10 choses que le camping enseigne aux enfants

032 - CopiePour moi, l’odeur du feu de camp est synonyme de bonheur, de calme et de joie de vivre. Il me rappelle toutes ces fins de semaine d’été passées en camping où mes parents, mes deux soeurs et moi nous entassions dans notre minuscule roulotte. Des souvenirs d’enfance inoubliables.

Naturellement, j’ai voulu reproduire ce cadre avec ma fille. En tant que maman monoparentale, nos débuts de campeuses furent modestes. Nous avons donc sillonné le Québec dans une toute petite tente, puis, progressivement je me suis équipée du parfait kit de la campeuse pour enfin acheter une roulotte et m’établir comme campeuse saisonnière près d’un magnifique lac. J’y vais encore tous les weekends et j’arrive à y amener ma grande adolescente sans trop de chichis. En observant les enfants qui s’agitent autour de moi, je constate qu’au-delà du plaisir, le camping leur permet également de faire plusieurs apprentissages.

  1. Jouer dehors 

Enfin, on arrive à leur faire éteindre la télé, l’ordinateur les jeux kayakvidéo et autres gadgets électroniques pour découvrir le monde extérieur. Profiter de la plage, explorer la forêt, capturer des têtards et des lucioles… Un vrai retour aux sources! Et pour de meilleurs résultats, je vous suggère de limiter le confort de votre habitation. En effet, j’observe que plus la roulotte est grande et luxueuse, plus les parents ont du mal à faire sortir les enfants. Une tente, c’est l’idéal! La chaleur convainc même les plus récalcitrants de mettre le nez dehors.

  1. Se détacher

Étrangement, en camping, les parents laissent enfin leurs enfants s’éloigner un peu. Ces derniers peuvent se balader en vélo, aller jouer au parc avec des copains sans surveillance, en toute confiance. Les parents peuvent enfin respirer un peu et les enfants peuvent s’amuser sans se faire constamment dire quoi faire, comment le faire et quoi ne pas faire.

  1. Se salir

En camping, on sort le vieux linge, on joue dans la boue et dans les 026bois, on saute même une douche de temps en temps. Généralement, on n’a qu’à observer le t-shirt des enfants pour savoir ce qu’ils ont mangé dans la journée; traces de chocolat, de fraises, de terre… Le soir venu, les petits reviennent parfois tellement sales qu’un tour sous le boyau d’arrosage est nécessaire avant d’entrer dans la roulotte. Une amie à moi disait que le bonheur des enfants de mesure au cerne de crasse autour du bain le soir!

  1. Devenir plus intelligents et débrouillards

Loin des yeux des mamans poules, les enfants se permettent enfin quelques expériences et cascades. Ils apprennent alors, par essais et erreurs, à développer leur jugement et à mieux évaluer les risques de leurs comportements : qu’arrive-t-il si je m’assois sur un nid de fourmis? Est-ce que c’est chaud un tison?

monde imaginaireLoin du Wi Fi,  des « parents G.O. » et de la salle de jeu qui déborde, les enfants redécouvrent aussi leur créativité: « Que peut-on faire d’amusant avec un sceau, un filet et quelques branches? »

Je suis persuadée que les enfants qui ont fait beaucoup de camping sont plus intelligents que les autres!

  1. Devenir plus résistants

En camping, les enfants apprennent à tolérer les bibittes, les DSC01020écorchures, l’eau glacée des rivières et des lacs. Les petits aventuriers qui sommeillent en eux peuvent s’en donner à coeur joie. On reconnait généralement un enfant qui fait du camping à ses genoux gonflés de gales, ses bleus, ses joues rougies, ses cheveux en bataille et son sourire serein! C’est aussi le moment des vacances, donc on en profite pour se coucher tard après s’être empiffré de guimauves collantes.

  1. Socialiser

À l’école, les amitiés se construisent un peu d’elles-mêmes. En Dehors entre amiscamping, il faut faire l’effort d’aller vers les autres; identifier les enfants du même âge, se présenter, prendre le risque de se faire rejeter, proposer un jeu et partager ses jouets. Il faut aussi résister aux influences négatives et savoir s’éloigner des enfants qui ne correspondent pas à nos valeurs.

  1. Ne rien faire…et pendant longtemps!

vue de la tente roulotte! Quel réveilLes enfants d’aujourd’hui ont, durant toute l’année, des horaires qui s’apparentent à ceux du Premier ministre. Ils sont constamment stimulés, animés et encadrés. Le camping est idéal pour apprendre à relaxer, à contempler les étoiles et les nuages, à observer la forêt ou à rester assis devant un feu et regarder danser les flammes en discutant.

  1. Survivre à la proximité

Dans une tente ou dans une roulotte, la surface est restreinte. Il fautOn invite les animateurs à souper!!! donc accepter de partager l’espace et développer sa tolérance. Le camping est aussi une formidable opportunité de se rapprocher les uns des autres, de discuter avec nos grands, de jouer avec nos petits et de partager des moments qui resteront gravés dans notre mémoire pour toujours. Un de mes plus beaux souvenirs avec ma fille, c’est lorsque vers l’âge de cinq ans, elle s’est endormie dans mes bras, emmitouflée dans une grosse couverture devant le feu, en regardant les étoiles filantes.

  1. Sortir les jeux de société

Durant les jours de pluie, on sort les jeux de cartes et de société, les blocs Lego et tous les autres jeux qui, habituellement, accumulent la poussière à la maison.

  1. Apprendre à s’entraider

À la maison, les parents ont souvent le réflexe de tout faire à la place024 des enfants. En camping, on leur demande plus souvent un coup de main pour nous aider à monter la tente, faire la popotte et la vaisselle ou aller chercher du petit bois.

Plutôt que de rester entre quatre murs ou de faire des activités qui sont disponibles à l’année, pourquoi ne pas faire qu’un avec la nature et sortir de sa zone de confort? Prendre l’air en famille fait le plus grand bien, surtout quand on veut s’éloigner du stress quotidien que nous vivons les 350 autres jours de l’année. En plus d’être agréable, ressourçant et éducatif, le camping créera assurément

15 façons de nourrir l’estime de soi de nos enfants

Estime de soi
Nous désirons tous que nos enfants soient heureux. L’estime de soi étant un des fondements de la motivation et un moteur de réussite, il importe de tenter, dès leur plus jeune âge, d’aider nos cocos à développer une conscience de leur valeur personnelle. Les personnes dotées d’une bonne estime personnelle réussissent mieux à l’école, sont moins enclines au décrochage scolaire, ont moins de troubles de comportement et souffrent moins de dépression. Toutefois, l’estime de soi étant fragile, celui-ci variera tout au long de notre vie et sera teinté de nos réussites comme de nos échecs. Nous aimons nos enfants et le leur rappelons souvent bien sûr, mais que faire de plus pour les aider à développer un amour-propre solide?

QU’EST-CE QUE L’ESTIME DE SOI?

L’estime de soi est une attitude intérieure qui nous confirme que nous sommes une bonne personne, une personne digne d’amour et de considération. C’est la façon de s’accorder à soi-même de la valeur et de s’aimer malgré ses qualités et ses défauts. C’est avoir, de façon générale, une bonne opinion de soi-même tout en acceptant ses imperfections. Les enfants diront, de façon plus concrète, qu’ils sont fiers d’eux ou de certaines de leurs actions. Cet amour-propre est aussi un proche cousin de la confiance en soi, cette attitude intérieure qui nous motive et nous pousse à l’effort parce que nous croyons que nous pouvons réussir.

COMMENT SE DÉVELOPPE L’ESTIME DE SOI?

Pour que l’enfant développe une image personnelleimagesCA4TS130 positive, les compliments et le regard confiant des adultes significatifs jouent un rôle déterminant. Toutefois, c’est souvent l’accumulation des réussites et des petites fiertés qui convaincront graduellement l’enfant de sa valeur. Chaque réussite laisse une empreinte émotive agréable chez l’enfant et lui renvoie la perception qu’il sera capable de réussir à nouveau, le motivant un peu plus à fournir les efforts qui le mèneront invariablement vers de nouveaux succès qui nourriront à leur tour son estime personnel.

POURQUOI EST-CE SI IMPORTANT?

Les gens qui ont une bonne opinion d’eux-mêmes sont généralement plus souriants et plus heureux que les autres. Ils réussissent davantage au travail comme à l’école, savent s’affirmer sainement,  choisissent un métier qui leur convient plutôt que de se contenter d’un boulot médiocre, font des choix plus judicieux quant à leurs amitiés et à leurs relations amoureuses. Ils sont aussi souvent plus résilients et savent davantage rebondir lors des échecs et difficultés inévitables de la vie.

QUE FAIRE POUR NOURRIR L’ESTIME DE L’ENFANT?

1- Faites-lui régulièrement des compliments sincères qui viennent du cœur

Vaut mieux un « merci » sincère et bien senti que vingt « bravo champion » lancés sans trop y penser. Vous savez, la différence entre un « je t’aime » de votre conjoint lancé de façon machinale et CE « je t’aime » qu’il vous dit en vous regardant dans les yeux avec la voix chargée d’émotion?

2- Évitez de saupoudrer vos compliments de commentaires empoisonnés 

«Booon! Tu t’es enfin décidé à ranger ta chambre! Tu ne trouves pas que c’est plus joli ainsi? Tu vois que tu es capable d’être responsable quand tu veux! »

Vous ne voyez pas ce qui cloche avec ce compliment? Imaginez que votre conjoint vous dit, juste avant de sortir manger au restaurant : « Boooon! Tu t’es enfin décidé à t’habiller en robe! Tu ne trouves pas que tu es plus jolie ainsi? Tu vois que tu es capable d’être féminine quand tu veux! » Personnellement, je serais insultée pas ce « compliment », pas vous?

