Le stress et l’anxiété de la rentrée scolaire

Eh oui! L’été tire déjà à sa fin et il faut, dès maintenant, commencer à planifier la rentrée de vos petits… et la vôtre! Fini le farniente au bord de la piscine, la routine revient en force et, avec elle, le « lever-bataille » du matin, la préparation des déjeuners et des lunchs, le « trafic-école-boulot-trafic-souper-devoirs-karaté-bain-dodo »! Le bonheur, quoi! La clé pour rendre la vie plus agréable? L’organisation, bien sûr, et… une bonne dose de lâcher-prise! Pour certains de nos jeunes, cette transition peut être source de joie (après tout, ils retrouvent leurs amis, ils ont des livres neufs et ils vivent un nouveau départ qui peut être excitant). Cependant, pour d’autres, la rentrée scolaire et la routine peuvent être une source de stress et d’anxiété. En effet, pour les tout-petits qui intègrent l’école pour la première fois, pour ceux qui auront à vivre un changement d’école ou, encore, pour les jeunes qui éprouvent des difficultés scolaires ou sociales, la rentrée peut représenter un défi important. Pour certains, le stress peut se transformer en véritable anxiété. Il faudra alors être à l’affût des symptômes, parfois subtils, par lesquels votre jeune exprimera son malaise.

Symptômes d’anxiété par rapport à la rentrée

  • Le jeune refuse de parler ou d’entendre parler de l’école.
  • À l’inverse, il en parle beaucoup et fait preuve de zèle dans sa préparation.
  • Il souffre d’insomnie et vous remarquez des changements dans son appétit.
  • Il éprouve des malaises physiques : maux de tête ou de ventre, urticaire, etc.
  • Il est irritable, plus agressif et a des sautes d’humeur.
  • Il se replie sur lui-même, semble triste ou pleure de manière excessive.
  • Il s’oppose aux consignes courantes (alors qu’il collaborait bien pendant l’été).

Voici quelques suggestions pour vous préparer à la rentrée scolaire. Vous pourrez ainsi rassurer les jeunes anxieux et permettre à toute la famille de vivre cette nouvelle étape de manière harmonieuse.

Quelques jours avant la rentrée

  • Revenez doucement à une routine plus stable, diminuez progressivement le nombre de sorties et d’activités et rétablissez les heures de lever et de coucher (celles auxquelles les enfants sont habitués en période scolaire). Vous pouvez aussi commencer à vous entraîner à effectuer toutes les étapes de la routine matinale.
  • Mettez par écrit les règles et routines de la maison et entendez-vous avec vos jeunes sur les tâches et responsabilités qu’ils auront à assumer. Afin de les guider doucement vers l’autonomie, il est important de leur donner de nouvelles responsabilités chaque année. Un tableau de motivation peut s’avérer un outil intéressant pour les stimuler.
  • Familiarisez-vous avec les parcours d’autobus (pour les enfants qui fréquenteront un nouveau milieu). Il peut aussi être utile de faire le parcours entre l’école et la maison afin de repérer les dangers potentiels et les endroits où l’enfant pourra demander de l’aide au besoin. Pourquoi ne pas déjà trouver un ou deux copains avec qui il pourra marcher?
  • Si l’enfant est anxieux par rapport à la rentrée, il convient de vous montrer ouvert et accueillant. Avant de chercher à le rassurer, prenez le temps de l’écouter et de valider ce qu’il vit : « Oui, c’est vrai, c’est parfois stressant de vivre des changements. Qu’est-ce qui te stresse le plus? » Attention, toutefois, de ne pas dramatiser et évitez d’augmenter son stress en l’inondant de conseils et de recommandations. Votre jeune a besoin de sentir que, derrière votre empathie, vous êtes solide et avez confiance en sa capacité à s’adapter.

 Lors de la rentrée

  • Levez-vous plus tôt afin d’éviter que le sentiment d’urgence n’ajoute du stress inutile. La veille, préparez les lunchs et les vêtements et assurez-vous que l’atmosphère soit calme et agréable.
  • Prenez congé si possible (au moins quelques heures) afin d’accompagner votre enfant à cette première journée, peu importe son âge.
  • Allez vers les autres adultes afin de vous présenter et d’entrer en contact. Cela aidera votre enfant à créer des liens avec les autres.
  • Refusez de le ramener à la maison même s’il fait une crise ou s’accroche à vous. Rassurez-le calmement, mais de façon assez brève, puis confiez-le à son enseignant avant de partir, le sourire aux lèvres. Évitez de trop en faire pour le réconforter ou de laisser transparaître votre désarroi. Votre langage non verbal laisserait alors ce message à l’enfant : « Tu as raison de t’inquiéter, regarde, moi aussi je suis anxieuse et je me sens extrêmement coupable de t’abandonner ainsi à cette méchante dame… »

Au cours des semaines suivantes

  • Établissez un contact avec l’enseignant, mais faites-lui confiance et ne remettez pas en question chacune de ses interventions auprès de votre enfant.
  • Évitez de mettre trop de pression à votre enfant relativement à ses résultats scolaires ou à son comportement. Le stress de performance peut entraîner des difficultés de concentration et davantage d’impulsivité. Vous risqueriez alors d’obtenir l’effet inverse ! Plutôt que de le quitter le matin en l’enjoignant de bien se conduire, souhaitez-lui simplement une belle journée.
  • Dans ses travaux scolaires, valorisez autant les efforts que les résultats.
    • Le matin, assurez-vous d’avoir suffisamment de temps pour effectuer les tâches sans être trop pressé et établissez un ordre dans lequel elles devront être effectuées (utiliser des repères dans le temps). Par exemple : lever à 6 h 30, habillage, lit, déjeuner (qui se termine à 7 h 15, que l’enfant ait terminé ou pas), brossage des dents, toilette, temps libre, préparation pour le départ (10 minutes avant).
    • Si votre enfant a pris la mauvaise habitude de paresser dans son lit ou de lambiner à chacune des étapes de préparation, vous pourriez le prévenir que chaque fois que vous devrez intervenir, il devra se coucher dix minutes plus tôt le soir.
    • Finalement, assurez-vous de réserver du temps pour… le plaisir dans chacune de vos journées!
    • Au retour de l’école, prenez quelques minutes pour accueillir vos enfants dans le calme et la bonne humeur plutôt qu’en leur donnant une série de consignes et en leur faisant des reproches. Réservez aussi du temps, avant l’heure du coucher, pour discuter ou lire une histoire. Nul besoin de faire des sorties chaque fin de semaine : une journée pyjama, une soirée cinéma ou un après-midi de jeux de société en famille sont souvent plus appréciés par nos jeunes hyper stimulés.
  • Évitez de surcharger l’horaire familial avec des activités parascolaires et autres sorties de  toutes sortes. Les enfants ont aussi besoin de relaxer. Dans le même ordre d’idées, revoyez si nécessaire la routine familiale afin que les enfants      bénéficient de suffisamment de temps pour partir la journée du bon pied et      pour la terminer sans être constamment bousculés.

Bien que la mise en place d’une routine exige rigueur et constance, celle-ci, une fois bien intégrée, sécurisera les enfants anxieux, facilitera la vie de tout le monde et vous permettra de diminuer la quantité d’interventions et de réprimandes. Bonne rentrée!

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À propos de Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »