Concours, auditions, compétitions de haut niveau : positif pour les enfants?

photo-la-voix-junior-article-sos-nancyLa diffusion de l’émission de La Voix junior a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux dont celle de plusieurs personnes qui se questionnaient à savoir si c’était une bonne idée d’exposer nos enfants à ce niveau de stress et peut-être à vivre un échec plutôt émotif, devant des milliers de téléspectateurs.  Quand on connaît également la virulence de certains commentaires lus en lien avec La Voix version adulte, on peut avoir en effet de bonnes raisons de se questionner sur la nécessité pour les jeunes d’être confrontés à tout ce cirque médiatique.

Les enfants rêvent de gloire, de réussite, ils veulent se démarquer.  Et c’est normal! L’attrait de la télévision est grand pour eux également et plusieurs rêvent de devenir comédiens en voyant des jeunes de leur âge jouer dans des séries, ont rêvé de chanter en écoutant La Voix, version adulte alors l’attrait de cette première mouture de La Voix junior était grand pour plusieurs!

Et parlant de rêves, il y a aussi des parents qui rêvent de gloire pour leurs enfants. Peut-être aussi en souhaitant secrètement aussi que ces derniers réalisent leurs propres rêves non réalisés. Combien de fois ai-je entendu de la part d’un jeune : « C’est mon père qui voulait que je joue au hockey. Moi, je n’aime pas ça. »

Tout ça nous amène à voir quelles sont les motivations profondes derrière ce rêve d’enfant, ou ce rêve de parents que nous pouvons avoir pour nos enfants. Et également à évaluer si ce que notre enfant souhaite est réaliste pour lui, compte tenu de ses forces, de ses talents… et de ses défis! Oui, les compétitions, les concours sont de belles occasions d’apprentissage pour nos jeunes : mettre en place des moyens pour atteindre un but, persévérer par la suite sans se décourager, apprendre à réagir adéquatement aux succès, aux erreurs, aux échecs. Ça les fait grandir bien sûr!  Mais si notre enfant rêve d’aller à La Voix junior, qu’il adore chanter, mais que clairement, il n’a pas une voix qui se démarque suffisamment pour y vivre une aventure relativement positive, que fait-on? On l’inscrit en lui disant qu’il est le meilleur et qu’on a confiance en lui qu’il réussira? On l’inscrit en lui faisant prendre conscience qu’il risque de n’être choisi par aucun coach et que ça pourrait être difficile émotivement? Ou encore, on discute ouvertement avec lui de l’irréalisme de son rêve?

Notre rôle comme parent est d’inciter nos enfants à réaliser de belles choses, à croire en leurs rêves aussi. Mais également à construire leur solidité affective face aux défis que la vie peut mettre sur leur route.  Donc à les mettre devant des défis à leur mesure. Qui les stimuleront, les amèneront à se dépasser. À peut-être vivre des moments de découragement, qui les amèneront à se retrousser les manches, à y mettre les efforts nécessaires, mais également à y vivre des réussites à leur portée. Alors la question à se poser n’est pas tant : « Est-ce que c’est correct que j’embarque mon enfant dans cette aventure? » Mais plutôt : « Est-ce que mon enfant a tout ce qu’il faut? Est-ce qu’il est outillé pour bien gérer tout ce que cette aventure pourra lui faire vivre? » De cette façon, on s’assure qu’il grandira dans tous les sens du terme à travers ce beau défi!

Solène Bourque

Psychoéducatrice, auteure,

enseignante en éducation Spécialisée

À propos de Nancy Doyon

NANCY DOYON est éducatrice spécialisée et coach familial. Auteur du best-seller « Parent gros bon sens », elle est également présidente-fondatrice de l’entreprise SOS NANCY, qui offre des services de coaching familial dans la région de Québec. Formatrice et conférencière depuis plusieurs années, elle est aussi très active dans les médias à titre de chroniqueuse famille. Pionnière dans son domaine, elle a développé l’approche responsabilisante et fondé la toute première école de coaching familial au Québec à travers laquelle elle offre de la formation en coaching familial et du soutien clinique aux intervenants qui rêvent de devenir eux aussi des « Super Nanny. »