3- Réalisez avec lui un coffre aux trésors ou un cahier des réussitescahier réussites

Placez, dans un album ou un coffre, toutes les « preuves » de ses réussites : un examen bien réussi, un bricolage génial, une photo d’un exploit sportif, un petit mot écrit de votre main qui le remercie d’un service rendu, une carte d’anniversaire d’un ami qui lui dit combien il l’apprécie, etc.

Dans certains cas, on pourra aussi mettre en place un système de motivation de façon à accorder davantage d’attention à ses bons coups qu’à ses comportements indésirables.

4- Évitez de le réprimander en public

Les reproches publics sont parfois humiliants pour l’enfant qui doit, en plus d’assumer votre désapprobation, composer avec le regard des autres. Si vous devez intervenir alors que vous êtes en présence d’autres personnes, parlez-lui à voix basse ou amenez-le à l’écart.

5- Parlez de lui positivement aux autres adultes même en son absence

Savez-vous quand vos enfants vous écoutent le plus? Quand vous ne leur parlez pas! En effet, ils croient bien davantage ce qu’ils vous entendent dire à d’autres adultes que ce que vous leur dites directement. J’entends malheureusement trop souvent des parents, lorsqu’ils sont entre eux, étaler les défauts de leurs enfants et se plaindre des aléas de la parentalité. L’enfant qui entend ça, risque fort d’avoir l’impression qu’il est un boulet pour sa famille. Sans faire semblant que tout est toujours rose dans votre maison, renvoyez tout de même une image agréable de votre enfant à votre entourage.

6- Soignez vos propres pensés, vos croyances etimagesZWC8784W la perception que vous avez de lui

Je dis souvent que les enfants ont une antenne de la NASA sur la tête! Ils « sentent » les gens qui les entourent et se moulent souvent inconsciemment à la perception que les adultes ont d’eux.

Connaissez-vous « l’effet pygmalion[1] »? À la fin des années soixante, deux chercheurs, Rosenthal et Jacobson, font passer un test de QI à tous les élèves d’une école primaire de San Francisco, aux États-Unis. Ils s’arrangent ensuite pour que les enseignants prennent connaissance des résultats qu’ils avaient d’abord falsifiés afin de faire croire que certains élèves, choisis au hasard, étaient en fait surdoués. À la fin de l’année, Rosenthal et Jacobson font repasser le test de QI aux élèves. Le résultat de l’expérience démontre qu’une année après le premier test, les élèves perçus par les enseignants comme plus intelligents que la moyenne ont amélioré de 5 à plus de 25 points leurs performances au test d’intelligence. Ainsi, la simple croyance de l’enseignant sur la douance de l’enfant, avait modifié de façon significative le développement ce celui-ci.

Donc, si vous avez une opinion positive de votre enfant, si vous lui faites confiance et croyez qu’il deviendra une bonne personne, vous lui permettrez possiblement de se développer à cette image.

7- Cessez de relever chacune de ses erreurs et de multiplier les reproches et les punitions

Personne n’aime être constamment pris en défaut. Imaginez qu’en voiture, votre conjoint ne cesse de surveiller ce que vous faites et passe des remarques sur chacune de vos fautes. N’aurez-vous pas envie de vous mettre en colère? De lui remettre les clés et de refuser de conduire en sa présence? Ne perdrez-vous pas progressivement votre confiance en vos talents de conductrice? Trop de pression nuit à l’estime de soi et augmente le stress. Choisissez vos batailles, n’intervenez que sur l’essentiel et remettez à plus tard certains apprentissages. Rappelez-vous que vous avez 18 ans pour tout enseigner à votre enfant!

8- Évitez de le culpabiliser

Certains parents, pour faire comprendre à l’enfant la gravité de ses actes, utilisent des phrases telles que : « Tu vas me rendre malade!» « Tu as gâché nos vacances! », « Tu es méchant! », « Tu fais toujours exprès de faire pleurer ton frère! », « Tu es un menteur! On ne peut pas te faire confiance. », « Fais donc attention pour une fois! Chaque fois qu’on te donne quelque chose, tu le brises! Tu ne fais attention à rien! » Ce type de phrases, en plus de miner la confiance en soi, fait généralement monter les mécanismes de défense de l’enfant qui sera alors peut-être tenté de mentir ou de rejeter la faute sur les autres pour éviter de se sentir coupable.

9- Dédramatisez ses erreurs

Lorsqu’il se conduit mal, parlez de son comportement comme des « erreurs », des « oublis », ou des choses qu’il n’a pas encore appris, plutôt que de lui refléter que ce sont des marques de méchanceté de sa part. Ex. : « Je crois que tu ne réalises pas l’impact des mots que tu dis quand tu es fâché. Je sais que tu ne veux pas vraiment me faire de la peine, mais ce sont des paroles blessantes. » « Ouf! Dure journée hein? Demain, je suis certaine que tu vas te reprendre! »

10- Faites-lui confiance et dites-le-lui :

Laissez-le assumer certaines responsabilités et prêtez-lui parfois des trucs qui sont importants pour vous (outils, bijoux, etc.) et dites des choses qui dénotent la confiance que vous lui portez. Par exemple, après une erreur, dites-lui : « Je sais que tu as compris et que la prochaine fois tu vas faire plus attention. » Avant qu’il parte faire une activité avec des amis: « Je te fais confiance. Amuses-toi bien. » Face au choix de ses amis : « J’ai confiance en ton jugement, tu sais choisir les amis qui sont respectueux et gentils. »

11- Assurez-vous qu’il vit régulièrement des réussrireites

L’estime de soi est largement influencée par le souvenir de nos réussites passées. Sans mettre de pression, confrontez régulièrement votre enfant à de petits et grands défis. En effet, chaque fois qu’il doit fournir un effort continu pour atteindre un objectif, chaque fois qu’il réussit à surmonter une difficulté, il nourrit le « super héros » en lui. Ça peut commencer très tôt, alors que Maxime termine son premier casse-tête sans aide, que Sandrine réussit à se verser un verre de jus toute seule, ensuite quand Justine gagne sa première médaille de natation, que Mathias parvient à augmenter sa note en mathématique de 5% et que Samuel termine une toile particulièrement réussie.

Pour ce faire, assurez-vous que les défis sont suffisamment difficiles pour que l’enfant doivent se dépasser, mais tout de même à sa portée. Soutenez-le sans faire à sa place et reflétez-lui que peu importe le résultat, l’effort fourni est une réussite en soi.

12- Ne cherchez pas à le piéger ou le prendre en défaut

Certains parents ouvrent toute grande la porte afin que leur enfant leur mentent : « Est-ce que ça s’est bien passé chez Julien? Tu es sûr? » (Alors que vous savez très bien qu’il a eu une grosse dispute.) L’enfant se retrouve alors doublement fautif puisqu’il aura à assumer le mensonge et la faute. Dites-lui plutôt directement que vous savez que ça ne s’est pas bien passé.

13- Avouez vos propres erreurs la tête haute 

N’ayez crainte ça ne le poussera pas à faire les mêmes gaffes et ne diminuera pas le respect qu’il vous porte. Il apprendra plutôt à se montrer indulgent envers lui-même et les autres.

14- Rappelez-lui régulièrement combien vous l’aimez, combien vous l’admirez et êtes heureux de l’avoir comme enfant

Dites-lui souvent des phrases comme: « Si j’avais une autre chance et que je pouvais choisir moi-même un enfant parmi tous ceux qui sont sur la terre, c’est toi que je choisirais… »

15- Faite sentir à votre enfant que ça vous rend heurimagesCARCN82Seux de passer du temps en sa compagnie

Assurez-vous de mettre régulièrement à l’horaire, des moments de plaisir en famille et ce, de façon gratuite, sans qu’il n’aie eu à le « mériter » par un comportement exemplaire.

 AU SECOURS, IL DIT QU’IL EST NUL!

Pas de panique! L’estime de soi est fragile et fluctue au cours de la vie. Le rejet d’un pair, une série de revers ou une période difficile peuvent vite influencer l’estime personnelle. L’erreur des parents : accorder une attention démesurée à ces verbalisations négatives. L’attention et l’amour ainsi reçus pourraient inciter l’enfant à reproduire de plus en plus fréquemment ce type de discours. L’accueil et l’empathie sont donc les deux meilleurs alliés du parent : « Ah oui? Tu te trouves nul? Qu’est-ce qui te fait penser ça? N’es-tu pas simplement déçu de toi aujourd’hui? » « Hum… Tu es nul ou tu es fâché contre toi-même? »

Toutefois, si ces verbalisations persistent pendant plusieurs mois et s’accompagnent d’une attitude défaitiste et d’une humeur de plus en plus maussade, il peut être pertinent de consulter un intervenant afin de vous aider à mettre en place des stratégies lui permettant de revenir à une meilleure perception de lui-même.

Nancy Doyon,

coach familial

[1] Rosenthal et Jacobson (1968), L’effet Pygmalion : Je pense donc tu es (Résumé de l’expérience de Rosenthal et Jacobson en milieu scolaire)

10 trucs simples pour améliorer la capacité d’attention et l’autocontrôle chez l’enfant

Mis en avant

Votre coco a du mal à maintenir son attention, est agité et impulsif? Ce n’est pas forcément un TDA/H. Avant de foncer chez le neuropsychologue pour une évaluation ou à la pharmacie pour de la médication, tentez d’abord de mettre en place ces quelques conseils.

L’attention, la concentration et l’autocontrôle varient d’une personne à l’autre. Toutefois, une  difficulté à rester attentif ou un surplus d’énergie ne signifient pas forcément que l’enfant est hyperactif ou présente un TDA/H. Plusieurs éléments peuvent influer sur les capacités attentionnelles et l’autocontrôle. Ainsi, la fatigue, le stress, une personnalité anxieuse, un manque d’intérêt pour la matière ou encore des difficultés académiques peuvent rendre plus difficile la concentration et augmenter l’envie de bouger.

SOS Nancy

difficultés d’attention

Imaginez un instant que vous devez assister à une formation toute la journée, sur un sujet qui ne vous intéresse pas, alors que vous êtes fatigué ou préoccupé. Auriez-vous du mal à rester attentif et calme? Si, en plus les chaises sont inconfortables, le formateur ennuyeux et que vous avez du mal à comprendre la matière, que se passerait-il? Je crois qu’on en demande beaucoup à nos cocos qui sont à un âge où ils ont bien davantage envie de jouer.

Mais est-ce que la seule solution est de donner des psycho-stimulants à nos enfants (Ritallin et autres?) Pour connaître ma position sur la médication pour les enfants, je vous invite à visionner cette vidéo:

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Ceci dit, les enfants doivent tout de même aller à l’école et apprendre. Il importe donc d’aider l’enfant à développer progressivement ces habiletés puisqu’elles sont essentielles à sa réussite scolaire et sociale. Même l’enfant qui souffre d’un réel TDA/H, qui lui est un désordre neurochimique, aura avantage à revoir certaines habitudes afin d’optimiser ses chances d’améliorer sa concentration et son autocontrôle.

Je vous propose donc une formation vidéo GRATUITE dans laquelle vous trouverez « Ma prescription » pour développer l’attention, la concentration et mieux gérer l’impulsivité des enfants.

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Voici également 10 pistes quelques pistes d’intervention:

1.   Répondre au besoin de bouger

Pour l’enfant qui a « du gaz d’avion », l’énergie qu’il doit déployer pour rester calme en classe, si son besoin de bouger n’est pas respecté, risque fort de nuire à ses capacités attentionnelles et faire augmenter l’agressivité.

  • Lors de la routine, prévoir des activités où l’enfant pourra dépenser son énergie avant les périodes où il doit rester calme (matin avant l’école, avant les repas, avant les devoirs, avant d’aller au lit, etc.).
  • Fournir à l’enfant quelque chose qui occupe ses mains ou ses pieds pendant qu’il doit rester calme : balle antistress, corde avec nœuds à défaire, élastique à cheveux, pâte à modeler, crayons, etc.

2.  Réduire les sources de stress et la stimulation

Le stress est un des facteurs qui influence le plus les capacités d’attention et l’autocontrôle. Nos enfants sont aussi souvent sur-stimulés et leur « disque dur » est trop souvent surchargé d’informations.

  • Limiter le bruit et réduire l’éclairage (lumière du jour lorsque c’est possible plutôt que des néons et lumière tamisée le soir).
  • Ralentir le rythme de vie, diminuer le nombre d’activités      structurées et relaxer les weekends plutôt que d’organiser des sorties familiales.
  • Diminuer la pression qu’on met à l’enfant afin qu’il aie une conduite irréprochable et réduire le nombre d’intervention et de reproches (« Ne fais pas ça ! Tu vas le briser ! », « Dis bonjour à la dame ! Tu pourrais sourire ! », « Ne touche pas à ça ! Mange comme il le faut… ») Choisir les interventions essentielles et laisser tomber le reste.
  • Arrêter de bousculer constamment les enfants: (« Grouille ! Dépêche ! ») et lui laisser le temps de respecter votre consigne avant de répéter.

3.  Augmenter les heures de sommeil

Puisqu’un  déficit de sommeil peut grandement perturber les capacités d’attention:

SOS Nancy

fatigue enfant

  • Coucher l’enfant 30 à 45 minutes plus tôt, quitte à permettre quelques minutes de lectures.
  • Ne pas les laisser se coucher trop tard les week-ends. On leur fait plaisir sur le coup mais on leur nuit à moyen terme.
  • Faire des siestes les week-ends

4.  Adopter une saine alimentation

L’alimentation, c’est l’essence que nous fournissons à notre cerveau. De l’essence de mauvaise qualité peut « encrasser » le moteur et nuire à son fonctionnement. En ce sens, je vous suggère donc de:

  • Réduire la quantité d’aliments industriels.
  • Manger moins de sucre, de gras, de colorants et d’agents de conservation.
  • Porter une attention particulière au déjeuner: pas trop de sucre (ex: Nutella, jus), ajouter des protéines et des fibres.
  • Vérifier si l’enfant ne pourrait pas avoir des intolérances alimentaires (lactose, gluten, etc.) Une mauvaise digestion peut influer grandement sur l’attention et l’humeur.
  • Ajouter des omégas 3 à l’alimentation (poissons, noix de grenoble, graines de lin, suppléments) et vérifier si l’enfant n’aurait pas une carence en fer ou en zinc.

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TDAH

5.  Réduire le temps devant les écrans

Plusieurs études ont démontré l’impact négatif de l’exposition exagérée aux écrans sur la concentration, l’impulsivité et sur le sommeil des enfants et des adultes.

  • Diminuer les heures passées devant les écrans (téléphone, ordinateur, tablette, jeux vidéo et télé) à 2h par jour au maximum (et c’est énorme 2h!). Si possible, les interdire la semaine. Ne permettre AUCUN temps d’écran avant d’aller à l’école. Les écrans, de par les hormones qu’ils font sécréter au cerveau (adrénaline, cortisol, dopamine entre autre) grugent de façon extraordinaire les capacités attentionnelles de l’enfant et stimulent l’agitation et l’agressivité.
  • Porter également une attention au contenu auquel l’enfant est exposé. Les jeux et les films violents augmentent l’agitation et l’impulsivité.

6.  Augmenter le temps de lecture

La lecture, en plus de favoriser le calme, développe les capacités attentionnelles, l’imaginaire et contribue grandement au développement des facultés cognitives.

  • 20 à 30 minutes de lecture par jour peuvent faire une énorme différence sur les résultats académiques, quitte à lire avec lui.
  • Déployez des efforts afin de trouver un type de lecture ou une série qui plaira à votre enfant.
  • On peut offrir à l’enfant un vingt minutes de lecture au coucher. « Tu lis ou tu te couches tout de suite… » à la longue, il risque de développer un goût pour la lecture.

7.  Faire régulièrement des jeux de table et de société (30 minutes de jeu par jour)

Les jeux de société sont un excellent moyen d’entraîner, à travers le

sos nancy

jeux de société

plaisir, les capacités de l’enfant à attendre son tour, réfléchir et trouver des stratégies, faire des liens de cause à effet, anticiper des situations, gérer ses émotions, etc.)

  1. Jouer à des jeux qui demandent de la concentration : casse-têtes, jeux de mémoire et de logique (Ottello, dames, Rummy, etc.)
  2. S’assurer que l’enfant s’amuse et qu’il vit des réussites : choisir des jeux adaptés à ses capacités intellectuelles et à sa capacité d’attention pour qu’il puisse terminer le jeu.
  3. Faire des jeux où l’enfant doit se concentrer sur plus d’une chose à la fois, par exemple :
  • Sauter sur le rythme de la musique tout en obéissant à des consignes visuelles et arrêter de courir lorsque la musique arrête;
  • Marcher sur une ligne en chantant une chanson ou en répondant à des questions de l’éducatrice;
  • Jouer à la tag tout en tentant de garder une balle de golf dans une cuillère, etc.

8.  Faciliter l’apprentissage:

Puisque tous les enfants n’ont pas les même besoins ni la même façon d’apprendre et d’encoder l’information:

  • Utiliser les trois styles d’apprentissage :

Auditif/verbal : expliquer brièvement avec des mots…

Visuel/concret : montrer ce qu’on veut, faire une démonstration, utiliser des pictogrammes, tenir l’objet concerné…

Kinesthésique/expérientiel : Faire vivre l’expérience, faire des mises en situation, amorcer le mouvement, tenir par la main, caresser le dos, associer l’apprentissage à un mouvement, faire manipuler, etc.

  • Parler et agir lentement pour lui laisser le temps de comprendre, d’assimiler et de traiter l’information.
  • Garder une attitude ouverte et joviale avec l’enfant lors des situations d’apprentissage et tenter d’éveiller sa curiosité.
  • Lorsqu’il est fatigué et a du mal à se concentrer, lui permettre des pauses plus fréquentes, lui servir son breuvage préféré, l’encourager, lui permettre d’écouter de la musique (ça peut aider à la concentration parfois).
  • S’assurer également qu’il est confortable (Est-ce que sa chaise lui permet d’avoir les pieds au sol? Est-ce que sa table de travail est à une hauteur confortable pour lui?) et à l’abri des distractions visuelles et auditives.

9.  L’aider à se calmer lorsqu’il est trop agité

  • Baisser le ton, parler peu et tamiser les lumières.
  • L’amener près de vous, lui caresser le dos, jouer avec ses mains ou ses doigts, lui donner un bisou, etc. Les enfants agités sont souvent kinesthésiques et réagissent bien au toucher si celui-ci est doux et chaleureux.
  • Lui demander de respirer profondément et lentement 5 ou 6 fois en fermant les yeux ou en fixant un point au sol.
  • Le diriger vers une activité calme (dessin, livres, blocs Lego, bac de stimulation tactile, etc.) pendant quelques minutes ou l’inviter à prendre un bain ou une douche.
  • Faire une activité de relaxation : massage, méditation, visualisation, contraction/décontraction des muscles, etc.
  • Le valoriser lorsqu’il est calme, lui donner de l’attention et l’aider à en prendre conscience.

10. Être indulgent

Puisque les difficultés à se concentrer et maîtriser son agitation sont souvent bien dures à contrôler pour l’enfant:

  • Éviter de le culpabiliser pour son agitation, son manque d’attention et ses oublis;
  • L’amener également à être indulgent envers lui-même en lui soulignant qu’il est en apprentissage, en lui reflétant ses efforts et en lui rappelant que tout le monde, même les adultes, font aussi des oublis, des erreurs et manquent parfois d’autocontrôle.
  • Être aussi indulgent envers soi-même, comme parent, car dieu que c’est difficile de rester patient avec un enfant qui bouge comme un ver à choux, est distrait, perd tout et s’emporte à la moindre frustration! De toute façon, en vous pardonnant vos impatiences, vous serez alors un excellent modèle pour vos enfants!

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TDAH

 

Je vous propose aussi  ma chronique radio réalisée pour Rythme FM

Rythme FM Mauricie

Chronique radio SOS Nancy à Rythme FM Mauricie tous les mercredis matin 7h50

Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité TDA/H – 29 janvier 2014

 

Des conférences ou des formations en salle traitant de ce sujet sont aussi offertes aux parents, enseignants et aux éducatrices en milieu de garde. Pour consulter la liste complète des formations, cliquez ici.Nancy Doyon

Le principe des chips molles…

Quels comportements rapportent le plus d’attention à vos enfants?

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Le principe des chips molles

Dans mon livre, Parent gros bon sens, et lors de mes conférences, je compare souvent l’attention que l’on porte aux enfants à des croustilles. Cette métaphore a beaucoup fait réagir les gens qui m’en parlent très fréquemment. Voici donc la « célèbre » théorie des chips molles.

Imaginons que vous donnez à un enfant le choix entre deux bols de chips : un bol de bonnes chips fraîches et croustillantes et un bol de chips molles (vous savez, ces chips qui sont restés trop longtemps dans l’armoire chez grand-mère et qui sont devenues humides?) Lesquelles choisira-t-il? Les croustillantes, bien entendu! Mais s’il ne reste plus de chips croustillantes ou si elles sont hors de portée et qu’il a le choix entre les chips molles ou pas de chips du tout, que choisira-t-il? Eh bien, il goûtera probablement aux molles, juste pour voir… Et puis s’il est un tantinet gourmand, il en mangera encore un peu, puis encore…

Comparons maintenant les chips à l’attention que l’on porte à un enfant. L’attention positive, les discussions, la valorisation, les jeux et le temps de qualité sont comparables aux croustilles fraîches, alors que l’attention négative, les réprimandes, les critiques et les ordres s’apparentent aux croustilles défraîchies. Bien entendu, tout enfant préfère l’attention positive aux réprimandes mais, il faut bien l’avouer, les parents sont souvent occupés et l’enfant n’a pas toujours accès à l’attention positive dont il a besoin. Il est alors tenté de « piger dans le bol de chips molles » et obtient souvent une pleine ration d’attention en adoptant des comportements répréhensibles. Vaut mieux de l’attention négative que pas d’attention du tout. Si vous donniez des croustilles à un enfant chaque fois qu’il se conduit mal, seriez-vous surpris de constater que ses mauvais comportements persistent?

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principe des chips molles à 22.14.16

Chez-vous? Quel est le meilleur moyen d’obtenir des chips (de l’attention)? Par exemple, à table, lequel des enfants reçois le plus d’attention? Celui qui mange sagement ou celui qui rechigne sur ce qu’il y a dans son assiette? Pour votre enfant, est-ce pluschips payant de s’habiller « comme un grand » ou bien à la vitesse d’un escargot anémique? à l’heure des devoirs et leçons, quelle attitude apportera le plus de croustilles? L’autonomie ou une attitude geignarde?

L’attrait des chips molles est particulièrement fort chez les enfants de moins de six ans. En effet, la plupart des mauvais comportements des enfants de cet âge visent à combler un désir d’attention. Regardez-les vous surveiller du coin de l’œil pour s’assurer qu’ils ont bien été vus lorsqu’ils se dirigent vers la plante interdite! Et avez-vous remarqué la vitesse à laquelle ils se jettent sur le bol de chips molles lorsque vous êtes occupé au téléphone ou à une tâche et que les chips croustillantes sont hors de portée? Il s’agit qu’on aille à la salle de bain pour qu’ils aient tout à coup mille questions à poser. Pourquoi? Hé bien certains enfants manquent effectivement d’attention, soit parce que leur parents sont très occupés ou en raison d’une situation temporaire (déménagement, arrivée d’un bébé, séparation, etc.), d’autres, au contraire, ont été habitué depuis leur naissance à l’omniprésence de l’attention parentale et ne se sentent pas bien lorsqu’on bouscule leur habitudes. D’autres encore sont simplement de petits gourmands au tempérament extravertis qui ressentent beaucoup de plaisir à attirer l’attention sur eux. Finalement, il y a aussi certains enfants anxieux qui semblent vivre un grand malaise lorsque l’attention des personnes importantes pour eux n’est pas disponible. Ils semblent incapable de ce centrer sur eux-mêmes et ressentent une forme de panique devant le « vide relationnel » qu’ils tenterons de combler par tous les moyens. Ce type d’enfant aura peut-être besoin d’un soutien psychologique afin de mieux comprendre ce qui se passe en lui et mieux gérer son anxiété.

Mais regardons maintenant un exemple d’enfants en recherche de croustilles…

L’agitation d’Étienne

On demande un jour mes services dans un centre de la petite enfance pour un jeune homme de 4 ans plutôt turbulent. En effet, Étienne semble avoir du mal à rester en place, fait la sourde oreille aux consignes, a du mal à attendre son tour, monopolise les discussions de groupe et frappe souvent ses pairs, parfois sans raison apparente. Les éducatrices perçoivent bien que l’enfant recherche l’attention de façon négative, mais elles ne savent plus trop comment l’encadrer puisqu’il semble prendre plaisir à s’opposer, quitte à en assumer les conséquences négatives. Elles soulignent qu’il semble très heureux lorsqu’il est valorisé et qu’il collabore bien lorsque l’éducatrice lui accorde l’attention exclusive.

Je vais donc l’observer dans son groupe. À peine suis-je arrivée qu’il grimpe sur mes genoux et m’assaille de questions. Dès que je m’adresse à un autre enfant, on sent l’agressivité et le désarroi monter en lui. Très rapidement, je constate qu’il cherche de l’attention. En effet, lorsque des consignes sont données au groupe, il fait mine de ne pas avoir entendu et surveille l’éducatrice du coin de l’œil. Lorsqu’elle intervient directement auprès de lui, il obtempère, mais seulement lorsqu’elle le regarde. Il s’organise constamment pour faire répéter les adultes, tente d’être le centre d’attention des pairs, ne tolère pas le partage des jouets et s’empresse de pousser quiconque reçoit un peu d’amour de la part de l’éducatrice. Tout en évaluant Étienne, j’observe aussi les interventions des éducatrices (que je trouve formidables, soit dit en passant). Dans mon cahier, pour chaque croustille molle, c’est-à-dire chaque fois qu’une éducatrice intervient de façon négative ou qu’elle accorde de l’attention à Étienne suite à un mauvais comportement de sa part, j’inscris un crochet (√) et pour chaque croustille fraîche, donc chaque fois qu’Étienne est valorisé et qu’il reçoit de l’attention suite à un comportement positif, j’inscris une étoile (*). Au bout d’une heure trente, malgré l’excellence des interventions des éducatrices, Étienne avait amassé 32 crochets (ou chips molles) pour seulement 3 étoiles (chips croustillantes)! Il n’est donc pas très étonnant de constater que les comportements négatifs persistent…

 Je suis ensuite allée observer Étienne chez lui. Les parents étaient bien inquiets des comportements de leur fils à la garderie, mais disaient ne pas avoir ce genre de problème à la maison. Ils avouaient toutefois que leur fils exigeait beaucoup d’attention, était incapable de jouer seul et devenait agité lorsqu’il y avait des invités à la maison. Ils ne comprenaient pas la recherche d’attention de l’enfant puisque, disaient-ils, ils lui en donnaient beaucoup.

En effet, pendant l’entrevue avec les parents, Étienne a multiplié les demandes. Ses parents lui ont toujours répondu avec empressement, même lorsque le moment était très mal choisi. Par exemple, alors que son père était au téléphone avec un client, Étienne lui a posé une question. Monsieur a alors fait attendre son client au bout du fil afin de répondre à son fils. Lorsqu’ils ne pouvaient répondre par l’affirmative, les parents prenaient chaque fois un long moment afin de justifier leur refus et offrir à l’enfant une solution de rechange. Madame a avoué que le soir et les fins de semaine, toute la vie familiale tournait autour d’Étienne. L’un des parents jouait avec lui alors que l’autre préparait les repas, ils allaient ensuite jouer au parc, tous ensemble, et les tâches ménagères étaient généralement effectuées lorsque le garçon dormait.

Étienne avait été ardemment désiré par ses parents, qui ont mis plusieurs années à le concevoir. Il resterait donc enfant unique et les parents, bien intentionnés, avaient convenu de se consacrer entièrement à leur fils. Maman était restée à la maison avec lui jusqu’à l’âge de trois ans et elle a vécu beaucoup de culpabilité lorsqu’elle a dû « l’abandonner » à la garderie. Elle tentait donc de maximiser toutes les précieuses minutes passées avec son enfant.

Étienne semble donc avoir bénéficié d’énormément d’attention depuis sa naissance. On l’a habitué à ce que les croustilles soient disponibles en permanence. Pour lui, obtenir de l’attention, jouer avec un adulte et être le centre de l’univers n’est donc pas un privilège qu’il peut apprécier, mais un droit. Il devient très anxieux dès que qu’il n’a pas accès à cette attention. Avec les meilleures intentions du monde, ces parents ont quelque peu gâté leur fils. Ils l’ont conditionné à rechercher l’attention constante et celui-ci est devenu incapable de vivre le moindre délai dans ses demandes.

Plan d’action

 J’ai donc demandé aux parents de « sevrer » progressivement Étienne et de l’entraîner à devenir plus indépendant. D’autre part, j’ai demandé au service de garde d’aider l’enfant à mieux tolérer le partage de l’attention en restant plus près de lui, en le touchant et en le regardant régulièrement afin de le sécuriser, en lui tenant la main dans les déplacements et en l’aidant à choisir ses jeux. Bref, je leur ai demandé de lui accorder davantage d’attention dans les transitions et suite aux bons comportements. D’autre part, j’ai demandé tant aux parents qu’aux éducatrices de réduire au minimum l’attention qui est offerte à Étienne lorsqu’il agit de manière indésirable.

 Alors on fait quoi?

  1. Donnez-lui davantage d’attention lorsqu’il se comporte bien et valorisez les bons coups

Malheureusement, il est souvent plus naturel pour les adultes de relever les mauvaises conduites des enfants que de porter attention à leurs gestes positifs. En tant qu’éducateur, vous devez pourtant vous assurer qu’il sera plus « payant » pour l’enfant de bien se comporter que de rechercher négativement votre attention.

  1. Concentrez votre attention sur le positif.

À quoi vous sert-il de lui lire une histoire si vous le réprimandez sans cesse afin qu’il reste bien assis? Assurez-vous de donner le moins d’attention possible aux mauvais comportements, quitte à intervenir avec humour ou à détourner son attention, et ayez du plaisir tout en renforçant ses bons comportements.

  1. Pour chaque chips molle, donnez trois chips croustillantes!

Donc, chaque fois que vous critiquez l’enfant, tentez de le valoriser ou de lui donner de l’attention positive environ trois fois. Un clin d’œil, un bisou sur le front ou un regard affectueux sont souvent suffisants pour faire sentir votre fierté à l’enfant et lui enlever l’envie de grappiller quelques chips molles.

  1. Donnez-lui sa ration quotidienne de chips imagesCA2N4DU4croustillantes

Assurez-vous de donner de l’attention positive de façon régulière et prévisible. Les jeunes enfants ont besoin d’au minimum trente minutes d’attention positive par jour. Chez les plus vieux, dix à vingt minutes peuvent être suffisantes. Je vous suggère de prévoir cinq minutes le matin au lever (en réveillant l’enfant avec des caresses ou une chanson douce ou encore en l’aidant chaleureusement à s’habiller), de cinq à dix minutes au retour de l’école ou de la garderie (faites un petit jeu, discutez de sa journée et de la vôtre, etc.) et de cinq à dix minutes au coucher (racontez une histoire, proposez-lui un massage, etc.). Les weekends, prenez une heure pour jouer avec lui et amusez-vous vraiment…

  1. Cessez de répéter, ils ne sont pas sourds!

Plus vous répétez, plus ils vous feront répéter! Quand l’enfant fait « de la surdité sélective » et ignore vos consignes, il est tout à fait inutile de répéter. Vous le gavez de chips molles et il attendra que vous montiez le ton avant de s’arrêter.

Lorsque vous donnez une consigne et que votre enfant ne la respecte pas, plutôt que de répéter ou de crier, offrez lui un autre type de signal. Par exemple, faites un compte à rebours : 5, 4, 3, 2, 1, 0. Ensuite, agissez (prenez-le par la main pour l’amener à la tâche demandée, fermez la télévision, enlevez-lui son assiette, etc.) ou appliquez une conséquence logique. Il apprendra vite que lorsque vous commencez le décompte, vous êtes sérieux!

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La programmation neurologique: Comment se développent les habitudes chez les enfants

Habitudes enfantsPlusieurs comportements indésirables des enfants ne sont simplement que la résultante d’une mauvaise habitude (plusieurs défauts des adultes aussi d’ailleurs)! Pas tous, évidemment! Certains comportements peuvent être le symptôme d’une problématique plus complexe ou simplement l’expression d’un besoin. Toutefois, même si on déteste tous se le faire rappeler, l’humain répète chaque jour une quantité incroyable de gestes et de stratégies de façon tout à fait inconsciente et automatique. Certains de ces comportements sont malheureusement néfaste pour l’enfant et son entourage et devront être réorientés.

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COMMENT FONCTIONNE NOTRE CERVEAU?

Voici une petite leçon (très vulgarisée) sur le fonctionnement du cerveau humain: à l’intérieur de celui-ci, nous avons des neurones. Puis, chaque fois que nous posons un geste, une liaison se crée entre deux neurones (synapse). Ainsi, chaque fois que nous reproduisons un même geste, une synapse se colle sur la précédente de telle sorte que l’information passe de plus en plus rapidement d’un neurone à l’autre.    Voilà comment se créent les automatismes.

Prenons l’exemple de l’apprentissage du vélo. Vous avez peut-être oublié votre propre expérience, mais quand un enfant apprend à conduire une bicyclette à deux roues, il doit penser à chacun de ses gestes au début afin de ne pas perdre l’équilibre. Progressivement, à force de répétition, la coordination des mouvements devient de plus en plus facile et, un jour, il enfourchera son vélo et pourra partir à l’aventure en riant avec ses amis, sans penser à ce qu’il fait. Une fois cet apprentissage bien acquis, plus jamais il ne « désapprendra » le vélo et, dix ou vingt ans plus tard, s’il reprend une bicyclette, il saura rapidement comment s’y prendre.

C’est un peu la même chose lorsqu’on apprend à conduire une automobile à transmission manuelle. Au début, chacune des opérations est pensée et exécutée de façon consciente. La moindre distraction et voilà que le moteur cale. Puis, à force de répétition, si l’on s’exerce un peu tous les jours, on devient plus habile.  Environ un mois plus tard, on peut conduire tout en écoutant la radio et en discutant avec les enfants assis derrière.

 CHANGER UNE MAUVAISE HABITUDE

Selon certains chercheurs, il suffit de refaire entre 21 et 30 fois les mêmes gestes afin qu’ils s’enracinent et se transforment en automatisme. Plus une habitude est ancrée depuis longtemps, plus il est difficile de s’en défaire. En fait, puisque les liens synaptiques ne se brisent pas, on ne peut faire disparaître une mauvaise habitude sans en créer une autre pour la remplacer. Toutefois, transformer une habitude et la remplacer par une autre peut être long, car plus le circuit neuronal est ancré depuis longtemps, plus le cerveau aura tendance à emprunter ce « bon vieux chemin » plutôt que le nouveau. Le changement demandera donc un bon entraînement et davantage d’efforts conscients. Il peut donc s’étendre sur une période de trois à six mois…

Comment peut-on appliquer cette méthode afin de modifier les comportements des enfants? Sachez qu’à la naissance, leur petit réseau neurologique est vierge. C’est donc nous qui le créons à partir des expériences que nous leur faisons vivre. La capacité de s’endormir est la première habitude que nous créons chez eux : bercez-vous votre chérubin chaque fois jusqu’à ce qu’il s’endorme? Eh bien! Après un mois, il y a de fortes chances qu’il n’arrive plus à s’endormir sans être balancé et que lorsqu’il se réveille durant la nuit, il pleure non pas parce qu’il DÉSIRE être bercé, mais parce qu’il en a BESOIN pour se rendormir. Il s’endort en tétant? Il aura besoin de téter pour se rendormir. On pourrait donc entraîner bébé à s’endormir seul dans son lit de façon à ce qu’il puisse se rendormir par lui-même s’il se réveille la nuit. On peut bien sûr le bercer et le cajoler quelques minutes avant, mais on le déposera dans son lit avant qu’il ne s’endorme. Bébé s’endort tous les soirs en pleurant? Il pourrait développer l’habitude de pleurer pour s’endormir.

Puisque les enfants intellectualisent peu les choses, ils agissent bien souvent de façon impulsive et fonctionnent par association émotive. Généralement, ils agissent d’abord un peu par hasard, puis, constatent l’effet que produit leur comportement. Ils cherchent, à tâtons, à répondre a un besoin ou un désir. Si la sensation qui découle de leur action est agréable, ils recommenceront, consciemment cette fois, dans le but d’obtenir la même réponse satisfaisante. Après l’avoir répétée une trentaine de fois, leur action deviendra une habitude et les gestes deviendront automatiques. Ils n’auront donc plus besoin d’obtenir une réponse agréable ou un gain quelconque…

Prenons l’exemple de l’enfant qui est jaloux du nouveau bébé de la famille et qui, pour avoir de l’attention, a développé l’habitude de faire des bêtises. Quel est son besoin, sont intention positive? Obtenir de l’attention. On doit donc lui enseigner des moyens positifs d’obtenir de l’attention et on l’aider à s’entraîner à utiliser ces nouveaux moyens plutôt que les anciens. Cette façon de faire lui évitera bien des conséquences et punitions tout en respectant son besoin.

Nous faisons, chaque jour, de façon programmée et souvent tout à fait inconsciente, une quantité infinie de gestes et avons plusieurs réactions et pensées: verrouiller les portes de la voiture, ouvrir la lumière en entrant dans la salle de bain et la fermer en sortanhabitudet, tirer la chasse d’eau, faire son lit, etc. Changez les couverts de place seulement pour voir combien de fois vous ouvrirez la mauvaise armoire!

On peut toutefois utiliser la programmation neurologique afin d’aider nos enfants à développer des automatismes plus agréables, dont plusieurs comportements liés au développement de l’autonomie.

Il s’agit simplement de se rappeler qu’à force de le répéter, un comportement PEUT devenir une habitude.

Par exemple, à l’heure du bain, vous pourriez faire une liste de chacune des étapes (faire couler l’eau, aller chercher le pyjama, sortir une serviette, etc.) et accompagner l’enfant pendant 21 jours afin de l’aider à les réaliser, et ce, toujours dans le même ordre, en relâchant graduellement le soutien jusqu’à ce qu’il soit entièrement autonome dans sa routine. Vous devrez évidemment intervenir de façon chaleureuse et détendue afin que l’association émotive soit positive. Si l’adulte fait des reproches et des soupirs exaspérés, l’enfant risque d’avoir bien du mal à intégrer la routine puisque confronté à une situation désagréable, son cerveau est programmé à fuir ou se défendre.

.QUE FAIRE?

  • Tentez d’abord de déterminer si le comportement indésirable de l’enfant est circonstanciel, s’il est exécuté de façon volontaire et consciente ou s’il semble devenu une habitude plus profonde, un automatisme.
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  • Observez-vous vous-même : réagissez-vous toujours de la même manière à ses comportements? Alimentez-vous sa réaction?
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  • Changez d’abord votre façon de faire et tentez de briser la chaîne réactionnelle. Par exemple, si l’enfant fait invariablement une crise au moment de s’habiller le matin, on peut changer l’endroit ou le moment où il s’habille, s’habiller en chantant une comptine, etc. Vous devrez, bien sûr,  créer une association émotive positive en lui donnant beaucoup d’attention et de chaleur pendant qu’il s’habille et très peu lorsqu’il refuse de le faire ou s’oppose. Personnellement, j’ai moi-même habillé ma fille les matins de semaine jusqu’en deuxième année et ce qui était au départ une source de tension est devenu un moment doux et agréable permettant ainsi de commencer la journée sur une note positive. Je l’ai aidé à développer son autonomie les week-ends puisque nous étions moins pressées.
  • Cherchez la fonction du comportement. À quel besoin l’enfant cherche-t-il à répondre par ces gestes? Que veut-il obtenir ou éviter? Quels sont ses gains? Quelle est l’intention positive derrière ses actions?
  • Remplacez le comportement inapproprié par un comportement plus positif mais qui préserve ses gains et répond à son besoin. Enseignez-lui, par des exemples et des mises en situation, ce que vous attentez de lui et assurez-vous qu’il ressent du plaisir à adopter ce nouveau comportement.
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  • Plutôt que de multiplier les reproches et les punitions, devenez entraîneur! Adoptez une attitude motivante et responsabilitéaccompagnez votre enfant dans l’exécution des différentes étapes de son nouveau circuit neuronal! Par exemple, si Justin a pris l’habitude d’arracher les jouets de sa petite sœur et que vous désirez l’entraîner à les demander avec des mots, surveillez-le et, lorsque vous le voyez se diriger vers sa sœur, interceptez-le et accompagnez-le afin de l’aider à formuler sa demande verbalement. Si vous réussissez à lui faire exécuter une trentaine de fois cette opération, il commencera probablement à en adopter l’habitude et vous n’aurez plus qu’à diminuer progressivement votre soutien et valoriser ses efforts.
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  • Utilisez la programmation neurologique afin de créer des automatismes profitables pour l’enfant. Assurez-vous d’abord de créer des associations émotives agréables en ce qui concerne les différentes tâches. (Les devoirs, par exemple, ne doivent pas être perçus comme une tâche dont on doit se débarrasser, mais plutôt comme un moment d’apprentissage intéressant. Assurez-vous donc de garder une attitude ouverte, exempte de reproches et d’exaspération…). Établissez ensuite une séquence d’actions, puis accompagnez l’enfant dans les différentes étapes pendant environ un mois, pour relâcher progressivement votre soutien, mais tout en continuant de motiver et valoriser votre jeune.
    .
  • Il peut être intéressant d’utiliser un système de motivation, afin de motiver l’enfant à amorcer un changement et dans le but de créer une association émotive positive. Par exemple, vous pourriez lui remettre une médaille ou un jeton chaque fois qu’il a exécuté convenablement sa routine, lesquels peuvent être collectionnés, puis, échangés contre un privilège ou une activité récompense.

Finalement, rappelez-vous que si votre enfant a développé une mauvaise habitude, vous ne pouvez pas lui demander de cesser son comportement sans le remplacer par un autre, plus adéquat.

Soyez patients! Il peut avoir besoin de trois à six mois d’entraînement pour le faire.

LA résolution que tout parent devrait adopter cette année: Prendre le temps…

Mis en avant

famillePeut-être avez-vous lu mon article sur les 10 résolutions du Parent Gros Bon Sens?  Je vous  propose encore une autre résolution qui devrait primer sur toutes les autres : Prendre le temps…

  1. Le temps d’écouter davantage: Laisser parfois mes grands discours de côté et écouter, vraiment, ce que mon enfant a à me dire, m’intéresser à son opinion, à ses loisirs, à ses amis, chercher à mieux le connaître plutôt qu’à lui enseigner constamment ma vision des choses. Lorsqu’il vit des expériences pénibles, l’aider à exprimer ses émotions et les valider plutôt que de barbechercher à le consoler immédiatement : « Je te comprends d’être déçu, c’est vraiment moche ce qui t’arrive… », plutôt que : « Oui, mais il va falloir que tu comprennes que… » ou pire : « Tu ne t’en rappelleras plus le jour de tes noces! »
  1. Le temps de parler de moi: Selon son âge et sa capacité à comprendre, lui permettre de mieux me connaître, de rencontrer non seulement le parent, mais aussi la personne que je suis, d’en savoir plus sur mon enfance, mes valeurs, mes rêves, mes émotions, lui montrer mon lieu de travail, lui expliquer pourquoi je l’ai choisi, etc.
  1. Le temps de lui dire plus souvent « Je t’aime »: Lui montrer mon amour de 1001 façons, par mes encouragements, mes sourires, mes câlins ou en prenant simplement le temps de m’asseoir près de lui et de le regarder jouer ou de l’éc224774-bilan-avec-enfant-ado-conjointouter me raconter n’importe quoi. Faites aussi des compliments sincères à vos enfants, petits et grands. Pour un enfant, il n’y a pas de plus beaux mots d’amour que « J’ai confiance en toi » et « Je suis tellement fière de la personne que tu es », en particulier si c’est dit avec sincérité, émotion et des yeux qui brillent….
  1. Le temps d’avoir du plaisir ensemble: Puisque aucune relation ne peut perdurer sans quelques moments de joie, réserver à mon agenda des périodes fixe afin de passer du temps de qualité avec mes enfants, sans faire autre chose en même temps ou avoir la tête ailleurs. Trouver ensemble des jeux et des activités qui nous permettent de rire et de lâcher notre fou et qui me permettront de mettre de côté, quelques instants seulement, tout ce que je veux lui apprendre. Me concentrer sur le plaisir de telle sorte que j’aurai envie de cesser de sermonner, de gronder et de critiquer quelques minutes pour simplement apprécier toute la chance que j’ai d’être parent! Simplement lui montrer que j’ai du plaisir à être en sa compagnie et que je ne le fais pas que par obligation.
  1. Le temps de réfléchir à l’héritage que je veux transmettre à mes enfants

imagesCA0NN66YAvec mon conjoint, réfléchir aux trois à quatre valeurs prioritaires dans notre famille et aux moyens concrets que nous mettrons en place afin de les véhiculer efficacement. En quoi suis-je un bon modèle de respect? Comment puis-je lui enseigner l’affirmation de soi? De quelle façon je fais la promotion de saines habitudes alimentaires? Pour faire cet exercice je peux m’imaginer mes enfants, dans plusieurs années, en train de me préparer un hommage. Leur texte commence par : « Ce que j’ai retenu de ce que mes parents m’ont enseigné c’est… »

  1. Le temps de mettre en place un cadre clair et sécurisant :

Inscrire, noir sur blanc, sur un grand carton ou une simple feuille, les règles de la maison (5-6 règles à la fois), les valeurs sur lesquelles elles sont basées et les conséquences en cas de non respect. L’appliquer ensuite avec rigueur, constance, calme et respect. Me rappeler que mon enfant est en apprentissage et que c’est mon travail de parent de l’aider à développer des comportements socialement acceptables.

Bonne année à toutes et à tous!

Nancy xx

Les 10 résolutions du parent «Gros bon sens »

Mis en avant

10 résolutionsVoici 10 résolutions à prendre afin de vivre une vie de famille plus harmonieuse!!

En ce début d’année, comme à chaque fois à l’aube du nouvel an, il est temps de faire le bilan et de se fixer de nouveaux objectifs pour l’année qui vient. Au palmarès des résolutions les plus populaires, viennent généralement les objectifs reliés au poids, à la santé, au travail et aux loisirs. Mais qu’en est-il de la famille et des relations de couple? N’y aurait-il pas là quelques améliorations à apporter? Je vous propose donc ici quelques un des moyens les plus efficaces afin d’améliorer le climat familial.

 

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  1. Arrêter de m’en faire : Me rappeler que ça prend toujours bien 18 ans pour élever un enfant et, donc, que je n’ai pas besoin de tout lui enseigner cette année, que s’il ment à 5 ans il ne deviendra pas forcément menteur et que tout ce qu’il ne semble pas comprendre maintenant peut finir par « rentrer ».
  2. Cesser de culpabiliser : Mes erreurs de parents, si elles ne sont pas monnaie courante, ne sont que des opportunités pour mes enfants d’apprendre à composer avec l’imperfection humaine. Je ne vais pas traumatiser mes enfants parce que je crie de temps à autre, au contraire. Si je sais demander pardon, je leur adulte criseapprends alors à assumer leurs propres erreurs. Ce n’est pas la fin du monde s’ils ne mangent pas de façon équilibrée tous les jours et lorsque je n’ai pas le temps de jouer avec eux, ils développent leur autonomie et leur indépendance.
  3. Arrêter de me conduire en parent-serviteur : Cesser de penser à leur place et de deviner leurs besoins avant même qu’ils n’aient à ouvrir la bouche. Exiger des demandes claires et polies et devenir sourd quand ils crient et pleurnichent. Faire attendre les enfants de temps à autre afin qu’ils développent leur patience et dire non plus souvent à leurs 1001 demandes et caprices.
  4. Répéter moins, ils ne sont pas sourds! Être conséquent quand les enfants font de la « surdité sélective » et ignorent mes interventions. Plutôt que répéter, de monter le ton ou de menacer, faire un décompte (5-4-3-2-1-0), puis appliquer une conséquence logique si l’enfant ne s’est pas exécuté et ce, sans accorder de délais supplémentaire quand l’enfant promet alors d’obéir.
  5. Me faire respecter : Arrêter toute discussion quand mon enfant devient arrogant ou agressif tout en lui promettant de l’écouter plus tard s’il adopte une attitude respectueuse. Être conséquent devant toute impolitesse importante et lorsque l’enfant me nargue (quand il fait exactement l’inverse de ce qui est demandé avec un sourire en coin ou qu’il se sauve en riant lorsque j’interviens sur lui.)imagesCA66UN32
  6. Me montrer plus respectueux envers mes enfants : Surveiller le ton avec lequel je m’adresse à eux. Est-ce que j’utiliserais cette façon de m’exprimer si je parlais à l’enfant d’un ami?  Faire également plus souvent des demandes sur un ton agréable plutôt que de formuler des ordres ou des reproches. (« Victor, peux-tu venir ranger ton manteau SVP. » plutôt que « Bon! Ton manteau traîne encore dans l’entrée! Ramasse-toi donc pour une fois! ») Éviter aussi d’intervenir sur mes enfants en public ou devant ses amis puisque c’est humiliant pour lui.
  7. Être moins souvent sur leur dos! Être moins directif, choisir mes batailles et éviter d’intervenir constamment sur eux en donnant des consignes inutiles ou en formulant des critiques et des reproches. (« Clara ne touche pas à ça, tu vas le briser! Assied-toi comme il faut… Fais attention à ce que tu fais voyons! ») Parfois, le silence est la meilleure des interventions.
  8. Avoir du plaisir! Ôter parfois mon chapeau d’éducateur et mettre celui de… clown! Lâcher mon fou avec les enfants, faire des blagues, danser dans le salon, imagesCARCN82Sfaire du karaoké, camper sous une tente fabriquée avec des draps, etc. Mes enfants prendront bien davantage mes interventions au sérieux s’ils ont l’habitude de me voir de bonne humeur!
  9. Faire équipe avec mon conjoint. Arrêter d’espérer que papa devienne mon clone et l’appuyer dans ses interventions même quand je ne suis pas tout à fait d’accord. Surtout, éviter de le reprendre constamment devant les enfants.
  10. Prendre du temps pour moi. Parce qu’un parent heureux est un bien meilleur parent, faire des activités pour moi, décrocher parfois de mon rôle de parent et prendre soin de ma personne, même si ça m’oblige à mettre des limites à ma famille.

Bonne et heureuse année à tous!

Nancy xx

Envie d’aller plus loin et d’employer les prochains mois à vous améliorer comme parent? Envie de mettre de l’énergie pour mieux comprendre ce qui se cache derrière les comportements indésirables de vo enfants afin de mieux ajuster vos interventions? 2 outils formidables pour vous:

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ParentGBS-2016_L

Une formation web de 3 heures à écouter chez-vous dans le confort de votre foyer:

 

Les enfants fantômes: La détresse des enfants trop sages!

Les enfants fantômes

 

 

À force de multiplier les règles, les menaces, les mesures punitives et les reproches, certains parents réussissent, en bout de ligne, à « fabriquer » un enfant sage et docile et qui leur renvoie l’impression qu’ils sont de bons parents puisque leur enfant est aimé de tous. Mais à quel prix? À la remise du bulletin, quand l’enseignante dit : « Ho! Justin! Quel enfant gentil et intelligent. J’en prendrais bien douze des comme ça dans ma classe! », tout le monde repars satisfait sans se demander si Justin est heureux et bien dans sa peau. Ces enfants ont parfois appris très tôt à se plier à l’autorité de l’adulte sans trop réfléchir. « Si je fais ce qu’on me demande, si je respecte les règles, on me laissera tranquille. » Certains développeront ainsi très tôt l’angoisse d’être pris en défaut, la peur d’être remarqué ou de décevoir l’adulte.[1] C’est ce que j’appelle « l’anxiété de conformisme ».

Attention, toutefois, les enfants obéissants ne vivent pas nécessairement tous autant d’anxiété. Certains d’entre eux ont simplement un tempérament flexible et n’ont besoin que de peu d’encadrement alors que d’autres ont pu développer un comportement responsable et serein. Je parle ici plutôt des enfants sous tension, ceux qui obéissent sagement et s’obligent à adopter un comportement exemplaire en tout temps dans l’espoir de répondre aux attentes et d’être aimés de leurs parents exigeants.

En effet, puisqu’ils répondent généralement bien aux attentes des adultes, les parents tiendront à encourager et gratifier ces comportements exemplaires et multiplieront les récompenses et valorisations. Dans certain cas, un autre enfant de la famille, celui-ci moins docile et manifestant même parfois un trouble de comportement, viendra encore mettre davantage en lumière la malléabilité de celui qui sera désormais reconnu comme « l’ange » de la famille, celui qui prouve à ses parents que ce n’est pas leur faute si son frère a des comportements dérangeants. En vieillissant, l’enfant risque donc de décoder le message suivant : « Mes parents m’aiment PARCE QUE je suis obéissant, que je fais ce qu’on attend de moi. Je suis un « bon enfant » quand j’adopte un comportement exemplaire. » Naît alors l’angoisse du rejet. La moindre erreur de leur part, le moindre écart de conduite fait planer sur eux la menace de désapprobation, d’être déchu de leur statut d’ange, remettant en cause leur identité ainsi que l’amour parental.[2] « Si on m’aime et me valorise PARCE que je suis sage, peut-être cessera-t-on de m’aimer si je ne suis pas parfait? »

Par ailleurs, une étude portugaise, menée auprès d’enfants particulièrement dociles, pendant plus de douze ans, a démontré que ces enfants modèles avaient vécu à l’âge adulte plus de dépression et d’angoisse (12 %) que les enfants difficiles (8 %).[3]

On peut présumer que les enfants sages, cherchant à plaire aux adultes, sont généralement devenus des adultes gentils ayant parfois du mal à mettre des limites à leur entourage et oubliant de tenir compte de leurs désirs et besoins au profit des autres. Être sage témoigne d’une grande souplesse d’adaptation, peut-être même d’une trop grande malléabilité qui, soumettant l’enfant aux pressions de conformité sociale, entrave le développement d’une partie de sa personnalité, ce qui donnera plus tard un adulte 640614799malheureux. [4]

Devenus également des employés modèles, ils accèdent moins souvent aux postes de direction, ont tendance à être perfectionnistes et plus enclins à l’épuisement professionnel. Conjoints dociles, ils se retrouveraient également plus fréquemment au cœur de relations violentes et abusives. Souvent surprotégés alors qu’ils étaient enfants, ils réagissent mal devant l’échec et ne sont pas « équipés » pour faire face aux déceptions et autres aléas de la vie. Habitués à réussir et à susciter l’admiration, ils n’ont tout simplement pas développé la résilience nécessaire pour encaisser les revers sans s’effondrer.

Les enfants trop sages, trop bien adaptés, font plaisir aux adultes ou plutôt les soulagent. Leur trop bon comportement rend l’adulte moins attentif. Il entoure moins le petit et laisse se développer un équivalent phobique, un hyperattachement d’enfant qui n’ose pas se lan­cer seul et flatte ainsi l’adulte en lui obéissant trop bien. Les enfants trop protégés paraissent tranquilles et épanouis puisqu’ils n’ont jamais l’occasion de se mettre à l’épreuve. On les croit solides puisqu’ils n’ont jamais révélé leur faiblesse, jusqu’au jour où un minuscule événement les met à terre.[5]

On peut donc se demander si, finalement, les parents qui semblent réussir le mieux leur tâche parentale ne sont pas eux aussi à côté de la plaque. Si cette belle-sœur qui présente en tout temps une marmaille tirée à quatre épingle, sage et polie et qui brandit fièrement, au souper familial, le dernier bulletin de fiston afin que tous valorisent encore un peu plus le conformisme du bambin ne fait pas également fausse route… Tout est donc toujours une question d’équilibre: enseigner à nos enfants à être de bonnes personnes, mais aussi leur enseigner à s’affirmer, à commettre des erreurs, à demander pardon, à assumer leurs bêtises, accepter de décevoir et parfois tenter de se dépasser, savoir dire parfois « non » pour se respecter et parfois dire « oui » pour faire plaisir et simplement se permettre d’être humain.

NOTE: L’auteur de cet article offre également une conférence et une formation sur le sujet.

http://www.sosnancy.com/wp-content/uploads/2012/10/Les-enfants-fant%E2%84%A2mes-ces-en-fants-qu%E2%80%99on-ne-voit-pas.pdf

[1] Cyrulnick, Boris. Le Murmure des fantômes, éditions Odile Jacob 2003.

[2] Guthrie, Dr Élisabeth. Matthews, Kathy. Ces enfants que l’on veut parfaits, Les Éditions de l’Homme, 2002.

[3] Fonseca, A.C. Damiao, M.H. Rebelo, J.A. Oliviera, M.F. Pinto, S.J.V. Que deviennent les enfants normaux. Université de Coïmbra. Congrès de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, Paris, 29/10/2004.

[4] Cyrulnik, Boris. Extrait de l’article Le problème des enfants sans problème www.psychologie.com

[5] Cyrulnik, Boris. Extrait du livre Le murmure des fantômes. éditions Odile Jacob 2003.

 

 

 

 

Les invasions barbares…

…ou quand les amis de votre ado envahissent le salon!

À l’adolescence, les amis prennent de plus en plus d’importance dans la vie de nos enfants… et parfois aussi beaucoup de place dans notre maison! Jusqu’où doit-on tolérer leur présence?

Un peu de tolérance 

Premièrement, il importe d’être compréhensif. Les enfants doivent amorcer, à l’adolescence, un détachement progressif de leurs parents et les amis représentent une forme de filet de sécurité dans cette transition. L’enfant, entouré de bons amis, aura une meilleure estime de lui-même, traversera plus aisément les moments difficiles et aura davantage de plaisir dans sa vie d’adolescent. Puis, malgré nos craintes, l’influence exercée par les copains ne sera pas nécessairement négative.

Apprendre à les connaître 

Afin de se rassurer un peu et de garder un certain contrôle sur les fréquentations de leurs adolescents, il est important que les parents apprennent à connaître leurs amis. Pour entrer en contact avec eux et voir quel type de relation notre jeune entretient (est-il capable d’émettre son opinion, de s’affirmer ou change-t-il complètement de personnalité au contact de ses amis?), ils peuvent les inviter à la maison.

À éviter :

  • Trop vouloir faire « partie de la gang » de notre enfant et « s’incruster », ne pas leur laisser d’espace (ex. : écouter le film avec eux, écouter tout ce qu’ils disent);
  • Trop tenter d’être le parent cool et adopter des expressions qui ne sont pas de notre âge, offrir de la bière…;
  • Poser trop de questions et avoir l’air d’un enquêteur de la GRC!;
  • Se montrer indifférent;
  • Faire preuve de méfiance;
  • Vouloir trop contrôler ses relations;
  • Porter des jugements de valeur : « Ses parents sont séparés, c’est surement un bum! » « Tu as vu, elle a des piercings, ses parents ne l’encadrent pas! »;
  • Penser que tous les mauvais comportements de notre adolescent sont certainement causés par l’influence négative de ses amis. Chacun est responsable de ses choix. S’il fait comme son copain, il a choisi de le faire.

À faire :

  • Mettre des « lunettes positives »! Travailler à changer nos perceptions si elles sont négatives;
  • Simplement s’intéresser à ces jeunes, susciter des occasions de discuter, s’informer de façon naturelle : examen, cours de karaté, etc.;
  • Accueillir les amis avec un sourire, dire bonjour et au revoir…;
  • Amener un ami lors d’activités familiales et, même parfois, en vacances;
  • Organiser des activités : journée magasinage, partie de hockey, location du dernier jeu vidéo, piscine, camping, popote,  etc.;
  • Offrir le transport dans certaines situations.

Doit-on se laisser envahir?

Bien qu’on doive faire preuve d’un peu d’ouverture, on ne doit tout de même pas laisser la gang de notre jeune envahir notre quotidien. Afin de rester dans notre « zone de confort », se sentir chez soi, il est préférable de s’entendre avec notre jeune sur certaines règles et de les mettre par écrit pour éviter toute ambigüité :

  • Nombre de jeunes autorisés au même moment;
  • Quand? Combien de fois par semaine, repas, dodo, l’heure à laquelle ils doivent partir, etc.;
  • Où? Espaces permis : chambre à coucher, salle familiale, etc.;
  • Nourriture permise…! (Ça vous dévalise un garde-manger ces petites bêtes-là!);
  • Autres : ex. : pieds sur la table du salon, obligation d’enlever leurs chaussures, langage utilisé, etc.

C’est d’abord à l’adolescent de faire respecter les règles de la maison, mais vous pouvez aussi vous permettre d’intervenir. Expliquez clairement à l’adolescent, de façon respectueuse et agréable, quelles sont vos règles et vos attentes. Un jeune qui ne respecte pas vos consignes peut être renvoyé chez lui, voire interdit de séjour chez vous.

Je sais, ce n’est pas facile de faire ça, mais afin d’enseigner à votre jeune à se respecter et à mettre des limites à son entourage, vous devez d’abord le faire vous-même! Attendez-vous toutefois à toute une tempête par la suite!

Toutefois, il n’est pas nécessaire, ni même souhaitable d’interdire à votre enfant de fréquenter un jeune dont vous n’approuvez pas la conduite. Puisque vous ne pouvez contrôler toutes ses allées et venues, votre autorité risque d’être compromise. Ayez plutôt une discussion honnête sur vos perceptions et vos inquiétudes, puis dites-lui que vous avez confiance en son jugement. Il se peut que, progressivement, votre adolescent constate par lui-même que cet ami ne lui convient pas.

Être ou ne pas être l’ami de son enfant?

Tout parent rêve d’une relation agréable avec son enfant, empreinte de rires, de cajoleries et de confidences. On nous sensibilise très tôt à l’importance d’accorder suffisamment d’attention aux tout-petits, de prendre le temps de jouer et de rire avec eux, de cultiver la relation. Mais jusqu’où doit-on aller afin de bâtir et de préserver une relation harmonieuse avec nos chers anges?

Dans leur recherche d’harmonie familiale, bien des parents hésitent à faire vivre des frustrations à leurs enfants dans la crainte inavouée de perdre leur amour. Certains diront clairement : « Je passe si peu de temps avec eux, pas question de gâcher ces précieuses minutes à gérer des crises! » Dans certaines familles, au moins l’un des adultes reste disponible en permanence afin d’amuser les enfants, même si cela l’oblige à effectuer toutes les tâches après l’heure du coucher. Les enfants sont certainement bien contents de la situation, mais les aide-t-on vraiment à devenir heureux à plus long terme?

Vient ensuite l’adolescence avec ses premiers éloignements. Les jeunes sont plus distants et nous jugent tout à coup dépassés et un peu ringards. Certains parents sont profondément blessés par la soudaine froideur de leur adolescent. Afin de rester proches de leur jeune, plusieurs d’entre eux tentent alors de se montrer « cool », hésitent à imposer des règles, ferment les yeux sur des comportements inacceptables ou des attitudes irrespectueuses, motivent les absences scolaires injustifiées et vont même parfois jusqu’à consommer alcool et drogue en compagnie de leurs enfants et des amis. Bien malgré eux, ils ne cultivent pas l’amour et l’amitié, mais perdent peu à peu le respect de leur enfant. L’excitation d’avoir un parent cool se mue progressivement en mépris pour un adulte qui en fait trop pour se faire aimer, pour un « vieux » qui tente d’être jeune…

L’importance de la hiérarchie

 Les enfants auront des centaines d’amis au cours de leur vie, mais un seul père et une seule mère! Ils auront ensuite à composer régulièrement avec des supérieurs ou des enseignants avec lesquels ils devront respecter certains principes de hiérarchie. Alors, au-delà de nos désirs de parents d’entretenir des relations extraordinaires et toujours sereines avec notre marmaille, on doit d’abord se rappeler que nous avons la responsabilité de les éduquer, c’est-à-dire leur permettre de grandir, de devenir des personnes intègres et respectueuses.

En effet, c’est le « travail » des parents, d’enseigner aux enfants à tolérer des frustrations, à vivre certaines déceptions, à devoir fournir des efforts afin d’obtenir ce qu’ils désirent et, aussi, à respecter l’autorité, qu’on soit d’accord ou non avec celle-ci. Ce sont là des aptitudes essentielles afin de vivre heureux dans notre société. L’enfant qui n’aura pas appris à respecter l’autorité, à la maison, risque fort de se heurter à nombre de difficultés et d’en souffrir. Je crois donc que tenter à tout prix d’être l’ami de son enfant est une forme d’égoïsme; on privilégie notre plaisir immédiat au détriment de son bonheur futur…

Devons-nous être distants et autoritaires? Doit-on absolument sacrifier la relation au profit de la hiérarchie? Bien sûr que non! Entre permissivité, familiarité et le retour à la discipline quasi militaire de nos grands-parents, il y a fort heureusement une zone tout à fait confortable où cohabitent la chaleur, les rires, les confidences et le respect mutuel. Cet espace se nomme « le juste milieu ». À vous d’y trouver votre zone de confort!