5 principes de base de la fermeté bienveillante

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On parle beaucoup, depuis quelques années, de discipline positive et de bienveillance en intervention. Or, bien que j’adore les concepts de base liés à ces approches, il m’arrive souvent de trouver qu’elles sont un peu irréalistes et manquent d’équilibre. Ça manque nuance et de « Ça dépend! » On propose souvent une approche unique, douce et agréable, qui est sensée s’adapter à TOUS les enfants, en TOUTES CIRCONSTANCES. Par exemple, une auteure bien connue propose aux parents d’un enfant en crise de colère, de le prendre dans leurs bras et de lui donner un câlin. Or, il arrive effectivement qu’un geste affectueux soit tout ce dont l’enfant a besoin et que l’accueil du parent mette fin à la crise. Mais pas toujours! Et lorsqu’un enfant de 7 ou 8 ans s’oppose, nargue, insulte et frappe son parent, l’option câlin devient un non sens. D’autres auteurs suggèrent de ne pas mettre de limites ou de règles aux enfants, de ne jamais les gronder ni appliquer de sanction lorsqu’ils ont des comportements indésirables. Tous les enfants devraient comprendre les attentes de leur entourage et adopter de bons comportements simplement à partir des explications chaleureuses de leurs parents.  Manifestement, ces auteurs n’ont jamais travaillé auprès d’enfants en problème de comportement ou encore simplement dotés d’un tempérament fort! Selon moi, la bienveillance n’a aucun sens dans l’éducation des enfants sans la portion fermeté. Et la fermeté n’est pas plus éducative sans la bienveillance. Pour moi, fermeté ET bienveillance sont indissociables afin de fournir en environnement sécurisant à l’enfant et de le guider à la fois vers l’épanouissement et le respect des autres.

Dans mon livre, PARENT GROS BON SENS, je parle de cinq principes de base qui sont essentiels à retenir et à appliquer lorsqu’il est question de l’éducation des enfants : le consensus entre les parents, la clarté des règles et des attentes, la constance, l’adéquation des conséquences et la valorisation. Voici un résumé de ces principes.

1- Le consensus entre les parents

Votre conjoint et vous êtes deux personnes avec des valeurs, un tempérament et un passé différents. Il est normal que vous n’agissiez pas toujours de la même manière avec votre enfant ! C’est naturel, et votre enfant s’y habituera rapidement.Toutefois, pour qu’il se sente en sécurité et qu’il n’ait pas l’impression de devoir choisir lui-même lequel de ses deux parents a raison, il est essentiel que les règles et valeurs de base soient appliquées de façon semblable par les deux parents. Lorsque les parents sont séparés, le défi est encore plus grand, mais la constance demeure tout aussi importante.

Ne sabotez pas l’autorité de votre conjoint

Parent gros bon sens Une fois que vous vous êtes entendus sur les règles de base, n’en dérogez sous aucun prétexte. S’il arrive que vous soyez en désaccord avec une intervention de votre con- joint, abstenez-vous toujours de le lui dire (ou de le montrer !) devant l’enfant. Ne modifiez jamais une conséquence donnée par votre conjoint. Appuyez TOUTES ses décisions, même celles que vous jugez « douteuses ». Vaut mieux pour l’enfant qu’il ait une punition un peu trop sévère que de perdre la confiance qu’il a en votre jugement ou qu’il se sente responsable de vos querelles. Si papa et maman s’accusent l’un et l’autre de ne pas intervenir de la bonne façon, l’enfant risque de se demander qui est capable de l’élever! Le seul moment où il est nécessaire d’intervenir, c’est lorsque la situation risque de dégénérer et de conduire à des manifestations de violence physique ou verbale.

Laissez l’autre être lui-même et différent de soi

Votre conjoint n’a pas besoin de devenir votre clone… Vous pouvez adopter des styles d’autorité légèrement différents sans que cela soit nuisible pour votre enfant. Quelques différences dans les styles éducatif de l’un et de l’autre ne sont pas très graves! Les enfants s’adaptent et en retirent souvent des avantages, puisqu’ils développent la capacité de composer avec différentes personnalités.

En ce sens, même à l’écart des enfants, résistez à la tentation de remettre en doute toutes les décisions et interventions de votre conjoint. Il n’y a pas qu’une bonne façon de faire avec les enfants et sa manière est probablement tout aussi bonne que la vôtre. Éduquer un enfant est un travail d’équipe. Entendez-vous sur les « jeux de base », puis faites confiance à votre coéquipier pour le reste !

Plusieurs éléments peuvent varier d’un parent à l’autre en ce qui concerne l’encadrement parental. Voici quelques exemples :

  • Avant d’aller au lit, papa me lit une histoire, alors que maman me berce pendant quelques minutes.
  • Papa insiste sur les bonnes manières à table, alors que pour maman, ce n’est pas si important. Elle, ce qui l’agace, c’est quand Maxime et Julie se querellent et s’obstinent.
  • Avec papa, je dois ranger mon jeu avant d’en prendre un autre; avec maman, je dois tout ranger avant le repas.
  • Papa veut inculquer à ses enfants la valeur du travail, alors que maman tient à transmettre la tolérance. (Ces valeurs sont différentes, mais non contradictoires.)

Cependant, certains paramètres doivent absolument être semblables.

  • Les routines, comme les heures de repas et de coucher, le lieu et le moment
  • où se font les devoirs, etc.
  • Les valeurs et les règles de base. Par exemple, quel langage exigeons-nous ? Laissons-nous Alexandre jouer aux jeux vidéo tant qu’il le veut ? Imposons-nous certaines tâches à Catherine?
  • La nature des conséquences imposées en cas de besoin. Par exemple,que faisons-nous lorsque Maxime fait une crise de colère? Il va dans sa chambre cinq minutes ou il voit son comportement ignoré? Quelle est la conséquence lorsque Julie frappe son frère?
  • Les stratégies pour modifier un comportement. Par exemple, Julien dit des gros mots depuis quelque temps. Comment réagissons-nous à cela ?

2- La clarté des règles et des attentes

Impossible de s’attendre à ce que nos attentes soient respectées si elles ne sont pas d’abord définies avec clarté. Avec votre conjoint, et peut-être même avec les enfants (selon leur âge), précisez les trois ou quatre valeurs les plus importantes dans votre famille et établissez les règles qui en découlent. Sur une feuille ou un grand carton, inscrivez clairement quels sont les comportements souhaités et les comportements interdits. Indiquez également comment vous ferez respecter vos attentes et quelles sont les conséquences qui seront imposées en cas de nécessité.

De plus, lorsque vous établissez une règle ou donnez une consigne, assurez-vous qu’elle est bien comprise par votre enfant. Mettez-vous à sa hauteur, assurez-vous qu’il vous regarde, et dites-lui, dans une phrase courte, avec des mots simples et adaptés à son âge, ce que vous voulez qu’il fasse et ce qui est interdit. Adaptez votre langage à son niveau de com- préhension. Faites-lui répéter la consigne et demandez-lui s’il la respectera.

Voici d’ailleurs une vidéo pour vous aider

À éviter

Évitez les consignes vagues telles que : « Sois gentil », « Range ta chambre », « Calme- toi»,« Mange bien »,« Sois poli »,« Ne cours pas partout », « Partage avec ton frère ». Ces formulations, trop abstraites, ne veulent souvent rien dire pour l’enfant.

À privilégier

Privilégiez les consignes précises qui font appel à des comportements plutôt qu’à des valeurs : « Cesse de crier », « Ne lance pas d’objets », « Parle doucement SVP», « J’aimerais que tu prête ton camion à ton frère », « Mange avec ta fourchette mon coeur, pas avec tes doigts », « Dis merci », « Reste près de moi et tiens-moi la main, d’accord? ». ( Plutôt que « Sois poli » , « partage », etc.)

Au besoin, décortiquez les actions à faire. Plutôt que : « Va faire le ménage de ta chambre », dites plutôt : « Mets tes vêtements dans le panier à linge SVP. Bravo! Maintenant, mets tes livres sur l’étagère».

Dites-lui plutôt ce qu’il PEUT faire. « Au magasin, tu dois toujours me tenir la main pour ne pas te perdre. » « Lorsque tu es en colère, tu ne dois pas lancer d’objets. Par contre, tu peux aller dans ta chambre et serrer ton toutou très fort dans tes bras pour t’aider à te calmer. » « Chez tante Germaine, je ne veux pas que tu touches aux bibelots. Je veux que tu restes dans le salon où tu pourras écouter la télévision, jouer avec tes autos ou dessiner. » Faites des mises en situation, au besoin, afin de l’aider à mieux comprendre et à intégrer ce que vous attendez de lui.

Évitez de ne dire à votre enfant que ce que vous ne voulez pas qu’il fasse. Par exemple : « Au magasin, ne cours pas partout et ne touche à rien ».

À éviter

Évitez de donner des consignes à distance, lorsque votre enfant est absorbé dans un jeu ou écoute la télévision.

Évitez de faire un long discours pour justifier la consigne ou la règle en espérant qu’il comprendra : « C’est l’heure de rentrer, Justin, tu vois, il commence à faire noir et il faut que tu te couches parce qu’il y a de l’école demain et tu seras fatigué si tu te couches trop tard. Il faut prendre ton bain aussi, parce que tu es tout sale, bal, bla.. »

A privilégier

Prenez le temps de vous déplacer jusqu’à lui, de vous placer à sa hauteur et de vous assurer qu’il vous regarde avant de parler. Vous pouvez aussi lui demander de venir vous voir pour lui parler.

Limitez-vous à dix mots par consigne et choisissez des mots simples, qu’il connaît : « Justin! Dans cinq minutes, tu viens prendre ton bain! »

Répondez clairement et brièvement aux demandes. Lorsque votre enfant formule une demande, répondez par un OUI ou un NON clair et ferme. Si vous ne savez pas quoi répondre, dites-lui que vous allez y réfléchir. Ainsi, vous ne laisserez pas de place à l’argumentation et contribuerez à son sentiment de sécurité. La négociation ne devrait être possible pour l’enfant qu’à partir de la pré-adolescence (9 ou 10 ans). Avant cet âge, l’enfant n’a pas ce qu’il faut pour assumer une telle responsabilité.

 

3- La constance 

Ça, avouons que c’est l’étape la plus difficile! Avant de donner une consigne, d’énoncer une interdiction ou d’établir une règle, assurez- vous d’être déterminé à les faire appliquer jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Trop souvent, les parents donnent des consignes qu’ils abandonnent devant la résistance de leur enfant. Ils sapent ainsi leur crédibilité. L’enfant enregistre alors le message suivant : « NON ne veut pas nécessairement dire non. Si j’insiste suffisamment, il est possible que mon parent cède ».

Il arrive aussi que des parents mettent des règles en place lorsqu’ils constatent des problèmes dans les comportements des enfants pour ensuite les laisser tomber progressivement lorsque les comportements s’améliorent. En règle générale, les mauvais comportements ne tarderont pas à revenir… Choisissez vos batailles ! Il est préférable de réduire le nombre de règles au minimum, mais d’être très rigoureux quant à leur respect.

À éviter

  • Dire trois fois à Vincent de venir ranger son manteau, puis le ranger soi-même alors qu’on voit qu’il fait semblant de ne pas entendre. Il a très bien entendu et il vient d’enregistrer sa victoire. Il risque fort de répéter la tactique à l’heure du repas et au dodo.
  • Dire non à Christine pour un biscuit avant le repas puis, comme elle insiste, se dire que dans le fond, le souper n’est pas prêt et que ça ne coupera pas son appétit, et le lui donner.
  • Annoncer qu’il est défendu de sauter sur le canapé, mais laisser l’enfant le faire une journée parce qu’on est trop fatigué pour intervenir.
  • Instaurer une heure de coucher, mais avoir des « exceptions » trois fois par semaine…
  • Prévoir des conséquences aux mauvais comportements, mais ensuite répéter, menacer et « donner une dernière chance » sans vraiment agir, parce qu’on n’a pas trop envie de faire face à la colère de l’enfant. Une telle attitude du parent engendre généralement de l’irrespect, voire du mépris chez l’enfant !

4- Les conséquences

Ce n’est que vers l’adolescence que la plupart des enfants commencent à agir par principe et à avoir leshutterstock_75360700 sens des valeurs. (Ça ne les empêche pas nécessairement de désobéir, par contre…) D’ici là, tout naturellement, ils agissent par recherche du plaisir. Par exemple, un enfant de cinq ans qui refuse de prêter ses jouets n’est pas égoïste. C’est simplement qu’il ne voit pas d’avantage à partager. À vous de lui montrer (et non de lui expliquer). D’autre part, lorsque votre enfant vous parle sur un ton bourru ou utilise des mots irrespectueux, les longues explications sur l’importance du respect et les raisons pour lesquelles il devrait vous parler gentiment n’auront que peu d’effet s’il obtient tout de même ce qu’il souhaite. Il n’apprendra le respect que si vous l’exigez et si ses comportements inadéquats sont suivis par des sanctions.

Agissez sans sévir

« Agir » ne signifie pas nécessairement punir. Prendre l’enfant par la main pour l’amener à la tâche demandée, l’installer à un jeu plus calme s’il est trop excité, le faire descendre du canapé quand il y saute ou l’éloigner d’une source de danger sont des façons efficaces d’agir plutôt que de répéter.

Il est aussi possible de formuler des directives « conditionnelles » :

  • « Tu pourras écouter ton émission lorsque tu auras terminé de ranger tes blocs. Après ton bain, tu pourras jouer avec ton camion. »
  • « Tu pourras aller dehors avec tes amis lorsque tu auras fini de manger. »

(Notez la différence avec les formulations négatives comme : « Si tu ne manges pas, tu n’iras pas dehors ! »)

Privilégiez les conséquences naturelles

Les conséquences naturelles sont les plus efficaces. Non seulement elles sont inévitables, mais elles vous soustraient au rôle de « méchant » et obligent l’enfant à se responsabiliser. Donc, lorsque la sécurité n’est pas compromise, laissez tout simplement la vie suivre son cours sans intervenir. Laissez votre enfant faire des choix et en vivre les conséquences.

  • S’il ne mange pas suffisamment au repas, il aura faim par la suite. (Si vous ne le laissez pas se gaver ensuite, bien sûr !)
  • S’il s’endort trop tard, il sera fatigué le lendemain.
  • S’il n’économise pas son argent, il ne pourra pas se payer la sortie au cinéma avec ses copains.
  • S’il prend trop de temps à faire ses devoirs, il n’aura pas le temps de jouer.
  • S’il traîne pour sortir du bain, il ne restera plus de temps pour l’histoire avant le dodo. (Évidemment, il ne faut pas vous laisser attendrir…)

Choisissez des conséquences logiques

Lorsque les conséquences naturelles sont insuffisantes, c’est votre rôle que de préparer votre enfant à la « vraie vie » et de lui faire vivre les conséquences de ses actes. Les con- séquences logiques sont celles qui ont un lien évident avec le comportement de l’enfant. Généralement, elles permettent à l’enfant de réparer son erreur, de prévenir une autre situation du même type ou de bien comprendre l’impact de ses actes.Tentez donc, autant que possible, de relier la conséquence à l’acte :

  • Il utilise mal un jouet : on le lui confisque.
  • Il vole au magasin : on lui fait rapporter l’objet, on prend de l’argent dans sa tirelire ou on donne un de ses jouets à un organisme.
  • Il rentre en retard, il manquera sa prochaine sortie.
  • Il est désagréable aux repas : il mange à l’écart.
  • Il est marabout, rouspète et bougonne : il se couche tôt.
  • Il monopolise votre attention pendant votre émission : il ne pourra pas regarder la sienne.
  • Il se rend dans un endroit interdit, on lui confisque sa bicyclette.

Voici un lien vers un autre texte, plus complet, sur les conséquences et les punitions: CONSÉQUENCE OU PUNITIONS? 

5- La valorisation

Les études prouvent qu’il est de 8 à 10 fois plus efficace de féliciter un enfant lorsqu’il se conduit bien que de le réprimander lorsqu’il agit mal. Il sera donc plus efficace de souligner à Corinne qu’on est fier de la voir bien assise depuis deux minutes que de la reprendre chaque fois qu’elle se lève ou de la menacer de punition.

Préférez les marques de valorisation aux récompenses

Un remerciement sincère, un « Bravo, tu peux être fier de toi ! » qui vient du fond du cœur ou un câlin d’encouragement auront un effet bien plus intéressant que toutes les récompenses matérielles, qui risquent d’inciter l’enfant à « monnayer » sa bonne conduite.

En outre, si vous considérez que votre enfant a besoin ou mérite une récompense plus tangible, privilégiez plutôt des activités en famille, du temps seul avec lui ou une permission spéciale.

Quelques suggestions de privilèges à offrir en guise de récompenses : Se coucher plus tard;

  • Choisir le dessert;
  • Choisir le film;
  • Passer une soirée au cinéma, à la piscine ou au resto, seul avec papa ou maman; Bricoler toute la soirée avec maman;
  • Inviter des amis à coucher à la maison;
  • Avoir droit à son repas préféré;
  • Danser dans le salon et faire la fête;
  • Se voir offrir un petit mot gentil écrit de votre main, qui lui dit par exemple à quel point vous êtes content de l’avoir pour enfant.

Voici des liens vers une vidéo dans lesquelles je vous parle de valorisation

N’abusez pas des bonnes choses…

Assurez-vous de ne féliciter votre enfant que lorsqu’il l’a vraiment mérité, afin que les marques de valorisation et les récompenses gardent leur valeur. Si vous donnez à Maxime la récompense promise même s’il n’a pas vraiment respecté les consignes à l’épicerie, quel intérêt aura-t-il à bien se conduire la prochaine fois ? Si vous vous exclamez devant tous les gribouillis de Marie, pourquoi prendrait-elle le temps de s’appliquer ? Comment va-t-elle réagir lorsque son professeur d’art plastique lui donnera la note que son travail mérite?

En somme, être parent, c’est accepter de faire de la peine à notre enfant, faire face à sa colère et à sa déception, apprendre à surmonter notre culpabilité pour vraiment l’aider à s’adapter à la vie en société.

D’autres aspects de la fermeté bienveillante

Bien entendu, au delà de ces 5 bases, il existe plusieurs autres composantes de la fermeté bienveillante telles que:

  • L’attitude de leadership de l’adulte;
  • L’écoute et l’empathie;
  • Le respect des besoins et de la personnalité de l’enfant;
  • Décoder le sens des comportements;
  • La réponse aux besoins affectifs de l’enfant;
  • Enseigner et entraîner les bons comportements;
  • Diminuer les critiques et les reproches;
  • L’intervention du choix;
  • L’attitude positive de l’adulte;
  • La confiance en l’enfant;
  • Etc.

Je vous invite à consulter ma chaine youtube pour connaître une foule de trucs de fermeté bienveillante: CLIQUEZ ICI

Quand malgré tout les problèmes persistent

Capture d’écran 2017-09-05 à 14.41.20Que faire lorsque malgré une application somme toute correcte de ces principes de base, des comportements inadéquats subsistent? Que faire si, malgré une règle claire et l’application de conséquences, Maxime continue de pousser Sarah et de lui crier des injures à tout propos?

Dans mon livre et dans ma formation web PARENT GROS BON SENS, je vous suggère des méthodes concrètes pour mieux cibler vos interventions. Mieux comprendre les causes des comportements afin de mieux ajuster vos interventions.  Une foule de réflexions et de stratégies d’interventions qui vous permettront de devenir un coach, un entraîneur pour votre enfant, et ce, afin qu’il développe son plein potentiel et qu’il puisse apprécier les joies que peuvent lui apporter de saines relations avec sa famille et avec son entourage…

 

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12 trucs pour accompagner l’enfant en crise

Bien que très répandues, les crises de colère de nos enfants nous déconcertent et amènent souvent un grand sentiment d’impuissance. Comment les accompagner avec bienveillance sans toutefois encourager l’expression inadéquate des émotions?

