enseigner le respect de soit et des autres pour éviter que nos enfants soient abusés ou abuseurs!

Dans cette nouvelle vague de dénonciations d’inconduites et d’abus sexuels, je me dis que plusieurs des « abuseurs » et des « victimes » semblaient banaliser les gestes abusifs et manquaient peut-être d’information sur le sujet.

Or, les notions de consentement, de respect de soi et des autres, d’affirmation de soi, ça commence à la maison et très très tôt, (dès l’âge d’un an en fait). C’est entre autre quand on apprend aux enfants à:


Capture d’écran 2020-07-28 à 12.35.18 copieS’affirmer et se respecter soi-même:

  • Refuser poliment de donner un bizou à tante Hurtubise s’il\elle n’en a pas envie et ne pas s’assoir sur les genoux d’oncle Gérard s’il\elle ne se sent pas à l’aise.
    Prêter ses jouets, mais aussi dire non s’il\elle ne veut pas prêter quelque chose d’important pour lui\elle.
  • Se permettre de dire non s’il\elle n’a pas envie de jouer avec sa soeur ou un ami. Accepter de décevoir.
  • Émettre un NON ferme et sans équivoque quand il\elle n’aime pas ce que son frère ou un camarade fait. Avoir le ton de voix et la posture appropriée pour être crédible.
  • Dire son opinion, même si elle diffère de celle des autres.
  • Accepter de ne pas être aimé de tous.
  • Être à l’écoute de ses besoins, émotions et ressentis: « J’ai chaud ou j’ai froid? Je me sens bien ou non dans cette situation? Mamie me donne un bizou sur la bouche… est-ce agréable pour moi ou non?

Respecter les autres:

  • Respecter « la bulle » des camarades et des frères et soeurs.shutterstock_128179400 copie
  • Demander la permission avant de donner un câlin ou un bizou, même à ses parents et sa petite soeur (oui, oui!).
  • Être à l’écoute et respecter les signes non verbaux des gens et des animaux: « Tu vois, le chat se sauve, il ne semble pas vouloir être caressé présentement. »
  • Ne pas s’amuser à faire enrager sa soeur (ou son frère!) et arrêter de la taquiner lorsque celle-ci lui demande d’arrêter.
  • Accepter que ce ne soit pas toujours lui\elle qui décide des jeux avec ses amis.
  • Comprendre que ses désirs ne sont pas toujours prioritaires à ceux des autres, même avec ses parents: « Tu n’as pas envie d’écouter ce film mais nous oui. Ce soir ce sera celui-ci, un autre jour tu pourras choisir. »
  • Attendre, différer son plaisir et vivre des frustrations diverses.
  • Comprendre que tout ne fonctionne pas toujours selon ses désirs. Perdre à des jeux de société par exemple ou avoir au repas quelque chose qu’il aime plus ou moins.

Évidemment, ces apprentissages ne se font pas du jour au lendemain et, comme parent, il faudra souvent intervenir, répéter, accompagner et peut-être même être conséquent. C’est sur le long terme que les valeurs de respect de soi et des autres vont s’imprégner.

Ainsi, plus tard, il deviendra peut-être évident pour lui\elle qu’il faut demander avant de caresser ou embrasser quelqu’un, peut-être que votre jeune aura développé la sensibilité de percevoir quant l’autre a envie ou non d’un rapprochement, et il\elle se sentira peut-être plus à l’aise de repousser fermement des avances non désirées et de dénoncer les abus.

PS: J’ai mis il\elle un peu partout, car il y a des abuseurs et des victimes chez les 2 sexes. Je trouverais dommage et sexiste d’enseigner aux garçons à respecter l’autre et aux filles à se respecter elles.

À propos de Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »