5 principes de base de la fermeté bienveillante

mountain tours

On parle beaucoup, depuis quelques années, de discipline positive et de bienveillance en intervention. Or, bien que j’adore les concepts de base liés à ces approches, il m’arrive souvent de trouver qu’elles sont un peu irréalistes et manquent d’équilibre. Ça manque nuance et de « Ça dépend! » On propose souvent une approche unique, douce et agréable, qui est sensée s’adapter à TOUS les enfants, en TOUTES CIRCONSTANCES. Par exemple, une auteure bien connue propose aux parents d’un enfant en crise de colère, de le prendre dans leurs bras et de lui donner un câlin. Or, il arrive effectivement qu’un geste affectueux soit tout ce dont l’enfant a besoin et que l’accueil du parent mette fin à la crise. Mais pas toujours! Et lorsqu’un enfant de 7 ou 8 ans s’oppose, nargue, insulte et frappe son parent, l’option câlin devient un non sens. D’autres auteurs suggèrent de ne pas mettre de limites ou de règles aux enfants, de ne jamais les gronder ni appliquer de sanction lorsqu’ils ont des comportements indésirables. Tous les enfants devraient comprendre les attentes de leur entourage et adopter de bons comportements simplement à partir des explications chaleureuses de leurs parents.  Manifestement, ces auteurs n’ont jamais travaillé auprès d’enfants en problème de comportement ou encore simplement dotés d’un tempérament fort! Selon moi, la bienveillance n’a aucun sens dans l’éducation des enfants sans la portion fermeté. Et la fermeté n’est pas plus éducative sans la bienveillance. Pour moi, fermeté ET bienveillance sont indissociables afin de fournir en environnement sécurisant à l’enfant et de le guider à la fois vers l’épanouissement et le respect des autres.

Dans mon livre, PARENT GROS BON SENS, je parle de cinq principes de base qui sont essentiels à retenir et à appliquer lorsqu’il est question de l’éducation des enfants : le consensus entre les parents, la clarté des règles et des attentes, la constance, l’adéquation des conséquences et la valorisation. Voici un résumé de ces principes.

1- Le consensus entre les parents

Votre conjoint et vous êtes deux personnes avec des valeurs, un tempérament et un passé différents. Il est normal que vous n’agissiez pas toujours de la même manière avec votre enfant ! C’est naturel, et votre enfant s’y habituera rapidement.Toutefois, pour qu’il se sente en sécurité et qu’il n’ait pas l’impression de devoir choisir lui-même lequel de ses deux parents a raison, il est essentiel que les règles et valeurs de base soient appliquées de façon semblable par les deux parents. Lorsque les parents sont séparés, le défi est encore plus grand, mais la constance demeure tout aussi importante.

Ne sabotez pas l’autorité de votre conjoint

Parent gros bon sens Une fois que vous vous êtes entendus sur les règles de base, n’en dérogez sous aucun prétexte. S’il arrive que vous soyez en désaccord avec une intervention de votre con- joint, abstenez-vous toujours de le lui dire (ou de le montrer !) devant l’enfant. Ne modifiez jamais une conséquence donnée par votre conjoint. Appuyez TOUTES ses décisions, même celles que vous jugez « douteuses ». Vaut mieux pour l’enfant qu’il ait une punition un peu trop sévère que de perdre la confiance qu’il a en votre jugement ou qu’il se sente responsable de vos querelles. Si papa et maman s’accusent l’un et l’autre de ne pas intervenir de la bonne façon, l’enfant risque de se demander qui est capable de l’élever! Le seul moment où il est nécessaire d’intervenir, c’est lorsque la situation risque de dégénérer et de conduire à des manifestations de violence physique ou verbale.

Laissez l’autre être lui-même et différent de soi

Votre conjoint n’a pas besoin de devenir votre clone… Vous pouvez adopter des styles d’autorité légèrement différents sans que cela soit nuisible pour votre enfant. Quelques différences dans les styles éducatif de l’un et de l’autre ne sont pas très graves! Les enfants s’adaptent et en retirent souvent des avantages, puisqu’ils développent la capacité de composer avec différentes personnalités.

En ce sens, même à l’écart des enfants, résistez à la tentation de remettre en doute toutes les décisions et interventions de votre conjoint. Il n’y a pas qu’une bonne façon de faire avec les enfants et sa manière est probablement tout aussi bonne que la vôtre. Éduquer un enfant est un travail d’équipe. Entendez-vous sur les « jeux de base », puis faites confiance à votre coéquipier pour le reste !

Plusieurs éléments peuvent varier d’un parent à l’autre en ce qui concerne l’encadrement parental. Voici quelques exemples :

  • Avant d’aller au lit, papa me lit une histoire, alors que maman me berce pendant quelques minutes.
  • Papa insiste sur les bonnes manières à table, alors que pour maman, ce n’est pas si important. Elle, ce qui l’agace, c’est quand Maxime et Julie se querellent et s’obstinent.
  • Avec papa, je dois ranger mon jeu avant d’en prendre un autre; avec maman, je dois tout ranger avant le repas.
  • Papa veut inculquer à ses enfants la valeur du travail, alors que maman tient à transmettre la tolérance. (Ces valeurs sont différentes, mais non contradictoires.)

Cependant, certains paramètres doivent absolument être semblables.

  • Les routines, comme les heures de repas et de coucher, le lieu et le moment
  • où se font les devoirs, etc.
  • Les valeurs et les règles de base. Par exemple, quel langage exigeons-nous ? Laissons-nous Alexandre jouer aux jeux vidéo tant qu’il le veut ? Imposons-nous certaines tâches à Catherine?
  • La nature des conséquences imposées en cas de besoin. Par exemple,que faisons-nous lorsque Maxime fait une crise de colère? Il va dans sa chambre cinq minutes ou il voit son comportement ignoré? Quelle est la conséquence lorsque Julie frappe son frère?
  • Les stratégies pour modifier un comportement. Par exemple, Julien dit des gros mots depuis quelque temps. Comment réagissons-nous à cela ?

2- La clarté des règles et des attentes

Impossible de s’attendre à ce que nos attentes soient respectées si elles ne sont pas d’abord définies avec clarté. Avec votre conjoint, et peut-être même avec les enfants (selon leur âge), précisez les trois ou quatre valeurs les plus importantes dans votre famille et établissez les règles qui en découlent. Sur une feuille ou un grand carton, inscrivez clairement quels sont les comportements souhaités et les comportements interdits. Indiquez également comment vous ferez respecter vos attentes et quelles sont les conséquences qui seront imposées en cas de nécessité.

De plus, lorsque vous établissez une règle ou donnez une consigne, assurez-vous qu’elle est bien comprise par votre enfant. Mettez-vous à sa hauteur, assurez-vous qu’il vous regarde, et dites-lui, dans une phrase courte, avec des mots simples et adaptés à son âge, ce que vous voulez qu’il fasse et ce qui est interdit. Adaptez votre langage à son niveau de com- préhension. Faites-lui répéter la consigne et demandez-lui s’il la respectera.

Voici d’ailleurs une vidéo pour vous aider

À éviter

Évitez les consignes vagues telles que : « Sois gentil », « Range ta chambre », « Calme- toi»,« Mange bien »,« Sois poli »,« Ne cours pas partout », « Partage avec ton frère ». Ces formulations, trop abstraites, ne veulent souvent rien dire pour l’enfant.

À privilégier

Privilégiez les consignes précises qui font appel à des comportements plutôt qu’à des valeurs : « Cesse de crier », « Ne lance pas d’objets », « Parle doucement SVP», « J’aimerais que tu prête ton camion à ton frère », « Mange avec ta fourchette mon coeur, pas avec tes doigts », « Dis merci », « Reste près de moi et tiens-moi la main, d’accord? ». ( Plutôt que « Sois poli » , « partage », etc.)

Au besoin, décortiquez les actions à faire. Plutôt que : « Va faire le ménage de ta chambre », dites plutôt : « Mets tes vêtements dans le panier à linge SVP. Bravo! Maintenant, mets tes livres sur l’étagère».

Dites-lui plutôt ce qu’il PEUT faire. « Au magasin, tu dois toujours me tenir la main pour ne pas te perdre. » « Lorsque tu es en colère, tu ne dois pas lancer d’objets. Par contre, tu peux aller dans ta chambre et serrer ton toutou très fort dans tes bras pour t’aider à te calmer. » « Chez tante Germaine, je ne veux pas que tu touches aux bibelots. Je veux que tu restes dans le salon où tu pourras écouter la télévision, jouer avec tes autos ou dessiner. » Faites des mises en situation, au besoin, afin de l’aider à mieux comprendre et à intégrer ce que vous attendez de lui.

Évitez de ne dire à votre enfant que ce que vous ne voulez pas qu’il fasse. Par exemple : « Au magasin, ne cours pas partout et ne touche à rien ».

À éviter

Évitez de donner des consignes à distance, lorsque votre enfant est absorbé dans un jeu ou écoute la télévision.

Évitez de faire un long discours pour justifier la consigne ou la règle en espérant qu’il comprendra : « C’est l’heure de rentrer, Justin, tu vois, il commence à faire noir et il faut que tu te couches parce qu’il y a de l’école demain et tu seras fatigué si tu te couches trop tard. Il faut prendre ton bain aussi, parce que tu es tout sale, bal, bla.. »

A privilégier

Prenez le temps de vous déplacer jusqu’à lui, de vous placer à sa hauteur et de vous assurer qu’il vous regarde avant de parler. Vous pouvez aussi lui demander de venir vous voir pour lui parler.

Limitez-vous à dix mots par consigne et choisissez des mots simples, qu’il connaît : « Justin! Dans cinq minutes, tu viens prendre ton bain! »

Répondez clairement et brièvement aux demandes. Lorsque votre enfant formule une demande, répondez par un OUI ou un NON clair et ferme. Si vous ne savez pas quoi répondre, dites-lui que vous allez y réfléchir. Ainsi, vous ne laisserez pas de place à l’argumentation et contribuerez à son sentiment de sécurité. La négociation ne devrait être possible pour l’enfant qu’à partir de la pré-adolescence (9 ou 10 ans). Avant cet âge, l’enfant n’a pas ce qu’il faut pour assumer une telle responsabilité.

 

3- La constance 

Ça, avouons que c’est l’étape la plus difficile! Avant de donner une consigne, d’énoncer une interdiction ou d’établir une règle, assurez- vous d’être déterminé à les faire appliquer jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Trop souvent, les parents donnent des consignes qu’ils abandonnent devant la résistance de leur enfant. Ils sapent ainsi leur crédibilité. L’enfant enregistre alors le message suivant : « NON ne veut pas nécessairement dire non. Si j’insiste suffisamment, il est possible que mon parent cède ».

Il arrive aussi que des parents mettent des règles en place lorsqu’ils constatent des problèmes dans les comportements des enfants pour ensuite les laisser tomber progressivement lorsque les comportements s’améliorent. En règle générale, les mauvais comportements ne tarderont pas à revenir… Choisissez vos batailles ! Il est préférable de réduire le nombre de règles au minimum, mais d’être très rigoureux quant à leur respect.

À éviter

  • Dire trois fois à Vincent de venir ranger son manteau, puis le ranger soi-même alors qu’on voit qu’il fait semblant de ne pas entendre. Il a très bien entendu et il vient d’enregistrer sa victoire. Il risque fort de répéter la tactique à l’heure du repas et au dodo.
  • Dire non à Christine pour un biscuit avant le repas puis, comme elle insiste, se dire que dans le fond, le souper n’est pas prêt et que ça ne coupera pas son appétit, et le lui donner.
  • Annoncer qu’il est défendu de sauter sur le canapé, mais laisser l’enfant le faire une journée parce qu’on est trop fatigué pour intervenir.
  • Instaurer une heure de coucher, mais avoir des « exceptions » trois fois par semaine…
  • Prévoir des conséquences aux mauvais comportements, mais ensuite répéter, menacer et « donner une dernière chance » sans vraiment agir, parce qu’on n’a pas trop envie de faire face à la colère de l’enfant. Une telle attitude du parent engendre généralement de l’irrespect, voire du mépris chez l’enfant !

4- Les conséquences

Ce n’est que vers l’adolescence que la plupart des enfants commencent à agir par principe et à avoir leshutterstock_75360700 sens des valeurs. (Ça ne les empêche pas nécessairement de désobéir, par contre…) D’ici là, tout naturellement, ils agissent par recherche du plaisir. Par exemple, un enfant de cinq ans qui refuse de prêter ses jouets n’est pas égoïste. C’est simplement qu’il ne voit pas d’avantage à partager. À vous de lui montrer (et non de lui expliquer). D’autre part, lorsque votre enfant vous parle sur un ton bourru ou utilise des mots irrespectueux, les longues explications sur l’importance du respect et les raisons pour lesquelles il devrait vous parler gentiment n’auront que peu d’effet s’il obtient tout de même ce qu’il souhaite. Il n’apprendra le respect que si vous l’exigez et si ses comportements inadéquats sont suivis par des sanctions.

Agissez sans sévir

« Agir » ne signifie pas nécessairement punir. Prendre l’enfant par la main pour l’amener à la tâche demandée, l’installer à un jeu plus calme s’il est trop excité, le faire descendre du canapé quand il y saute ou l’éloigner d’une source de danger sont des façons efficaces d’agir plutôt que de répéter.

Il est aussi possible de formuler des directives « conditionnelles » :

  • « Tu pourras écouter ton émission lorsque tu auras terminé de ranger tes blocs. Après ton bain, tu pourras jouer avec ton camion. »
  • « Tu pourras aller dehors avec tes amis lorsque tu auras fini de manger. »

(Notez la différence avec les formulations négatives comme : « Si tu ne manges pas, tu n’iras pas dehors ! »)

Privilégiez les conséquences naturelles

Les conséquences naturelles sont les plus efficaces. Non seulement elles sont inévitables, mais elles vous soustraient au rôle de « méchant » et obligent l’enfant à se responsabiliser. Donc, lorsque la sécurité n’est pas compromise, laissez tout simplement la vie suivre son cours sans intervenir. Laissez votre enfant faire des choix et en vivre les conséquences.

  • S’il ne mange pas suffisamment au repas, il aura faim par la suite. (Si vous ne le laissez pas se gaver ensuite, bien sûr !)
  • S’il s’endort trop tard, il sera fatigué le lendemain.
  • S’il n’économise pas son argent, il ne pourra pas se payer la sortie au cinéma avec ses copains.
  • S’il prend trop de temps à faire ses devoirs, il n’aura pas le temps de jouer.
  • S’il traîne pour sortir du bain, il ne restera plus de temps pour l’histoire avant le dodo. (Évidemment, il ne faut pas vous laisser attendrir…)

Choisissez des conséquences logiques

Lorsque les conséquences naturelles sont insuffisantes, c’est votre rôle que de préparer votre enfant à la « vraie vie » et de lui faire vivre les conséquences de ses actes. Les con- séquences logiques sont celles qui ont un lien évident avec le comportement de l’enfant. Généralement, elles permettent à l’enfant de réparer son erreur, de prévenir une autre situation du même type ou de bien comprendre l’impact de ses actes.Tentez donc, autant que possible, de relier la conséquence à l’acte :

  • Il utilise mal un jouet : on le lui confisque.
  • Il vole au magasin : on lui fait rapporter l’objet, on prend de l’argent dans sa tirelire ou on donne un de ses jouets à un organisme.
  • Il rentre en retard, il manquera sa prochaine sortie.
  • Il est désagréable aux repas : il mange à l’écart.
  • Il est marabout, rouspète et bougonne : il se couche tôt.
  • Il monopolise votre attention pendant votre émission : il ne pourra pas regarder la sienne.
  • Il se rend dans un endroit interdit, on lui confisque sa bicyclette.

Voici un lien vers un autre texte, plus complet, sur les conséquences et les punitions: CONSÉQUENCE OU PUNITIONS? 

5- La valorisation

Les études prouvent qu’il est de 8 à 10 fois plus efficace de féliciter un enfant lorsqu’il se conduit bien que de le réprimander lorsqu’il agit mal. Il sera donc plus efficace de souligner à Corinne qu’on est fier de la voir bien assise depuis deux minutes que de la reprendre chaque fois qu’elle se lève ou de la menacer de punition.

Préférez les marques de valorisation aux récompenses

Un remerciement sincère, un « Bravo, tu peux être fier de toi ! » qui vient du fond du cœur ou un câlin d’encouragement auront un effet bien plus intéressant que toutes les récompenses matérielles, qui risquent d’inciter l’enfant à « monnayer » sa bonne conduite.

En outre, si vous considérez que votre enfant a besoin ou mérite une récompense plus tangible, privilégiez plutôt des activités en famille, du temps seul avec lui ou une permission spéciale.

Quelques suggestions de privilèges à offrir en guise de récompenses : Se coucher plus tard;

  • Choisir le dessert;
  • Choisir le film;
  • Passer une soirée au cinéma, à la piscine ou au resto, seul avec papa ou maman; Bricoler toute la soirée avec maman;
  • Inviter des amis à coucher à la maison;
  • Avoir droit à son repas préféré;
  • Danser dans le salon et faire la fête;
  • Se voir offrir un petit mot gentil écrit de votre main, qui lui dit par exemple à quel point vous êtes content de l’avoir pour enfant.

Voici des liens vers une vidéo dans lesquelles je vous parle de valorisation

N’abusez pas des bonnes choses…

Assurez-vous de ne féliciter votre enfant que lorsqu’il l’a vraiment mérité, afin que les marques de valorisation et les récompenses gardent leur valeur. Si vous donnez à Maxime la récompense promise même s’il n’a pas vraiment respecté les consignes à l’épicerie, quel intérêt aura-t-il à bien se conduire la prochaine fois ? Si vous vous exclamez devant tous les gribouillis de Marie, pourquoi prendrait-elle le temps de s’appliquer ? Comment va-t-elle réagir lorsque son professeur d’art plastique lui donnera la note que son travail mérite?

En somme, être parent, c’est accepter de faire de la peine à notre enfant, faire face à sa colère et à sa déception, apprendre à surmonter notre culpabilité pour vraiment l’aider à s’adapter à la vie en société.

D’autres aspects de la fermeté bienveillante

Bien entendu, au delà de ces 5 bases, il existe plusieurs autres composantes de la fermeté bienveillante telles que:

  • L’attitude de leadership de l’adulte;
  • L’écoute et l’empathie;
  • Le respect des besoins et de la personnalité de l’enfant;
  • Décoder le sens des comportements;
  • La réponse aux besoins affectifs de l’enfant;
  • Enseigner et entraîner les bons comportements;
  • Diminuer les critiques et les reproches;
  • L’intervention du choix;
  • L’attitude positive de l’adulte;
  • La confiance en l’enfant;
  • Etc.

Je vous invite à consulter ma chaine youtube pour connaître une foule de trucs de fermeté bienveillante: CLIQUEZ ICI

Quand malgré tout les problèmes persistent

Capture d’écran 2017-09-05 à 14.41.20Que faire lorsque malgré une application somme toute correcte de ces principes de base, des comportements inadéquats subsistent? Que faire si, malgré une règle claire et l’application de conséquences, Maxime continue de pousser Sarah et de lui crier des injures à tout propos?

Dans mon livre et dans ma formation web PARENT GROS BON SENS, je vous suggère des méthodes concrètes pour mieux cibler vos interventions. Mieux comprendre les causes des comportements afin de mieux ajuster vos interventions.  Une foule de réflexions et de stratégies d’interventions qui vous permettront de devenir un coach, un entraîneur pour votre enfant, et ce, afin qu’il développe son plein potentiel et qu’il puisse apprécier les joies que peuvent lui apporter de saines relations avec sa famille et avec son entourage…

 

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Ce que nos gaffes de parents enseignent aux enfants

ce que nos gaffes de parents enseignent aux enfantsOn cherche tous à être les meilleurs parents du monde et à offrir un milieu de vie sain à nos enfants. Mais qu’on le veuille ou non, il nous arrive tous de manquer de patience, d’être grincheux, de s’emporter, de n’être pas assez présents et de ne pas répondre adéquatement aux besoins de nos petits et grands. On se sent alors affreusement coupables. Mais  si nos petites erreurs de parents étaient en fait des cadeaux mal emballés pour nos enfants? Si, nos sautes d’humeur et nos imperfections parentales étaient, en fait, de fabuleuses opportunités pour nos enfants de faire toute sorte d’apprentissages qui leur serviront toute leur vie? 

  • Quand je manque de patience, j’enseigne à mes enfants que la patience a une limite… et qu’ils doivent s’arrêter avant de l’avoir atteinte. Je leur enseigne également à observer les autres afin de déceler leur irritation et mieux respecter leurs limites. 
  • Quand je me mets en colère contre eux (si ça n’arrive pas trop souvent), je leur enseigne qu’on peut parfois être très fâché et continuer de les aimer. Ils seront alors moins bouleversés lorsqu’un enseignant ou un ami se fâchera contre eux.
  • Quand je fais des erreurs, je leur enseigne qu’ils ont le droit de se tromper et que leurs parents sont humains.
  • Quand je dois m’excuser, je leur enseigne à assumer leurs erreurs.
  • Quand j’oublie de leur dire que je les aime, je leur enseigne que l’amour n’a pas toujours besoin de mots.
  • Quand je manque de temps pour eux, je leur enseigne à être indépendants.
  • Quand je pleure, je leur enseigne que les émotions négatives sont normales et qu’elles finissent par passer.
  • Quand je tente de m’améliorer comme parent, je leur enseigne à cesser de se culpabiliser inutilement pour leurs erreurs et à tirer les enseignements qui leur permettront de grandir eux aussi. 
  • Et quand leur vie est imparfaite malgré mes efforts, (déménagements, séparation, intimidation, échecs scolaires)  je bâtis chez eux la force et la résilience qui leur permettra plus tard de savoir se relever après les échecs et les coups durs. 

IMG_3260Les enfants n’ont pas besoin que les interventions de leurs parents soient parfaites, simplement qu’elles soient cohérentes et bienveillantes. Viser l’intervention idéale génère un stress inutile chez les parents qui se répercutera inévitablement chez l’enfant. En fait, il n’existe pas d’intervention parfaite et le spectre des bonnes façons de faire est souvent bien plus large qu’on ne le croit. Soyons indulgents envers nous-même comme parents et nous enseignerons ainsi l’indulgence à nos enfants! 

 

Ceci dit, bien que les enfants n’aient pas besoin de perfection, il convient tout de même de chercher à s’améliorer, devenir meilleur et limiter le nombre de nos gaffes. Perdre patience de temps à autre est normal et, à la rigueur, sain. Toutefois s’il vous arrive fréquemment de sortir de vos gonds et de vous emporter, si vous criez trop souvent ou avez l’habitude d’avoir des propos blessant pouvant nuire à l’estime personnel de vos enfant, il faudra alors chercher de l’aide. Car, bien que les enfants ne soit pas si fragiles qu’on puisse parfois le penser, leur estime personnel est toutefois en pleine construction. De plus, la relation de respect ( ou non…) que vous établissez maintenant avec votre enfant sera la base de la relation que vous aurez avec lui à l’adolescence. Ainsi, au besoin, n’hésitez pas à consulter un coach familial ou un psychologue au besoin. Je vous suggère également la formation web: GÉRER NOS ÉMOTIONS D’ADULTES … AFIN D’AIDER L’ENFANT À GÉRER LES SIENNES. 

gérer nos émotions d'adultes

 

Ce texte est tiré et adapté du livre: La famille une sacré entreprise, publié aux éditions de l’homme.

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La maudite belle-mère!

Quand les grands-parents se mêlent un peu trop de l’éducation des enfants.

votrebellemereetvous_carre_192[1]Samedi soir, souper de famille hebdomadaire, et voilà que Jacob, 3 ans, fait des chichis et refuse de manger son poulet en réclamant un quatrième verre de jus de raisin. Fidèle auditrice des chroniques SOS Nancy, vous savez bien que vous ne devez pas céder devant ses pleurs et rester ferme, même devant la menace d’une crise. « Tu manges d’abord et tu auras ton jus ensuite! » Mais voilà que belle-maman s’en mêle (encore!) et s’exclame : « PÔoooovre coco à sa Mamie… il a soif et il n’est plus capable de manger… Il n’a plus faim, c’est certain, faut pas le forcer hein… Mamie va t’en donner du jus… juste un petit peu! » GRRRRRrrrrr!

En fait, j’écris ici « belle-mère », mais ce pourrait tout aussi bien être la mère, le beau-père ou encore la belle-sœur qui se permet de s’ingérer dans nos interventions. Justement, voilà la belle-sœur (qui n’a pas d’enfant bien sûr…!) et qui, devant les pleurs de notre chérubin, prend un air intelligent avant de lancer sur le ton du spécialiste : « Voilà ce que ça fait les enfants gâtés! Les parents leur donnent tout ce qu’ils veulent, alors ensuite ils font des crises pour gagner! Nancy Doyon l’a dit à la télé l’autre jour. » Re-GRRrrrrr!

Dès qu’on a des enfants, il y a toujours quelqu’un qui regarde par-dessus notre épaule afin de voir comment on s’y prend et, bien sûr, ajouter son grain de sel… Par-dessus le marché, il faut bien avouer qu’il existe des enfants particulièrement doués pour s’organiser afin que leurs parents aient l’air fou! Mais comment réagir sans créer la troisième guerre mondiale???

Lâchez prise

Faites-vous donc à l’idée; VOUS NE POUVEZ PAS élever des enfants sans vous heurter un jour ou l’autre à la désapprobation de votre entourage. Même un coach familial se fait dire par les uns qu’elle n’est pas assez sévère et par les autres qu’elle l’est trop…. Il n’y a pas qu’une seule bonne façon de faire avec les enfants et votre façon peut être parfaite même si elle est opposée à celle que vous suggère votre mère. Écoutez ses commentaires sans vous laisser ébranler. Vous n’avez pas non plus à vous justifier. Dites simplement (idéalement avec le sourire…) : « Ha oui? Toi tu serais plus sévère? Hé bien… pas moi. » Changez ensuite de sujet.

Bien entendu, vous ne réussirez à avoir cette attitude que si, à l’intérieur de vous, vous faites taire la petite voix qui vous dit que vous êtes peut-être un mauvais parent…. En effet, c’est notre propre insécurité et parfois aussi notre manque d’estime personnelle qui nous amènent à recevoir comme une attaque en plein cœur, toute critique à l’égard de nos enfants ou de notre façon de les élever. Cessez de voir votre enfant comme votre bulletin de parent! D’ailleurs, peut-être que les commentaires ne sont pas si fous et que vous auriez avantage à en tenir compte???

Laissez-en passer…

Quand les grands-parents défont vos règles ou donnent des permissions que vous n’auriez pas données, ce n’est probablement pas dramatique. Sauf dans le cas où l’enfant passe beaucoup de temps chez ses grands-parents (s’ils le gardent en semaine par exemple ou qu’ils vivent juste à côté…), il est tout à fait possible d’expliquer qu’avec grand-maman, ce sont telles règles et à la maison, ce sont d’autres règles. Les enfants s’y adapteront (comme ils le font déjà avec les règles de la garderie). On peut aussi expliquer, avec humour, que le rôle des grands-parents est de gâter les enfants, mais que les parents, eux, doivent les élever s’ils ne veulent pas qu’ils deviennent des enfants gâtés. Ainsi, quand Mamie offrira un verre de jus à Jacob alors qu’on avait refusé, on pourra sourire et dire : « Ha! La vilaine Mamie!!! Elle va encore gâter son petit garçon… D’accord, tant pis pour ce soir, mais tu sais qu’à la maison, ce ne sera pas comme ça hein? »Dans le même ordre d’idée, ne tentez pas de contrôler votre entourage en présence des enfants sous prétexte qu’ils sont un mauvais exemple ou n’agissent pas selon vos valeurs. Vous n’avez donc pas à interdire à votre beau-frère de blasphémer ou à votre sœur de jouer au cowboy avec les enfants. Le monde n’est pas parfait, autant leur apprendre très tôt à vivre avec cela…

Établissez des limites claires

Dans le cas où l’attitude d’une personne de votre entourage vous blesse sérieusement ou encore si vous constatez que cela nuit rencontreréellement au développement de votre enfant, clarifiez vos attentes avec la personne concernée. N’attendez pas d’exploser en pleine réunion de famille! Ainsi, je vous suggère de trouver un moment opportun afin de discuter CALMEMENT et EN PRIVÉ. Sans accuser l’autre, dites clairement que, « probablement sans le vouloir », ses paroles vous blessent et que vous aimeriez qu’elle cesse ses commentaires. (Les gens font rarement volontairement du mal!) Clarifiez aussi vos attentes de la façon la plus concrète possible : « Papa, je ne veux plus que tu me parles quand j’interviens sur Juliette. Même si tu n’es pas d’accord, je veux que tu respectes mes décisions. » Dans certains cas, il sera peut-être nécessaire de mettre une distance ou d’espacer les visites afin de faire respecter votre limite. S’il est difficile pour vous de vous exprimer face à face, il est aussi possible d’écrire une lettre à la personne concernée dans laquelle vous expliquerez que vous tenez à la relation, mais que certaines choses doivent changer.

Au besoin, n’hésitez pas à consulter afin de bien faire la lumière sur les remarques que vous devriez tolérer et celles qui risquent de miner votre autorité ou votre relation avec vos enfants. Vous pourrez alors établir un plan d’action avec l’intervenant.

 

Écouter l’entrevue radio sur le sujet:

http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=107254