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Il est tout d’abord de première importance de clarifier ceci: les crises de colère chez les enfants (en particulier entre 2 et 5 ans) sont tout à fait normales! Il ne faut donc pas s’en alarmer ni y voir la manifestation d’un trouble de comportement majeur. Bien que tous les enfants ne manifestent pas avec autant de vigueur leurs émotions négatives, il faut s’attendre à ce qu’un petit, doté à la base d’un tempérament fort et extraverti, exprime la peur, l’anxiété, la déception la colère et la peine de façon bruyante, que ce soit par des larmes, des cris ou parfois des gestes agressifs.

Les crises de colère débutent généralement vers l’âge de 18 mois à 2 ans, diminuent significativement avant l’entrée scolaire mais peuvent perdurer jusque vers huit ou neuf ans chez certains enfants plus émotifs. Elles atteindront leur « apogée » vers l’âge de 3 ans avec des crises qui peuvent parfois durer plus d’une heure, accompagnées de manifestations variées telles que cris, pleurs, gestes incontrôlés («bacon » par terre…), bris ou lancer d’objets. Certains enfants iront même jusqu’à se faire vomir, se cogner la tête, s’arracher les cheveux ou s’automutiler. Bien qu’impressionnantes, ces crises sont, encore une fois, «normales » et beaucoup d’enfants en feront, au grand dam de leurs parents.

Pourquoi?

Les causes sont multiples, toutefois, chez les tout petits (2 à 4 ans) elles sont le plus souvent un indice que l’enfant n’a pas encore développé suffisamment de maîtrise sur ses émotions ou le vocabulaire nécessaire afin de les exprimer verbalement. Imaginez donc que vous tentez d’exprimer votre colère dans une langue que vous ne maîtrisez pas très bien…

L’apprentissage de la gestion des émotions est un loooooong processus et la majorité des enfants éprouveront, pendant de nombreuses années, des difficultés importantes à survivre aux frustrations sans crier, pleurer de façon excessive ou carrément devenir agressif.

Visionnez la vidéo humoristique: « Les crises sont comme des caca mous! » 

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Que faire?

  1. Ne tentez pas de raisonner l’enfant en crise.  Le cerveau de l’enfant n’est tout simplement pas en mesure d’assimiler de l’information lorsqu’il est submergé par les émotions. Vous pouvez soit offrir un câlin à votre coco pour l’aider à se calmer, soit lui laisser le temps de se calmer lui-même:  » Ok, je vois que tu as besoin de pleurer, je te laisse seul et je reviens dans 2 minutes. » Sans ignorer totalement l’enfant alors qu’il est en plein désarroi , n’accordez pas trop d’attention à la crise de l’enfant et ne vous démenez pas pour la faire cesser. À trop en faire pour consoler l’enfant, on lui renvoie l’impression qu’on se sent coupable et qu’il n’est pas normal de vivre des frustrations.
  2. Calmez-vous d’abord! Si votre enfant a du mal à maîtriser ses propres émotions, la dernière chose dont il a besoin est que vous déversiez votre propre colère sur lui! Prenez 3-4 grandes respirations et rappelez-vous que l’enfant ne VOUS fait pas une crise, mais qu’il vit un moment difficile et a besoin de votre soutien.
  3. Accueillez ses émotions: Lorsque l’enfant vit une frustration, lorsqu’il se met à pleurer et crier, tentez d’abord de nommer et d’accueillir l’émotion de l’enfant:  » Ho! Tu es triste de ne pas pouvoir continuer à jouer? Oui, je comprends, c’était le fun hein? » « Hum… je vois que tu es très en colère contre moi. Oui, je comprends, ça arrive d’être fâché parfois. » Souvent, l’empathie de l’adulte aide l’enfant à mieux vivre et exprimer ses émotions. Avec le temps, il apprendra le langage des émotions pour éventuellement être en mesure d’exprimer verbalement ce qu’il ressent.
  4. Ne cédez pas! Si l’enfant argumente, insiste ou tente de discuter, dites simplement, une ou deux fois:  » Prends le temps de te calmer mon amour et on discutera après » Ne discutez pas et ne négociez pas avec un enfant lorsqu’il crie ou qu’il a tout autre comportement indésirable. Malgré votre empathie, les crises ne doivent apporter aucun gain à l’enfant sans quoi il risque fort de les répéter. « On ne négocie pas avec les terroristes » disait l’un de mes professeurs.
  5. Attendez que la tempête passe. Encouragez l’enfant à se calmer en lui parlant doucement ou encore laissez-le un peu seul si vous sentez que votre présence alimente la crise. Sans l’ignorer totalement, vous pouvez choisir de ne pas accorder trop d’attention à la crise, surtout si elle vous semble un peu trop théâtrale.
  6. Amenez-le prendre une pause. Toutefois, si la crise prend trop d’ampleur, si l’enfant vous frappe, lance des objets ou profère de menaces et des injures, demandez-lui calmement et fermement d’aller se calmer dans un endroit prévu pour le retrait:  » Ho, tu es trop en colère. Viens avec moi, on va aller se calmer un peu à ta chambre, ça te fera du bien. Accompagnez-le ou prenez-le dans vos bras au besoin, sans brusquerie. Dites: « Ok, tu peux te reposer un peu ou pleurer. Prends le temps de te calmer. Je serai juste à coté. Je reviens te voir dans trois minutes. » Le coin retrait devrait être un endroit agréable qui aidera l’enfant à se calmer et non un endroit punitif. La chambre à coucher ou un petit coin aménagé au salon avec un doudou et une peluche peuvent généralement faire l’affaire. Dans les cas où l’enfant est de tempérament anxieux ou s’il semble très envahi par les émotions, il peut être pertinent que l’adulte reste avec l’enfant en retrait.
  7. N’en rajoutez pas! Pendant toute la durée de la crise, parlez très peu. Ne réagissez pas à ses tentatives de provocation. Restez ferme, solide et un peu distant ( ni chaleureux, ni agressif). Votre attitude doit démontrer que vous comprenez sa colère, mais que vous ne cèderez pas. Évitez les menaces de conséquences et les cris. Ils ne font que jeter de l’huile sur le feu.
  8. Aidez-le à se calmer. Pendant la crise, allez voir l’enfant toutes les 5 à 10 minutes et demandez-lui posément s’il est plus calme.  » Ça va mieux mon coco? La colère est passée? » S’il semble un peu plus calme, entrez dans sa chambre et offrez-lui un câlin ou des caresses pour l’aider à finir de se calmer. S’il est encore agressif, revenez plus tard. Surtout ne soyez pas agressant dans votre façon de l’aborder. Rien ne sert de « rallumer la mèche » Au besoin, allez vous même vous calmer avant de venir le voir.
  9. C’est l’adulte qui décide de la fin du retrait, pas l’enfant. Ne cédez pas devant les supplications ni l’agressivité de l’enfant. Le retrait ne se termine que lorsque le parent sent un retour au calme et qu’il sent une réelle attitude de collaboration chez l’enfant . Tant qu’il reste agressif, arrogant ou fermé, il reste en retrait.
  10. À la fin de la crise, faites un très court retour sur la situation: « Tu étais  fâché parce que… mais tu criais très fort. Tu avais besoin de venir te calmer un peu hein? » Clarifiez vos attentes: « Tu n’as pas le droit de me frapper, même quand tu es fâché. Pour le reste de la soirée je veux que tu… » Annoncez brièvement  la conséquence, s’il y a lieu. Si l’enfant recommence à s’opposer pendant cette discussion, sortez et revenez plus tard. Ne revenez plus sur la situation par la suite.
  11. Attendez quelques heures avant de revenir en profondeur sur la situation. Si vous désirez enseigner quelque chose à l’enfant, faites-le plutôt dans un moment où il va bien. Le cerveau de l’enfant est bien plus disponible aux apprentissages quand il est de bonne humeur que juste après une crise. Aussi, rappelez-vous qu’après une grosse crise, l’enfant restera plus fragile à exploser de nouveau et ce, pendant quelques heures.
  12. Soyez patient! Le cerveau des enfants est en pleine construction. Plus il grandira, meilleure sera sa capacité à gérer et exprimer adéquatement les émotions intenses.

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Ce texte est tiré et adapté du best seller, PARENT GROS BON SENS, disponible dans toutes les librairies.

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